lundi 20 avril 2026
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    Fontvieille : 22 hectares gagnés sur la mer

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    A l’initiative du prince Rainier III, c’est sans conteste l’extension en mer de Fontvieille qui a constitué le plus gros et ambitieux chantier du genre, avec des fonds marins qui atteignaient jusqu’à 40 mètres de profondeur.

    Monaco a de nombreuses fois repoussé artificiellement ses limites territoriales… Mais la construction du terre-plein de Fontvieille, qui s’est échelonnée de 1966 à 1973, est sans conteste considérée comme le chantier le plus ambitieux mené par la Principauté. Au-delà de la prouesse technique, ce projet titanesque qui s’étend sur 22 hectares, et qui a été conçu pour être capable d’accueillir, à terme, 10 000 habitants, a permis au fil du temps de construire durablement des ouvrages cruciaux pour la vie économique et sociale du pays. Sur cette zone,  « 222 000 m2 d’immeubles résidentiels, privés et domaniaux », ont été construits rappelle Jean-Michel Manzone, ancien Directeur de la Prospective, de l’Urbanisme et de la Mobilité (DPUM), qui témoigne à l’exposition Extensions en mer, conquêtes pacifiques présente sur le quai Antoine 1er jusqu’au 2 janvier 2022. C’est à Fontvieille en effet que la politique de logement social pour les Monégasques a véritablement démarré… Au-delà de la construction massive d’immeubles, le terre-plein de Fontvieille a aussi permis de bâtir un ensemble de planchers industriels, le nouveau stade Louis II, un jardin public, une roseraie, un héliport, une caserne de sapeurs pompiers, une église ou encore un chapiteau permanent.

    © Photo Collection privée Jean-Paul Bascoul

    Avant que tous ces ouvrages ne sortent de terre, il a fallu mener en amont des travaux titanesques sous l’eau. Une digue de 1 kilomètre de long, et profonde de 35 à 40 mètres a d’abord été conçue. Un véritable record pour l’époque

    « Le record de la digue la plus profonde »

    Avant que tous ces ouvrages ne sortent de terre, il a fallu mener en amont des travaux titanesques sous l’eau. Une digue de 1 kilomètre de long, et profonde de 35 à 40 mètres, a d’abord été conçue. Un véritable record pour l’époque. Un énorme talus sous-marin servant d’assise à la future digue a également dû être constitué. Pour le concevoir, il a fallu 7 millions de tonnes — soit 3 fois le volume de la pyramide de Kheops — de matériaux et de granulats issus de carrières. « Ce talus érigé a servi d’assise à 43 caissons réalisés dans le port de Gênes (en utilisant déjà la technique des coffrages glissants) et remorqués jusqu’à Fontvieille pour venir constituer sur 1 km de long, le corps supérieur de la digue, rajoute Jean-Michel Manzone. Une fois la digue réalisée, le comblement du terre-plein a débuté et s’est matérialisé par des déversements de matériaux de carrière de l’arrière-pays, et des sables issus des avant-ports de Fos et d’Impéria. »

    Le prince Rainier III. Pose de la première pierre du quartier de Fontvieille. Juin 1981. © Photo Collection privée Jean-Paul Bascoul

    « Un défi économique qui engage la majeure partie du fonds de réserve »

    À l’origine, c’est la société anonyme pour le développement immobilier de Monaco (SADIM) qui doit relever le défi de cette urbanisation en mer. Mais le projet présenté par ce concessionnaire — et imaginé par l’architecte Manfredi Nicoletti — n’a pas convaincu les autorités monégasques. Ce projet futuriste qui se précise dès 1966 prévoyait la construction de bâtiments qui s’élèvent… à plus de 30 mètres au-dessus du niveau de la place du palais (voir article par ailleurs). Dès 1973, c’est donc la Principauté qui rachète le terre-plein de Fontvieille à la SADIM pour pouvoir rester maître du plan de développement de ce nouveau quartier.  « Le prince Rainier III, en union avec le Conseil national présidé par Jean-Charles Rey, n’hésite pas à relever ce défi économique qui engage la majeure partie du fonds de réserve d’alors de la Principauté », rajoute Jean Michel Manzone dans cette exposition. Ce sont donc les services techniques monégasques qui prennent le relais et définissent le plan d’urbanisme pour réaliser le quartier de Fontvieille. Des travaux qui s’échelonneront entre 1980 et 1992.

    Le terre-plein de Fontvieille aura permis la construction du stade Louis II, d’un port de plaisance, de logements domaniaux et privés, de surfaces industrielles, ainsi que de centres administratifs et commerciaux

    Des extensions en mer dès la fin du XIXème siècle.

    Avant le terre-plein construit sous l’impulsion du prince Rainier III, le quartier de Fontvieille avait déjà connu des extensions en mer à la fin du XIXème siècle, puis après la Première guerre mondiale. Une petite zone industrielle avait ainsi été bâtie sur laquelle on trouvait notamment une usine électrique ayant des zones de stockage à charbon, une brasserie et une minoterie. À la fin des années 30, il y eut également la construction du premier stade Louis II.

    Stade Louis II : de 1981 à 1984

    Inauguré le 25 janvier 1985 par le prince Rainier III, le Stade Louis II a été conçu de 1981 à 1984. Il est l’un des ouvrages emblématiques du quartier de Fontvieille et de ce terre-plein. Son coût à l’époque a été évalué à 594 millions de francs. D’une superficie de 3 hectares et d’une capacité d’accueil d’environ 20 000 spectateurs, le stade dispose d’une pelouse située à 8 mètres de hauteur au-dessus d’un parking de 1 700 places. Ce bâtiment abrite une salle omnisports, une piscine olympique, 9 200 m2 de bureaux et 1 600 m2 de locaux commerciaux. « Le prince Rainier III souhaitait qu’il y ait une concentration de la pratique sportive. Il voulait un bâtiment qui soit à la portée de tous, des plus jeunes aux plus âgés, explique Sylvie Bertrand, directrice de cet établissement qui témoigne à l’exposition. Sur le plan économique, il a souhaité un bâtiment qui offre des surfaces à des sociétés et à des services administratifs. » La construction du nouveau stade Louis II a permis la destruction de l’ancien stade. Cette destruction a également permis ensuite la construction de l’actuel centre commercial de Fontvieille.

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