Avec des annulations d’évènements en cascade et des touristes absents, l’hiver risque d’être très morose en Principauté.
Conséquence : selon les autorités monégasques, les demandes de Chômage Total Temporaire Renforcé (CTTR) dans les mois à venir vont nettement augmenter.
Pour faire face aux conséquences économiques de cette crise sanitaire et éviter des drames sociaux et des faillites en série, le gouvernement monégasque a dû sortir l’artillerie lourde au niveau des aides financières. Dans la boite à outils de l’État, il y a notamment le Chômage Total Temporaire Renforcé (CTTR) considéré par le gouvernement comme « un bouclier protecteur de l’emploi. » Et effectivement, il l’est, et le sera encore pour longtemps. Et pour cause. Sans cette mesure, beaucoup d’entités assurent qu’elles devraient tout bonnement mettre la clé sous la porte. Au plus fort du dispositif, le CTTR a ainsi bénéficié à plus de 2 600 employeurs et 23 000 salariés. Le casse-tête pour le gouvernement a été de savoir jusqu’à quand prolonger ces aides et pour quels secteurs d’activité ?
« Cet hiver, nous craignons un vrai rebond du CTTR »
Début octobre, face à l’inquiétude des employeurs de la Principauté, le gouvernement a enfin tranché : le CTTR sera prolongé, selon les branches d’activités, jusqu’à la fin du mois de mars 2021. Pourquoi alors une telle échéance ? « Nous pensons qu’il y aura une forte demande de CTTR dans les mois à venir. Avec l’annulation des grands évènements qui, habituellement, rythment la rentrée comme le Yacht Show, le congrès des assureurs, ou encore le Luxe Pack, la situation, notamment dans l’hôtellerie, sera assez difficile », explique Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et la santé. Même analyse pour la directrice du travail, Pascale Pallanca: « Cet hiver, nous craignons un vrai rebond du CTTR. Les employeurs sont inquiets. Nous avons eu beaucoup d’appels ces derniers temps qui nous demandaient ce qu’il allait se passer au niveau de cette aide, indique-t-elle. On ne pouvait pas continuer à prolonger cette mesure de mois en mois. Il fallait plus de visibilité. Voilà pourquoi nous allons prolonger la mesure jusqu’au printemps. » Pour financer cette mesure, le gouvernement a anticipé une dépense de 9 millions d’euros par mois jusqu’en mars.
