Parce que le système éducatif français a des répercussions immédiates sur le système monégasque, ce n’est que moins de deux heures après la prise de parole de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation en France, que Patrice Cellario a annoncé les mesures prises en principauté. « Il faut qu’on soit le plus réactif possible par rapport aux autorités françaises et que l’on prépare les élèves du mieux possible. Le maître mot, c’est la recherche d’équité entre les élèves », estime Patrice Cellario. Pour cette fin d’année scolaire, décision a donc été entérinée de basculer les examens de fin de cycle (baccalauréat général et technologique ainsi que brevet des collèges) en contrôle continu. Les notes de l’ensemble de l’année scolaire seront donc prises en compte, à part celles obtenues en période de confinement. De plus, un jury d’examens sera mis en place afin d’harmoniser les notes.
Dans le détail
– pour le brevet des collèges : contrôle continu, pas d’épreuve finale
– pour le baccalauréat général et technologique des élèves actuellement en classe de première : contrôle continu, un oral pour l’épreuve de français. Le nombre de textes a été revu à la baisse. 15 au lieu de 20 en filière générale, 12 pour la filière technologique. Pour les épreuves communes pour le baccalauréat 2021 : celles de février ont eu lieu, celles de mai sont annulées et seront remplacées par les notes entre la moyenne obtenue lors de la session de février et celles qui seront obtenues durant l’année de terminale. Pour les spécialités qu’abandonnent les élèves de première avec le passage en terminale, ce sera le contrôle continu sur l’année de première qui sera retenu (avec neutralisation des notes obtenues pendant la période de confinement)
– pour le baccalauréat général et technologique des élèves actuellement en classe de Terminale : contrôle continu avec une moyenne des notes des trois trimestres.
« Il n’est pas question d’avoir un bac ou un brevet au rabais. Les mentions seront maintenues et les épreuves de rattrapage (pour les élèves dont la moyenne est comprise entre 8 et moins de 10, NDLR) sont prévues en septembre. D’où l’importance d’aller au terme de l’année scolaire », ajoute le conseiller-ministre. Pour les épreuves du bac à Monaco, cela concerne entre 420 et 430 élèves.
Reprise des cours ?
Par contre, le conseiller de gouvernement ne s’est pas avancé sur une date pour la reprise des cours. « Les classes reprendront avec des conditions sanitaires vérifiées et sans risques. Il est encore prématuré de répondre à cette question. D’autre part, oui, il y aura des vacances. » Pour les élèves de Monaco, celles de printemps débuteront vendredi 10 avril pour une reprise (même si le confinement était prolongé) le lundi 27 avril. Le conseiller Cellario en profite pour rappeler que le confinement est toujours à respecter durant les vacances de printemps. « Les contrôles seront renforcés », promet-il. Enfin, en ce qui concerne la mise en œuvre des exercices à la maison, les premiers retours généraux sont bons. « La première semaine, on nous a fait remonter qu’il y avait trop de travail. Les professeurs se sont coordonnés pour mieux harmoniser le travail donné aux élèves. »
9% de décrocheurs au lycée technique
Un chiffre à retenir tout de même : 9%, c’est le taux de décrocheurs scolaires au sein de lycée technique et hôtelier. Les autres établissements scolaires de la principauté n’auraient, eux, pas relevé de taux significatif. « Pour la maternelle et le primaire, ça fonctionne remarquablement bien », observe Patrice Cellario. Outre des difficultés techniques – des élèves n’ayant pas d’ordinateur ou d’imprimante à la maison – rien n’est à signaler selon la direction de l’Éducation nationale qui dépend du département de l’Intérieur. « Au cas par cas, grâce à la taille de notre territoire, nous avons pu trouver des solutions », conclut Patrice Cellario.
