Portée par la proximité avec la Méditerranée et l’engagement affiché du gouvernement, l’économie bleue trouve un écho favorable en Principauté auprès des investisseurs, qui attendent des projets locaux et palpables. Exemples concrets avec CFM Indosuez.
L’économie bleue désigne l’ensemble des activités liées aux océans, aux mers et aux littoraux (pêche, aquaculture, transport maritime, biotechnologies marines, tourisme côtier) avec une finalité de croissance durable. Les besoins de financement de ce secteur sont évalués à 175 milliards d’euros par an. Face à l’ampleur de l’effort nécessaire, les opportunités d’investissement se sont largement démocratisées. « Il y a encore dix ans, ces investissements étaient réservés à des investisseurs institutionnels. Aujourd’hui, ils sont accessibles aux particuliers, avec des tickets d’entrée très modérés », assure Mathieu Ferragut, directeur général de CFM Indosuez Monaco, filiale du groupe Crédit Agricole. Toutefois, à l’échelle mondiale, ils restent marginaux dans l’univers plus large des investissements durables. « La sensibilité des clients aux enjeux environnementaux en général est bien présente, mais l’économie bleue reste une part encore très minoritaire que nous souhaitons voir se développer », explique le dirigeant. Selon lui, cette tendance trouve toutefois un terrain plus favorable en Principauté : « Deux tiers de nos clients sont résidents monégasques, donc naturellement sensibles à cette thématique du fait de la proximité immédiate avec la Méditerranée et de l’action du Souverain dans ce domaine ». La banque distingue trois profils parmi sa clientèle : 30 % d’entre eux sont totalement insensibles aux enjeux durables, 10 % sont très engagés et rationnalisent tout leur patrimoine en tenant compte de sa durabilité. Pour le reste, il s’agit de personnes intéressées mais peu informées. « Ce sont ceux que nous cherchons à accompagner, avec des solutions locales et concrètes pour qu’elles soient palpables », explique Mathieu Ferragut.
Des initiatives locales pour un impact mesurable
Partenaire du Blue Economy Finance Forum récemment organisé en Principauté, l’institution bancaire a présenté ses initiatives en faveur du financement de l’économie bleue. Concrètement, elle propose plusieurs mécanismes : des produits d’investissement assortis d’un reversement de 1% du rendement (partagé équitablement entre la banque et le client) à des projets locaux identifiés, ainsi que deux fonds communs de placement. Le premier, CPR Blue Economy, est entièrement investi dans des entreprises liées à l’économie bleue. Le second, CFM Environnement Développement Durable, y consacre 25 % de son portefeuille et une partie des frais de gestion de la banque (30 000 euros par an) est reversée au Conservatoire mondial du corail porté par le Centre scientifique de Monaco. Autre axe de développement : l’innovation. La banque soutient le Monaco Ocean Protection Challenge, un concours de start-up positionnées sur le créneau de l’économie bleue, qui accompagne les plus vertueuses d’entre elles en leur donnant accès à l’incubateur du Crédit Agricole. Cette année, le lauréat est Izalgue, une start-up bretonne qui produit un isolant entièrement fabriqué à partir d’algues vertes. CFM Indosuez référence par ailleurs de jeunes entreprises sur sa plateforme Start-up Connexions, destinée à favoriser les mises en relation entre elles et ses clients investisseurs. Si la démocratisation de cette typologie d’investissement est en marche, le principal enjeu réside aujourd’hui dans l’absence de cadre normatif structuré pour l’économie bleue, contrairement à l’économie verte, qui expose le secteur au risque de pratiques de “blue-washing”.
