jeudi 16 avril 2026
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    Guillaume Rose « Il a fallu complètement se réinventer »

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    Après 20 ans d’existence, le Monaco Economic Board continue d’accompagner les entreprises de Monaco dans le développement des débouchés de leur business.

    Son directeur explique à l’Observateur de Monaco comment il a traversé cette année de crise.

    Un an après, comment les membres du MEB vont-ils ?

    Le portrait est complètement contrasté en fonction des secteurs, entre ceux qui sont sinistrés (aérien, tourisme, événementiel) et ceux qui tirent extrêmement bien leur épingle du jeu, voire mieux qu’avant la crise (finance, assurance, banque). La dominante qu’on enregistre partout, pour ceux qui se retrouvent entre deux, c’est que les entreprises vivotent. Ils survivent. Heureusement, les aides de l’État les maintiennent à flot.

    Les aides économiques du gouvernement vous paraissent-elles suffisantes ?

    Elles sont justes complètement vitales et doivent durer le plus longtemps possible pour maintenir à bout de bras l’économie. Il faudrait peut-être qu’elles soient étendues à toutes les entreprises qui ont souffert de la crise, et qui restent encore aujourd’hui en difficulté. Comme les métiers de service non directement impliqués dans le tourisme ou les métiers de support qui vivotent. On appelle aussi à une grande solidarité. C’est le moment où jamais de faire travailler des entreprises des abords immédiats et en priorité de Monaco. Pour moi, on ne se serre pas assez les coudes. Il faut qu’après la crise, on puisse avoir un vrai redémarrage. Les économistes disent que nous devrions connaître un mouvement similaire à un après-guerre, c’est-à-dire une euphorie économique. Et ce que nous souhaitons, c’est que les entreprises monégasques soient armées pour pouvoir avancer durant cette période.

    Le Meb a-t-il été impacté aussi ?

    En 2020, nous avons perdu 50 membres et on en a gagné 67. La majorité des entreprises qui n’ont pas renouvelé leur adhésion chez nous sont celles qui ne savent pas de quoi demain sera fait. En grande majorité, ce sont des entreprises qui ne peuvent plus payer et qui survivent, en minorité des entreprises qui ont fait faillite et des entreprises qui ont décidé d’économiser. Par exemple, nous avons de grosses entreprises financières qui ont profité de la crise par pur opportunisme.

    Quel discours tenez-vous en de telles circonstances ?

    Pour une entreprise qui ne peut plus marcher, on ne peut plus rien faire. En revanche pour les entreprises en difficulté, on leur a rappelé qu’on pouvait les aider à trouver des débouchés, notamment locaux. Nous avons tout levier pour essayer de faire avancer ceux qui souhaitent avancer.

    Avez-vous constaté des créations d’entreprises ?

    Énormément. Vous avez des personnes qui ont perdu leur emploi, victimes de dégraissage, et qui ont décidé de se lancer. Notamment dans le numérique, ou encore dans le commerce de proximité. Beaucoup ont su saisir l’opportunité de cette crise pour non seulement rebondir mais aussi créer. La crise est vraiment très contrastée.

    Quelles sont désormais les attentes de vos membres ?

    Ce qu’ils attendent le plus, c’est qu’on les mette en relation les uns avec les autres. Ils attendent avec impatience le redémarrage. Pour répondre à leurs attentes, nous avons conclu un accord avec la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Nice qui nous permet d’être beaucoup plus implanté en local.

    Pourquoi ce n’était pas déjà le cas ?

    Parce que nous regardions plus loin à l’international. Mea culpa. On s’est rendu compte qu’on avait vraiment besoin des gens à côté de nous avec les mêmes défis et la même mentalité. Nous avons beaucoup d’entreprises avec un siège social à Monaco et des lieux de production en France. Cela leur sera utile.

    Pourriez-vous envisager ce partenariat avec des chambres consulaires italiennes ?

    Notre prochain objectif, c’est en effet de faire rentrer la CCI italienne de Nice, en gros la chambre d’exportation italienne dans le sud de la France.

    Quel a été le challenge principal pour votre organisme ?

    Le MEB a deux raisons d’être : mettre en relation les entreprises de Monaco entre elles et les faire voyager pour qu’elles découvrent de nouveaux marchés. Ces missions ont été bouchées par la crise. Il a fallu complètement se réinventer. En deux mois, nous sommes passés du tout contact en présentiel au tout numérique. Nous avons décidé de créer des “mebinaires”, webinaires à la sauce Meb. On collabore beaucoup plus avec les autres fédérations comme la Fedem, le Club des entrepreneurs monégasques en Afrique (Cema), ou les ateliers du numérique du gouvernement. Nous avons enfin créé les destinations business et les e-missions. Ce qui est certain, c’est que le numérique ne nous quittera pas.

    Quels objectifs allez-vous poursuivre en 2021 ?

    Nous avons la conviction que dans les 6 mois, nous connaîtrons une période de prospérité inégalée. En dehors de nos mentors, c’est notre observation de la situation. C’est ce qui guide nos choix. Ce que nous voulons, c’est que les entreprises monégasques puissent être compétitives pour repartir à l’assaut du monde le plus vite possible.

    Comment le Meb veut se positionner dans l’écosystème économique local ?

    Le Meb doit rester et devenir l’association incontournable qui fédère l’ensemble des entreprises. En accord avec la Fedem bien sûr, pour ne pas marcher sur ses plates-bandes. Nous avons un quart des entreprises de Monaco. On peut facilement en avoir la moitié.

    Et face à cette crise sans précédent ?

    Le Meb est plus important que jamais, dans la mesure où notre positionnement est de trouver des opportunités de business aussi bien en local qu’à l’international pour tous. 524 entreprises, 20 ans d’existence : notre atout c’est d’être dynamique et flexible, à l’écoute, avec la volonté d’avancer et sans blocage puisque nous avons le soutien du gouvernement.

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