vendredi 10 avril 2026
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    Méditerranée : attention danger !

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    POLLUTION/On connaît déjà les ravages causés par le 7ème continent, au Pacifique Nord. Les déchets plastiques impactent aussi la santé de la biodiversité marine et de l’homme en mer Méditerranée. Focus.

     

    Quelles solutions trouver à l’afflux de déchets plastiques en Méditerranée ? Cette question fondamentale sera au centre de la conférence internationale qui se tiendra les 10 et 11 mars au Yacht Club. L’objectif de ce colloque, organisé conjointement par la Fondation prince Albert II de Monaco, Surfrider Foundation Europe, Tara Expéditions et la Fondation Mava, est de mobiliser de manière concrète l’ensemble des acteurs de la filière plastique issus d’une dizaine de pays méditerranéens. A Monaco seront ainsi réunis à la même table ceux qui produisent, ceux qui organisent le recyclage, ceux qui subissent les impacts des déchets non recyclés, ceux qui travaillent à établir l’état des lieux des impacts et ceux qui cherchent des solutions aussi bien techniques que sociétales…

    Mobilisation

    L’enjeu est crucial : « En mer Méditerranée, les déchets sont à 80 % d’origine terrestre (activités industrielles, mauvaises gestion des déchets et des eaux usées, incivilités…). Avec la croissance démographique et l’urbanisation des grandes métropoles, la Méditerranée se trouve sous pression et subit un apport de plus en plus important de déchets plastiques. La santé de la biodiversité marine est en danger et celle de l’homme impactée à cause de l’accumulation des polluants dans la chaîne alimentaire marine », rappelle-t-on à Tara expéditions, qui agit depuis 2003 en faveur de l’environnement. L’équipage de la goélette mythique Tara évalue d’ailleurs en ce moment le nombre et la surface occupée par des fragments de plastique flottants en mer Méditerranée.

    « Aujourd’hui, notre objectif est de mobiliser de manière pérenne et concrète tous les acteurs du secteur en mer Méditerranée en vue de réduire l’afflux et l’impact des déchets plastiques dans le milieu marin, explique quant à lui Philippe Mondielli, directeur scientifique de la Fondation prince Albert II. La recherche de solutions contre la prolifération du plastique est l’un des défis majeurs. » Et des plus urgents.

    _Milena Radoman

     

    « Renverser la tendance »

     

    A la Fondation prince Albert II, Philippe Mondielli tire la sonnette d’alarme.

    Quelle est l’ampleur de la pollution des déchets plastiques sur nos côtes ?

    Depuis quelques années, des rapports de plus en plus nombreux attirent l’attention sur la pollution plastique et notamment le “septième continent” (gigantesque amas de déchets généré par l’activité humaine, accumulés dans le gyre du Pacifique Nord). Les pollutions par le plastique sont visibles de nos villes jusqu’aux plages désertes à des milliers de kilomètres de toute activité humaine, dans le grand Nord ou en Antarctique. Si l’enjeu des déchets en mer est d’actualité, les premiers rapports révélant la présence de déchets plastiques dans l’océan ont été publiés il y a plus de 40 ans. Depuis cette période, les plastiques sont progressivement apparus dans tous les espaces de notre vie moderne et notre dépendance aux produits jetables augmente chaque année. Aujourd’hui 70 à 90 % des déchets retrouvés dans les mers sont du plastique.

     

    Et en Méditerranée ?

    La zone de la Méditerranée concentre 450 millions d’habitants sur 22 pays et 30 % du trafic maritime mondial. C’est une mer semi-fermée particulièrement vulnérable à la pollution liée aux activités humaines. Sachant que la mer Méditerranée abrite à elle seule 7,5 % de la faune et 18 % de la flore marine mondiale alors qu’elle ne représente que 0,8 % de la surface des océans, il est important d’entamer des actions concrètes pour renverser cette tendance de pollution plastique croissante et s’engager dans une dynamique d’amélioration de l’état écologique des milieux marins.

     

    Faut-il interdire les sacs plastiques et imposer d’autres matières recyclables ? Pourquoi pas à Monaco ?

    Actuellement, la plupart des commerçants proposent à leurs clients des sacs en plastiques à usage unique pour transporter leurs achats. Il apparait de nos jours impératif de mettre un terme à cette pratique, à l’exemple des initiatives prises par la région corse dès 2003 ou par l’Etat de Californie à compter de juillet 2015. Les sacs plastiques à usage unique seront également supprimés sur le territoire français à partir du 1er juillet 2016. Il y a donc une dynamique positive dont il faut tirer parti. La Fondation prince Albert II travaille en étroite collaboration avec le gouvernement de Monaco pour que la principauté devienne également exemplaire sur cette thématique. Nous pourrions, par exemple, proposer des sacs pérennes ou des sacs en papier issus de forêt gérée durablement, ce qui serait conforme à l’initiative “Monaco s’engage contre la déforestation”.

    _Propos recueillis par Milena Radoman

     

     

    Les chiffres

    115 000

    C’est le nombre de particules par kilomètre carré de microplastiques. La méditerranée, mer presque fermée, souffre ainsi de la plus forte densité au monde.

     

    20 millions

    Chaque année, entre 10 et 20 millions de tonnes de déchets en tous genres sont déversés dans les océans, dont une grande majorité de matières plastiques.

     

    20 %

    Le recyclage du plastique ne concerne aujourd’hui que 20 % du plastique en France. Lorsqu’il ne fait pas l’objet d’un tri et d’un recyclage, il finit immanquablement par se retrouver dans la nature, et notamment en mer.

     

    300 millions

    C’est le nombre de tonnes de plastique que produit l’industrie chaque année. Il est utilisé dans quasiment tous les secteurs : bâtiment, automobile, électronique… La moitié des matières plastiques est utilisée, à usage éphémère, pour des emballages.

    (Source : Tara Expéditions)

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