Face à l’inflation, le syndicat des employés, gradés, et cadres de banque (SEGCBM) a décidé de lancer une pétition pour obtenir une revalorisation du point bancaire en Principauté. L’AMAF va-t-elle accepter ? Le président Franzi réagit
La démarche n’est pas vraiment courante en Principauté… Une pétition a été lancée fin mars dans le secteur bancaire par le syndicat des employés, gradés, et cadres de banque de Monaco (SEGCBM) affilié à l’USM. Son objectif est d’obtenir de la part de l’AMAF, une revalorisation du point bancaire, figé depuis 1996 à Monaco et dont le montant est de 2,532 euros. « Auparavant, il était revu tous les ans au mois de juillet. Cela permettait une augmentation automatique de chaque salarié, et ainsi de ne laisser personne sans évolution salariale, explique ce syndicat. Cette année, malgré une inflation record, et encore plus en Principauté et alentours, certains salariés n’ont obtenu aucune revalorisation salariale. C’est inadmissible. D’autres ont obtenu des miettes et c’est également inadmissible lorsqu’on connaît les profits générés dans le secteur bancaire, et monégasque en particulier. »
« Cela nous permet d’avoir plus de poids dans les futures négociations »
Une pétition qui a manifestement eu un écho très favorable dans le personnel bancaire puisque près de 1 100 signatures ont été recueillies sur les 2 300 salariés travaillant dans ce secteur à Monaco. C’est via les réseaux sociaux, le bouche à oreille, et un travail de terrain que ce syndicat a mobilisé les troupes. « Nous sommes très satisfaits. Cela nous permet d’avoir plus de poids dans les futures négociations face à l’AMAF et les instances gouvernementales monégasques », ajoute le secrétaire général Pierre-Franck Crespi. Ce n’est pas la première fois que ce syndicat mène ce combat. Déjà à la fin des années 2000, les membres avaient tenté d’obtenir le retour de cette revalorisation systématique. En vain. « À cette époque-là, nous avons eu une fin de non-recevoir de l’AMAF. Nous n’avions pas réussi à fédérer les salariés pour se battre sur ce sujet et nous avons laissé tombé. Aujourd’hui, on se retrouve dans une situation inflationniste très élevée en France, dans la région et à Monaco. Nous avons pensé que c’était le bon pour relancer le sujet », rajoute le secrétaire général.
La réaction de l’AMAF
Questionné par l’Observateur de Monaco, Etienne Franzi est-il désormais favorable à une revalorisation du point bancaire ? Pas vraiment d’ouverture à ce stade : « Notre point bancaire n’était que le “reflet” de celui français, supprimé en 2000, du fait de l’adoption d’une nouvelle convention collective. En supprimant toute mesure générale au niveau de la profession, l’objectif était de redonner à chaque établissement, la maîtrise complète de sa politique salariale, afin de lui permettre de l’adapter à sa situation propre, indique-t-il. Cela ne signifie pas, bien entendu, que les salaires, dont le point bancaire ne constituait, au demeurant, que l’un des éléments, n’ont connu, depuis, sur la place, aucune évolution. Au contraire, celle-ci a même été plutôt favorable. » Le président de l’AMAF rajoute que les rémunérations à Monaco sont toujours « sensiblement supérieures » à celles du département voisin grâce, notamment, « aux augmentations significatives liées à l’ancienneté, supprimées en France à la même époque, mais maintenues à Monaco. Il suffit pour s’en convaincre de considérer le nombre de collaborateurs qui, chaque jour, viennent de l’extérieur pour travailler dans nos établissements. » Les négociations entre les deux parties devraient débuter dans les prochaines semaines. A suivre.
