ÉCOLOGIE — Les récifs coralliens ne représentent que 0,1 % de l’océan. Mais ils renferment pourtant un tiers de la biodiversité marine. « C’est un écosystème stable qui vit de façon circulaire, un système qui produit de l’énergie, un système qui marche jusqu’à l’arrivée de l’homme… » Le diagnostic de Robert Calcagno, directeur du musée océanographique résume bien la situation. Associé à Bernard Fautrier, conseiller du prince sur les questions d’environnement, et Denis Allemand, directeur du centre scientifique de Monaco, les trois hommes se sont donnés pour mission d’alerter l’opinion. D’abord au travers d’un ouvrage Corail, un trésor à préserver paru fin février aux éditions Glénat. Mais aussi via une exposition immersive qui débutera au musée le 20 juin prochain. « Une plongée dans la grande barrière de corail australienne », avertit Calcagno. Pourquoi faut-il se préoccuper de cet animal marin aux mille couleurs ? Tout simplement parce qu’à son échelle, le corail rend d’énormes services à la planète. D’une part par la protection des côtes qu’il exerce, ou parce que selon les chercheurs les molécules de demain viendront peut-être de lui. Mais aussi par sa beauté irrésistible : 1 % du PIB mondial est dû au tourisme sur les récifs coralliens. « La préoccupation la plus grande, c’est le blanchissement du corail dû aux changements climatiques », insiste Bernard Fautrier. « Il y a urgence car les coraux sont très menacés. On cherche à éveiller l’attention sur cet écosystème unique », alerte Denis Allemand. Dans ce cadre, Monaco constitue un « terrain diplomatique international de sensibilisation à la question », considère Bernard Fautrier. Une déclaration de sauvegarde du corail a déjà été signée par 17 pays représentant 60 % des “détenteurs” de corail. Cela passera aussi par la création d’un mécanisme international de fonds monétaires pour créer des “coral gardens”, à l’image d’aire marine protégée. « Les systèmes coralliens sont des sociétés intelligentes et résilientes. Le corail peut s’entrainer et sans doute sera-t-il capable de se renforcer contre le changement climatique. Il y a des raisons d’espérer », souligne tout de même Robert Calcagno. Car, en cas de disparition totale, la sanction serait sévère : « Si demain, les coraux disparaissent, ce ne sont pas que les poissons clowns qui disparaitront. Ce sont 500 millions d’hommes qui vont être impactés », conclut Denis Allemand.
