La folle croissances des Gafam n’a certainement pas été ralentie par la crise.
Au contraire, ce sont ceux qui ont tiré le plus grand profit de la pandémie mondiale avec des activités dopées par le confinement et les restrictions.
Les résultats financiers trimestriels de Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (les Gafam, NDLR), publiés jeudi 29 octobre 2020 au soir, feraient pâlir d’envie bon nombre d’entreprises. Les quatre entités de la tech ont affiché des résultats spectaculaires en totalisant un chiffre d’affaires cumulés de 228,4 milliards de dollars pour un bénéfice net cumulé de presque 40 milliards de dollars lors du dernier trimestre écoulé qui se clôturait fin septembre. C’est Amazon qui tire la plus grande couverture avec ses deux piliers : le commerce en ligne et le cloud via sa filiale Amazon Web Services. Filiale notamment choisie par le gouvernement monégasque pour le développement de son cloud souverain. Amazon enregistre ainsi un chiffre d’affaires de 96 milliards de dollars au troisième trimestre – soit + 37% sur un an – pour un bénéfice net de 6,3 milliards de dollars. Fort de ce résultat, le groupe vante l’embauche de 400 000 personnes supplémentaires.
Les entreprises de la distanciation sociale et de la dématérialisation
« Les cinq plus grandes sociétés technologiques américaines, valaient à elles seules 4800 milliards d’euros à la bourse, alors que la totalité du CAC 40, les 40 plus grandes sociétés françaises, valaient, elles, 1400 milliards. Microsoft à lui seul pèse presque autant que tous nos fleurons », détaille sur RTL le journaliste économique François Lenglet. Google, Amazon, Facebook et Apple ont en fait vastement profité des confinements qui ont démultiplié les utilisateurs des réseaux sociaux, comme les achats sur internet. Leurs actions flambent donc en Bourse : +31% pour Google, +34% pour Facebook, +36% pour Microsoft, +58% pour Apple et +72% pour Amazon depuis le 1er janvier. « Les groupes forts deviennent encore plus forts », résume dans Capital l’analyste Daniel Ives de Wedbush Securities. Les raisons de ce succès ? Outre leur assise développée depuis de nombreuses années, les Gafam se sont révélés comme les entreprises de la distanciation sociale et de la dématérialisation. « Comme la peur de la contagion crée une gigantesque poussée numérique dans l’économie, les champions du numérique en profitent », décrypte François Lenglet.
Taxe mondiale sur le numérique
Cette hégémonie perdurera-t-elle ? Les contestations contre Amazon en France ont connu un regain en cette période de Noël. Les reproches et procédures s’accumulent des deux côtés de l’Atlantique contre ces géants. Le ministre français de l’Économie Bruno Le Maire n’ayant pas hésité à les nommer carrément ”adversaires des États”. Il n’a eu de cesse de rappeler qu’il voulait toujours les taxer. Car ces entreprises prospères sont aussi souvent les moins taxées en Europe, grâce à l’optimisation fiscale pratiquée par certains. Dans les tiroirs de l’OCDE sommeille toujours un projet de taxe mondiale sur le numérique, sans arrêt repoussé par crainte d’une guerre commerciale avec les États-Unis.
