Danse — La nouvelle création chorégraphique signée Jean-Christophe Maillot, Coppél-i.A., libre réinterprétation futuriste du ballet historique éponyme, a époustouflé le public monégasque pendant les fêtes. La pièce, créée en 1870 par Arthur Saint-Léon, propulse le spectateur dans un univers de science-fiction avec la précision chirurgicale des danseurs, du metteur en scène, du compositeur et de la scénographe qui ont su insuffler un air de modernisme, de rêve et de beauté sans prétention à ce spectacle émerveillant —
(De gauche à droite) Jaeyong An dans le rôle de l’inventeur fou, Coppélius. Celui-là même qui a donné vie à cette créature d’intelligence artificielle brillamment interprétée par Katrin Schrader, Coppél-i.A. sublime. Pas étonnant que Frantz, incarné par Francesco Marriottini, en soit tombé amoureux
Dans la version initiale, Coppél-i.A. est un automate sans âme. Sous l’ère Maillot, elle se transforme en humanoïde qui quitte doucement son cocon saccadé pour ressentir les émotions et donner plus de liberté à son existence. Tout au long du ballet, on assiste à une métamorphose progressive de cet être de lumière au contact des humains.
Mention spéciale à Aimée Moreni, scénographe parisienne, qui signe les costumes et les décors de ce ballet. On y retrouve un petit air des défilés de Jean-Paul Gaultier. Finesse, élégance et précision pour des danseuses qui portent ces habits avec raffinement.
Sous nos yeux, Coppél-i. A, devient petit à petit une femme libre, s’affranchissant de toute domination. Dans un dernier mouvement de corps à corps, elle prend le dessus sur son géniteur le projetant au sol. Émancipée, elle quitte le spectateur avec classe s’aventurant vers un destin inconnu.




