Un cap historique a été franchi pour le BTP à Monaco. Porté par l’élan des travaux spécialisés, le secteur de la construction enregistre en 2024 un chiffre d’affaires record de plus de 3 milliards d’euros, en hausse de 7,2 % sur un an.
C’est un tournant : en 2024, le chiffre d’affaires de la construction à Monaco franchit pour la première fois la barre des 3 milliards d’euros (source IMSEE). Cette progression de 7,2 % par rapport à l’année précédente représente une hausse de plus de 200 millions d’euros. En dix ans, le secteur a même connu une expansion spectaculaire, son chiffre d’affaires ayant plus que doublé depuis 2015 (1,3 milliard d’euros). À l’origine de cette dynamique, les Travaux de construction spécialisés, qui concentrent à eux seuls 55% de l’activité. Avec 1,7 milliard d’euros en 2024, cette division enregistre une croissance remarquable de 20,5 % en un an. À l’inverse, la Construction de bâtiments recule légèrement (-1,2 %) pour atteindre 1,3 milliard d’euros, tandis que le Génie civil s’effondre : son chiffre d’affaires chute de 71,3 %, tombant à 25 millions d’euros et ne représentant plus que 0,8 % du secteur. Avec 6 613 salariés recensés en 2024 (hors intérimaires), la Construction emploie plus d’un salarié du privé sur dix à Monaco. L’effectif global diminue toutefois légèrement, avec 32 salariés en moins par rapport à 2023 (-0,5 %). Cette baisse concerne principalement les Travaux de construction spécialisés, notamment la maçonnerie générale et le gros œuvre, dont les effectifs reculent de 6,6 %. La Construction demeure le secteur le plus masculin de la Principauté : plus de 90 % des effectifs sont des hommes (6 069 sur 6 613), loin devant la moyenne du privé (62,1 %). L’âge moyen y est légèrement plus élevé (43,6 ans contre 42,4 ans). Les salariés de nationalité française sont majoritaires (50 %), mais la part d’Italiens (18,6 %) et surtout de Portugais (18,2 %) y est significativement plus élevée que dans l’ensemble du privé. À l’inverse, les Monégasques sont très peu représentés, avec seulement 0,3 % de l’effectif, soit une vingtaine de personnes. Côté résidence, le profil est transfrontalier : 81,2 % des salariés habitent en France, dont une part importante d’Italiens (15,2 %). Les résidents monégasques sont moins de 4 %, la plus faible proportion parmi tous les secteurs.
