Les bolides de Formule 1 vont à nouveau faire vrombir leur moteur en principauté lors de la 80ème édition du Grand prix de Formule 1 de Monaco du 25 au 28 mai 2023. Et ce, comme ils l’avaient déjà fait il y a 94 ans à l’occasion du tout premier grand prix automobile de Monaco.
C’était le dimanche 14 avril 1929. Sur la grille de départ, 16 voitures tirées au sort vont prendre part à ce qui va devenir un mythe. Bien apprêté, c’est le prince Pierre, fringant trentenaire, qui doit l’inaugurer. Il prend place, côté passager, dans un véhicule Torpedo Voisin que conduit Charles Faroux, le tout premier directeur de course de Monaco. Et les voilà partis pour un tour d’honneur sur le circuit du tout premier Grand prix.
Juste après eux, ce sont huit Bugatti, trois Alfa Romeo, deux Maserati, une Licorne, ainsi qu’une Mercedes SSK qui vont entamer les hostilités officielles. « L’Anglais Williams, arrivé trop tard pour participer aux séances d’essais officielles, s’offre à l’aube du samedi un entraînement pirate qui met tout Monaco en émoi. Williams gagne le Grand prix sur une Bugatti 35 B de couleur verte en 3h56’11 en ayant effectué 100 tours à une vitesse moyenne de 80,194 k/h », décrit l’Automobile Club de Monaco.

Du Sport Vélocipédique de la Principauté à l’Automobile Club de Monaco
Ce succès, Monaco le doit en grande partie à Alexandre et Antony Noghès. Père et fils œuvrent depuis des années à la conception d’épreuves automobiles en principauté à la faveur d’avancées technologiques fulgurantes sur des véhicules à moteur et dont ils pressentent l’importance que ceux-ci occuperont dans le quotidien de chacun. Le premier devient président du Sport Automobile et Vélocipédique de Monaco, l’ancêtre de l’Automobile Club, le 31 octobre 1909. Une institution fondée 19 ans plus tôt, le 26 août 1890, avec comme nom initial le Sport Vélocipédique de la Principauté (SVP) pour devenir définitivement Automobile Club de Monaco (ACM) en 1925. « En devenant ACM, l’association entrait dans une grande et forte famille dont chaque membre incarnait l’aventure automobile à l’échelle d’un État », vante l’institution monégasque. Cette évolution favorable se devait d’être accompagnée d’une reconnaissance officielle par ses pairs dans le monde. L’admission au sein de l’Association Internationale des Automobiles Clubs Reconnus (AIACR), origine de l’actuelle Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), était indispensable. C’est elle qui a conditionné le mythe qu’est devenu le Grand prix de Formule 1 de Monaco.
D’une à quatre courses
Là encore, la famille Noghès a été décisive. Antony, en qualité de commissaire général, a pris son bâton de pèlerin et s’est rendu à Paris afin de présenter la candidature de l’Automobile Club de Monaco. « Il en revint malheureusement dépité, ces Messieurs de l’AIACR ayant considéré que le club organisait bien des épreuves sportives mais que celles-ci ne se déroulaient pas pour autant sur le territoire monégasque. A trente-cinq ans, Antony Noghès, blessé dans son amour propre, venait, avec toute la fougue de la jeunesse, de se lancer à lui-même un fantastique défi : créer une épreuve automobile sur le territoire national, c’est-à-dire, en ville », relate l’ACM. La suite, on l’a connaît. Et cela fait 94 ans et 80 éditions en 2023 que cela dure… Si une seule course sur un seul jour avait eu lieu en 1929, la septième manche du championnat du monde 2023 de Formule 1 se jouera elle avec 4 séries différentes (F1 / F2 / F3 / Porsche Supercup) tout au long de quatre journées de sport automobile.



