En séance publique en décembre, l’élu du Conseil national Jean-Louis Grinda a demandé à ce qu’un immeuble uniquement dédié aux enfants du pays, soit construit à l’avenir à Monaco.
Comme les autorités monégasques l’avaient – jadis – prévu et promis.
Pour les enfants du pays, ce fut une énorme douche froide et une grosse déception. Rappelez-vous : en 2009, le gouvernement avait acheté pour 16 millions d’euros la Villa Ida, située dans le quartier Plati. Avec un objectif précis : construire une trentaine de logements uniquement destinés aux enfants du pays. Finalement, quelques années plus tard, retournement total de situation… Gouvernement et élus du Conseil national de l’ancienne mandature ont décidé un tout autre projet, beaucoup plus vaste, qui prévoit une restructuration totale du quartier : le projet Grand Ida. Au programme : beaucoup de logements domaniaux pour les Monégasques, mais pas un seul pour les enfants du pays, alors même, qu’à l’origine, ce projet leur était destiné. « Je déplore vraiment que le gouvernement n’ait pas saisi l’opportunité d’enfin matérialiser les promesses faites en allouant certains appartements du projet Ida aux enfants du pays, regrettait alors Géraldine Motillon, présidente de l’ association qui représente cette communauté. Ce geste, même pour quelques appartements, aurait été un signe fort de cette volonté de nous conserver. D’autant, plus que le projet initial nous concernait. Il s’agit pour moi d’un pas en arrière et d’un manque de courage politique. »

« Les Monégasques d’abord »
Ce sujet est revenu lors des récents débats budgétaires au Conseil national . L’élu Union Monégasque Jean-Louis Grinda a tout bonnement demandé que cette promesse faite jadis aux enfants du pays soit concrétisée : « Je souhaiterais un jour, et plutôt sous votre présidence monsieur Valeri , que la promesse de ces 30 appartements pour les enfants du pays soit tenue. J’invite le gouvernement et le Conseil national à réfléchir à cette promesse, car elle a été faite et n’a pas été tenue. Les enfants du pays n’y sont pour rien », a-t-il plaidé en pleine séance publique. De son côté, le président Stéphane Valeri n’a pas fermé la porte à cette éventualité : « Vous le savez… les Monégasques d’abord. Nous avons été élus pour cela. Politiquement, nous l’assumons. En revanche, le jour où la pénurie de logements sera résorbée pour les nationaux , et qu’ils seront tous bien logés grâce au plan national pour le logement, pourquoi pas discuter d’un petit immeuble de trente appartements qui pourrait être mis à la disposition des enfants du pays. Mais ce projet n’est pas envisageable tant que des Monégasques seront mal logés dans notre pays, et c’est le cas jusqu’en 2023 », a-t-il conclu.
