Il avait visiblement besoin d’air… Après être sorti du papier pour visiter Paris, Bordeaux, Caen et Genève, le Chat de Geluck s’offre un bain de soleil à Monaco. 20 sculptures monumentales de bronze ont été installées début juillet sur la Promenade du Larvotto, pour le plus grand plaisir des flâneurs.
Il n’y a pas à dire, l’expo Le Chat déambule, c’est du lourd. 20 statues de 2,5 tonnes chacune ont été installées sur la Promenade fraîchement rénovée du Larvotto. On pourrait d’ailleurs croire qu’elles font partie du décor définitif. Mais ne vous y trompez pas ! Après Monaco, le Chat va poursuivre son voyage à Montreux en Suisse avant de poser ses valises à Bruxelles en mars. Le plus célèbre des félins soufflera, dans sa ville natale, sa quarantième bougie. Et des références à la Belgique il y en a, à commencer par Singin’ in the rain , la statue matérialisée en véritable fontaine et qui représente le Chat sous un parapluie. « Pour moi, c’est la situation à la belge, c’est-à-dire qu’on a un parapluie, mais on prend quand même une douche parce qu’il pleut à l’intérieur », glisse l’artiste le sourire scotché aux lèvres. À l’opposé sur le bord de mer, Pipi et Grobidet est un clin d’oeil au Manneken-Pis, le fameux petit homme nu qui urine dans les rues de la capitale belge.
« J’ai une tendresse aussi pour la voiture écrasée que j’ai appelée « Le juste retour des choses », par le message qu’elle transmet. C’est la première fois qu’une voiture se fait écrabouiller par un chat, alors que c’est un peu trop souvent le contraire »
Le chat et les souri(re)s
Les passants n’ont pas de temps à perdre, et ils sont déjà nombreux à prendre la pose devant les matous de Philipe Geluck. Avec sa chemise oversize et son panama sur la tête, le belge n’hésite pas à les rejoindre pour la photo. « Je vois des gens exploser de rire. Vous avez remarqué le regard de la petite fille tout à l’heure ? Ça me touche et me bouleverse parce que c’est l’expression de la joie pure ». Devant ses oeuvres, toutes les catégories d’âge, toutes les catégories sociales et toutes les nationalités. « Les étrangers ne comprennent pas toujours le titre, mais ça, on s’en fiche ! », confie l’homme orchestre à la fois dessinateur, humoriste, comédien, homme de radio et de télévision et maintenant sculpteur.

Des messages forts à travers l’humour
Sa mise en scène préférée ? Celle du discobole parce que c’est la première qui a été sculptée en 2002, ou peut-être Tutu et Grominet pour le mouvement… Difficile de choisir. « J’ai une tendresse aussi pour la voiture écrasée que j’ai appelée Le juste retour des choses, par le message qu’elle transmet. C’est la première fois qu’une voiture se fait écrabouiller par un chat, alors que c’est un peu trop souvent le contraire ». Si faire rire via la sculpture n’est pas une mince affaire, Geluck y arrive aisément et parvient même à faire passer des messages. Il rend hommage aux dessinateurs de Charlie Hebdo avec Le martyre du chat, ou à la planète avec cette représentation du Chat portant sur son dos une gigantesque boule débordant de bouteilles en plastique. « C’est évidemment un plaidoyer pour l’écologie. Je sais que c’est un combat que mène aussi le Prince Albert et je veux apporter ma petite contribution en éveillant les consciences. »
« Geluck rend hommage aux dessinateurs de Charlie Hebdo avec « Le martyre du chat » et à la planète avec cette représentation du Chat portant sur son dos, une gigantesque boule débordant de bouteilles en plastique »
Bientôt un Musée du Chat
À présent, la question que tout le monde se pose… Geluck a-t-il un chat ? Eh bien la réponse est non. « J’en ai eu toute ma vie, mais je n’en ai plus parce que je vis à Bruxelles, dans un loft qui n’a pas d’accès à un jardin et aussi, comme je bouge beaucoup, je devrais sans cesse le placer, ou le mettre au congélateur », souffle-t-il avec l’ironie qui le caractérise si bien. Et parce que Geluck a d’autres chats à fouetter, il est déjà sur la création des 5 prochaines statues. Le but est de les vendre toutes, pour financer le Musée du Chat et du dessin d’humour qui devrait voir le jour en 2024 à…? Vous donnez votre langue au chat ? À Bruxelles bien sûr !
Exposition en accès libre, présentée par la Direction des Affaires Culturelles jusqu’au 2 octobre 2022. Pensez à télécharger l’application « Le Chat déambule » pour scanner les QR codes présents sur les socles des oeuvres. Ils offrent un éclairage supplémentaire et quelques bonus.





