mardi 21 avril 2026
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    « Le VIH s’éloigne des inquiétudes des jeunes »

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    Le 1er décembre est la journée mondiale de lutte contre le sida. L’occasion de faire le point sur cette maladie qui effraie moins les jeunes générations alors que 6 000 nouvelles contaminations sont encore enregistrées par an en France. Le point avec le coordinateur de l’association Fight Aids Monaco, Hervé Aeschbach.

     

    La crise sanitaire a semble-t-il entraîné une baisse significative du nombre de dépistage du VIH. Certaines associations redoutaient un rebond épidémique…

    Le dépistage du VIH a effectivement chuté de façon significative durant cette période. Le dépistage du Covid-19 était, à ce moment-là, la priorité. Les personnes ressentaient moins le besoin de se faire dépister. Par conséquent, des personnes ont malheureusement manqué la prise en charge médicale qui suit une découverte de séropositivité. Nous nous sommes également rendu compte que la crise sanitaire avait modifié la nature des rencontres. Par exemple, comme il n’y avait plus la possibilité de prendre un verre, cela se passait souvent via les réseaux sociaux et directement par des passages à l’acte à domicile, peut-être plus rapides et moins protégés.

    La crise sanitaire a-t-elle accentué l’isolement des malades atteints du VIH ?

    Les conséquences de la crise sanitaire nous avons pu les mesurer auprès des personnes que nous accompagnons avec Fight Aids. Effectivement, les personnes atteintes du VIH sont malheureusement déjà confrontées à un isolement social, sexuel, affectif, et professionnel. La crise sanitaire a renforcé ce sentiment de solitude. Nous avons constaté, au-delà des baisses de moral, des pertes de repères au quotidien. Il y avait moins d’activités physiques, des prises de poids, avec des surconsommations que ce soit de nourriture ou d’autres produits. Nous avons essayé autant que possible de maintenir des liens par téléphone pour les accompagner au maximum et entendre ce qu’ils traversaient.

    La maladie semble de moins en moins taboue et la prise en charge des malades s’est considérablement améliorée. Pourtant vous dîtes que les personnes atteintes par le VIH sont encore isolées et stigmatisées ?

    Oui, malheureusement. Des cas de discrimination et de stigmatisation nous sont remontés. Que ce soit dans le milieu professionnel ou dans la vie courante, mais aussi dans les cellules familiales. Il peut y avoir des attitudes de rejet et d’incompréhension qui blessent les malades.

    Comment faire pour lutter contre cette stigmatisation ?

    Il faut intéresser les personnes à ce qu’est la réalité du VIH. On sait comment s’en protéger, et comment il se transmet. D’abord, dans les actes de la vie courante, il n’y a pas de risque de contamination. De plus, aujourd’hui une personne qui est dépistée séropositive et suivie médicalement a une charge virale indétectable, ce qui permet de ne plus transmettre le virus.

    Lorsque vous faites de la prévention auprès des jeunes à Monaco, ont-ils une bonne connaissance des risques liés au VIH ?

    C’est très varié. De plus en plus, je constate tout de même que le VIH s’éloigne des inquiétudes des jeunes car on en parle moins. Il y a moins de morts. C’est moins visible. Les traitements font que les personnes atteintes vivent mieux, et c’est tant mieux. Aujourd’hui, tout le monde connaît le préservatif et sait à quoi il sert. Mais l’utiliser, et savoir quand l’utiliser, c’est autre chose. Les jeunes ont donc moins peur du VIH. Et s’ils utilisent le préservatif, ils l’abandonnent beaucoup plus rapidement que ce qu’il faudrait.

    Pourtant les contaminations continuent toujours ?

    Bien sûr, y compris chez les jeunes. En France, on recense 6 000 nouvelles contaminations par an. Ce qui est tout de même beaucoup dans un pays comme la France où l’accès au dépistage et aux soins est très développé.

    Quels types de prévention sont menés à Monaco sur ces questions ?

    Un nouveau programme va être lancé pour toutes les classes de seconde dès janvier prochain. C’est un escape game. Il s’agit d’un jeu de prévention présentant les risques que l’on peut prendre en soirée : la sexualité bien sûr, mais aussi les dangers liés à la consommation d’alcool, de tabac, et d’autres produits. Sans oublier les risques sur la route. Ce format est plus ludique et le message passe différemment. Dans les classes de Première et de Terminale, des spots de prévention leur sont également diffusés et ensuite des débats interactifs sont menés. Avec les Terminale notamment, nous travaillons sur les questions de genre, sur le consentement, le rapport au couple, le respect de soi et le respect de l’autre.

    Accompagnement — Maison de vie à Carpentras : « Le lieu est sursollicité »

    Elle est présentée comme un « lieu unique en Europe ». Née de la volonté de la princesse Stéphanie, la Maison de vie à Carpentras propose aux personnes vivant avec le VIH des courts séjours de répit, de ressourcement et d’accompagnement. Depuis sa construction en 2010, plus de 1 300 personnes y ont fait un passage.  « Nous avons beaucoup de demandes. Le lieu est sursollicité. C’est la seule structure qui propose ce type d’accompagnement individuel et collectif sur 15 jours. Ce sont des groupes constitués par des personnes venant de tous horizons en France, avec des parcours totalement différents », explique le coordinateur de Fight Aids Monaco, Hervé Aeschbach. A chaque séjour, 10 à 12 personnes sont accueillies. « Le souhait de la princesse Stéphanie n’était pas de faire un lieu de vacances mais un lieu où les personnes peuvent se reconstruire et repartir renforcées, mieux armées dans leur projet de vie et leur quotidien. Elles y trouvent des repères sains par rapport à l’alimentation, par rapport au rythme d’une journée. Ne serait-ce que prendre des repas à des heures régulières, manger sainement, et s’occuper de soi. »

    Charge virale : une personne atteinte par le VIH et médicalement traitée, ne transmet pas la maladie

    La charge virale est l’expression utilisée pour qualifier la quantité de virus VIH qu’il y a dans le sang d’une personne séropositive. On parle de charge virale indétectable lorsque, grâce au traitement pris par la personne séropositive, la quantité de VIH est tellement faible qu’elle ne peut plus être détectée au laboratoire grâce aux techniques actuelles. Quand la charge virale est indétectable, alors le VIH ne peut plus être transmis lors de relations sexuelles, même sans préservatif. Attention, la charge virale indétectable empêche uniquement la transmission du VIH mais n’empêche pas la transmission d’autres infections sexuellement transmissibles (IST).

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