Depuis hier, des chiffres alarmants circulent sur Internet concernant des pics de contaminations à la Covid-19 au sein des salariés de Carrefour Monaco. La F2SM et les représentants de l’Union des syndicats de Monaco nous expliquent quelle est la situation sur place.
La polémique a commencé hier sur Facebook… Dans un post, le syndicat du commerce affilié à l’USM mentionne une donnée plutôt alarmante sur la situation sanitaire actuelle au sein de la grande surface : un tiers des salariés de Carrefour Monaco (sur un total de 300 employés) serait en effet positif à la Covid-19. Aussitôt publié, le post fait immédiatement réagir. Il est en effet partagé plus de 200 fois… Mais ces chiffres ont aussitôt été contestés, à la fois par la direction de Carrefour Monaco qui parle « de fausses informations divulguées », mais également par l’autre syndicat : la F2SM.
19 cas selon la direction et la F2SM
« 19 cas ont été comptabilisés sur un total de 300 salariés. Ce n’est donc pas un tiers des salariés comme le disent les membres de l’Union des syndicats de Monaco. Pour chaque salarié contaminé, un à deux cas contacts ont été identifiés, et tous vont évidemment se faire tester dans les prochains jours », précise Cédrick Lanari, président de la F2SM, également cadre au sein de Carrefour Monaco. Nous savons qu’un cadre a été testé positif, et qu’il y a eu un peu plus de contaminations parmi les salariés qui travaillent dans les rayons boulangerie et poissonnerie. » Sans minimiser les faits, cette fédération syndicale semble donc moins alarmiste que l’USM : « Nous sommes forcément inquiets comme tout le monde de voir ce développement des contaminations, rajoute Cédrick Lanari. Mais cette augmentation récente des cas n’est pas plus importante à Carrefour Monaco que sur la Principauté en général. C’est en tout cas ce que nous a dit la médecine du travail. » Le président de la F2SM assure également qu’il n’y a pas eu de manquement dans le respect des protocoles et des mesures sanitaires en vigueur. « Les mesures sanitaires sont rigoureusement respectées à Carrefour, et heureusement qu’elles le sont, car avec le monde que brasse la grande surface, il pourrait y avoir beaucoup plus de cas, indique-t-il. Les masques sont obligatoires. Il y a du gel hydroalcoolique partout. La direction a également accentué les mesures barrières en interdisant le check point fermé entre salariés. »

Trois jours de carence
Face à cette polémique sur les chiffres, que répondent les représentants affiliés à l’USM ? « Il est évident qu’il y a eu une véritable recrudescence des cas au sein de Carrefour Monaco. Mais les chiffres qui ont été divulgués hier par le syndicat du commerce représentent sans doute la totalité des salariés touchés à Carrefour depuis le début de la crise sanitaire, et probablement ceux qui sont potentiellement asymptomatiques, répond Amor Ben Hamida, délégué du personnel de Carrefour Monaco, manifestement un peu gêné par l’ampleur qu’a pris ce post. Beaucoup de salariés hier étaient un peu paniqués. Cela a peut-être été mal interprété. En tout cas, notre but n’est pas de ternir l’image de notre magasin.» Pour ce représentant syndical, ce n’est pas cette bataille de chiffres qui a de l’importance, mais un tout autre point d’ordre salarial. « Aujourd’hui, si les salariés de Carrefour tombent malades du Covid-19, ils ont trois jours de carence. Cela a des répercussions sur notre salaire mais également sur nos primes, notamment sur notre prime de présence. C’est la double peine, indique-t-il. Des salariés qui ont des symptômes vont donc peut-être venir travailler pour ne pas perdre une partie de leur salaire. Nous voulons donc une prise en charge à 100%. » Pour alerter au plus haut niveau sur cette situation, le syndicat du commerce a récemment transmis un courrier au gouvernement. Ce représentant syndical rappelle également que les salariés de Carrefour, sont, de fait, beaucoup plus exposés au virus que des salariés qui travaillent, par exemple, en télétravail.
La direction de Carrefour réagit :
« Nous regrettons que de fausses informations soient divulguées en cette période. Un protocole précis a été établi par notre entreprise dès l’apparition de l’épidémie: si un collaborateur venait à présenter les symptômes de la COVID-19, il aurait immédiatement interdiction de se rendre sur son lieu d’exercice et serait invité à rester chez lui et se faire tester. À date, 19 collaborateurs du magasin (sur 300) présentent des symptômes, ils sont tous confinés, les cas contacts se font tester. Notre magasin est en lien avec le service d’hygiène monégasque et la médecine du travail. »
