La dernière étape du Tour de France 2024 s’élancera le 21 juillet depuis la Principauté, à l’occasion d’un contre-la-montre final entre Monaco et la promenade des Anglais à Nice. Une réunion s’est tenue le 21 février au Ministère d’Etat pour aborder l’organisation de cet événement sportif majeur. Pour Umberto Langellotti, président de La Fédération monégasque de cyclisme, « ce passage du Tour à Monaco pourrait faire naître des vocations ».
Les organisateurs du Tour de France étaient dans l’embarras : avec les Jeux Olympiques qui doivent débuter à Paris quelques jours après la dernière étape, où pouvait bien se terminer l’édition 2024 de la course cycliste la plus célèbre du monde ? Par quoi pourraient-ils remplacer la traditionnelle arrivée sur les Champs-Élysées ? Alors, ils ont étudié différentes options, et finalement choisi de dépayser cette ultime étape. Ainsi, le 21 juillet 2024, le peloton du Tour de France s’élancera depuis la Principauté de Monaco, pour une course contre-la-montre en individuel traversant Beausoleil, La Turbie, Èze et Villefranche, jusqu’à Nice. La ligne d’arrivée sera positionnée sur la place Masséna, à proximité immédiate de la promenade des Anglais. « On ne remplace pas Paris comme ça, il fallait du prestige pour finir cet évènement », a relevé Christian Prudhomme, directeur du Tour de France, lors de l’officialisation de la nouvelle dans les locaux du Yacht Club de Monaco, en compagnie du Prince Albert II, le 3 décembre dernier.
Un peu d’histoire
Ce tracé sera historique à plus d’un titre. Tout d’abord, parce qu’il faut remonter à 1903 et 1904 pour trouver trace d’une arrivée en dehors de la capitale. Ensuite, parce que le dernier passage du Tour à Monaco remonte à 2009 : il s’agissait alors de la toute première étape de l’épreuve, et le tracé avait emprunté une partie du circuit de Formule 1 – pour repartir de la Principauté le lendemain en direction des terres varoises. Enfin, parce que les organisateurs parient d’ores et déjà sur le fait que cette étape sera décisive pour l’attribution définitive du maillot jaune. Il s’agira, en effet, du deuxième (et dernier, forcément) contre-la-montre en individuel, après les 25 kilomètres entre Nuits-Saint-Georges et Gevrey-Chambertin de la 7e étape, le 5 juillet. « Ce dénouement final n’était plus arrivé depuis 35 ans et le fameux duel Fignon – LeMond en 1989 », rappellent ainsi les équipes du Tour.
Vingegaard, Pogačar et Evenepoel en favoris ?
« Cette étape finale possède en tout cas tout ce qu’il faut pour marquer les esprits, estime Umberto Langellotti, président de La Fédération monégasque de cyclisme. Elle sera particulièrement exigeante, avec pas mal de dénivelé. Sans oublier qu’elle succèdera à deux étapes de montagne (Embrun – Isola 2000 et Nice – Col de la Couillole, de respectivement 145 et 133 kilomètres) assez compliquées ! » De là à imaginer qu’elle sera décisive, comme l’espère le comité organisateur du Tour, pour l’attribution du titre ? « Le tracé semble voué à favoriser les grimpeurs et les grands noms du classement général, admet Umberto Langellotti. Il n’est pas impossible de voir le classement final se jouer ce 21 juillet 2024. Ce serait magnifique d’avoir autant de suspense lors de l’étape monégasque ! S’il fallait d’ores et déjà identifier des favoris, je désignerai Jonas Vingegaard et Tadej Pogačar, respectivement vainqueurs des Tours 2023 et 2022, et 2021 et 2020. Ils seront encore tout en haut en 2024. Mais j’ai aussi envie de citer Remco Evenepoel, un spécialiste du contre-la-montre, qui est d’ailleurs champion du monde en titre de la discipline. Il aura aussi son mot à dire, sur cette étape ou, qui sait, pour le classement général [le coureur belge a, du reste, annoncé viser un « top 5 » sur la prochaine édition du Tour de France, NDLR]. »
Naissance de vocations ?
La Fédération monégasque de cyclisme sera en tout cas en première ligne pour suivre et accompagner cette ultime étape du Tour de France 2024. Entre les 22 équipes et les 176 coureurs, sans oublier le public, « il y aura fort à faire », estime Umberto Langellotti. « Mais la Principauté sait gérer les événements sportifs de grande ampleur, assure-t-il. Pour notre part, nous espérons que ce passage du Tour à Monaco sera de nature à faire naître des vocations. Déjà en 2009, de nombreux jeunes étaient venus s’inscrire après le passage de l’épreuve en Principauté. Mon fils [Victor Langellotti, NDLR] en est le meilleur exemple, puisqu’il a commencé le cyclisme à ce moment-là, et est devenu professionnel ! Nous ressentons déjà, plus de six mois avant le début de la course, de la curiosité pour ce sport chez de nombreux jeunes. Il ne reste plus qu’à amplifier le mouvement d’ici au 21 juillet. Après tout, le Tour de France, c’est le plus important événement sportif annuel du monde. Cette dernière étape à Monaco, c’est à la fois un honneur et une belle opportunité pour notre territoire. »
