jeudi 16 avril 2026
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    Marc Monnet : « Il faut savoir prendre des risques »

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    Gros coup dur pour les équipes du Printemps des arts qui ont dû annuler l’intégralité du festival programmé à l’origine entre le 13 mars et le 11 avril en pleine crise du coronavirus.

    Mais ce festival qui, habituellement, attire chaque année environ 12 000 spectateurs se projette déjà sur l’édition suivante. Marc Monnet, le directeur artistique, dévoile les coulisses et la philosophie de ce festival.

    Vous êtes aux manettes du Printemps des arts depuis 2003. Vous dîtes souvent que votre moteur est de donner « de l’appétit » au public, et « d’attiser leur curiosité ». Vous êtes toujours dans cette même philosophie pour la prochaine édition ?

    Absolument. On peut avoir une attitude démagogique qui consiste à proposer toujours la même chose avec ce que les gens attendent, mais c’est, selon moi, la plus mauvaise des politiques. Je trouve très important, au contraire, de cultiver le public, de proposer quelque chose de différent qu’il ne va pas trouver ailleurs. Il faut savoir prendre des risques.

    Chaque année, vous faites découvrir au public monégasque des cultures extra-européennes. Cette année vous deviez faire venir au Sporting une troupe originaire de Bali. Vous sillonnez toujours le monde pour dénicher des talents sur le terrain ?

    Oui. C’est le meilleur moyen de trouver des ensembles musicaux authentiques, originaux et intéressants. Il faut sortir des circuits commerciaux. Par exemple, à Bali, toute la côte est horriblement touristique. Il y a donc des fausses danses balinaises avec des maquillages très outranciers pour les touristes. Toute la partie intérieure de l’île n’est pas touristique. C’est là que l’on trouve des artistes authentiques.

    Cela permet aussi au public de découvrir des genres musicaux qu’il n’a pas du tout l’habitude d’entendre…

    Absolument… En tant qu’Occidentaux, nous avons souvent l’impression que notre musique est partout. Or, c’est totalement faux. Nous sommes minoritaires dans le monde. Il faut se rendre compte que ces personnes ne pratiquent pas du tout nos musiques, et ne les connaissent pas.

    Rencontrez-vous toujours des problèmes de visas pour faire venir à Monaco ces artistes extra-européens ?

    Nous rencontrons effectivement beaucoup de problèmes. Il y a une grosse réticence à l’idée de faire venir des étrangers. Les pays serrent de plus en plus les conditions pour accorder ces visas. On se pose même la question de savoir si l’on va continuer à faire venir ces troupes extra-européennes car c’est extrêmement fastidieux en termes de démarches administratives.

    Il y a également des refus de visas. On l’a vu en 2013 avec des artistes congolais qui n’ont pas pu se rendre en Principauté pour faire leur spectacle.

    Nous avons eu effectivement plus de 30 refus de visas pour des artistes congolais. Sans motivation, ni explication. De plus, ils nous préviennent suffisamment tard pour que l’on ne soit plus en mesure d’intervenir…

    Trouver des salles à Monaco, est-ce problématique pour vous ?

    Il y a effectivement une suractivité à Monaco, qui n’est d’ailleurs pas liée qu’aux activités culturelles. C’est donc toujours compliqué de trouver des salles, mais on y arrive. Nous avons des réunions régulières avec toutes les institutions pour faire un point, en général deux ans à l’avance. Nous essayons de trouver des solutions entre nous pour ne pas se gêner.

    Vous arrive-t-il parfois de décontenancer le public avec votre programmation parfois étonnante et décalée ?

    Oui bien sûr. Le public est une abstraction. On ne peut pas avoir une réaction unanime. Mais il est toujours magique de voir ce moment où le public se lève pour applaudir des artistes et qu’une véritable osmose se créé.

    INTERVIEW DÉCALÉE : « J’aime beaucoup le métal »

    Votre premier choc musical ?

    Le Sacre du Printemps de Stravinsky.

    L’oeuvre que vous auriez aimé composer ?

    Je l’ai déjà composée (rires). C’est une pièce pour deux pianos et ensemble électronique qui a été jouée le 13 mars dernier à Paris. 

    Elle s’intitule Bosse, crâne rasé, nez crochu. Je suis très critique par rapport à mon travail mais cette pièce est la plus marquante.

    Si vous étiez la réincarnation d’un artiste musical ?

    Beethoven, qui est pour moi l’un des plus grands.

    Hormis le classique, le style musical que vous aimez ?

    Le métal. J’aime beaucoup le côté extrême, parfois même insupportable de cette musique.

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