Selon les élus du conseil national, de nombreux résidents et riverains se plaignent à nouveau des nuisances sonores sur les chantiers. Ils demandent à ce que les contrôles du gouvernement soient plus systématiques sur le terrain. L’Obs’ a également interviewé sur ce sujet sensible, Jean-Luc Nguyen, le directeur des travaux publics.
Les chantiers publics et privés à Monaco ont repris le 4 mai dernier. Et manifestement, malgré les dispositions prises il y a quelques mois par le gouvernement pour limiter et diminuer la pollution sonore sur le terrain, résidents et riverains, continuent d’en souffrir. C’est en tout cas le retour qu’ont eu les élus. « La reprise massive des chantiers provoque une vague de mécontentement chez de nombreux résidents, et particulièrement les riverains, qui se tournent naturellement vers leur relais institutionnel qu’est le Conseil national », indique un communiqué officiel. Les conseillers nationaux demandent donc, à nouveau, à ce que tout soit mis en œuvre pour limiter les nuisances sonores. Notamment « l’obligation d’utiliser des engins insonorisés de dernière génération » et la mise place de dispositifs de protection acoustique lorsque cela est possible. « Bien évidemment, il ne s’agit pas de placer les immeubles voisins des zones de travaux sous des bâches, ce qui ne pourrait qu’augmenter un sentiment de malaise très compréhensible chez les habitants », poursuit le communiqué. Le Conseil national souhaite également que les contrôles du gouvernement sur les chantiers soient plus systématiques « et que les opérateurs incitent les ouvriers à adopter des comportements plus que jamais exemplaires ». Les élus se disent tout de même satisfaits qu’une cellule information-communication sur ce sujet ait été mise en place. Celle-ci est chapeautée par le conseiller interministériel en charge du cadre de vie, Albert Croesi.
Trois questions à Jean-Luc NGuyen (1)Directeur des travaux publics.
Au niveau des nuisances sonores sur les chantiers, les entreprises ont-elles véritablement joué le jeu depuis la publication de l’arrêté ministériel à ce sujet ? Ont-elles par exemple investi dans des engins moins bruyants ?
Je trouve qu’il y a du progrès. On constate véritablement des améliorations. Sur la plupart des chantiers, le son des sirènes de recul par exemple, n’est plus aigu et donc moins agressif. Il y a également du matériel pas très coûteux comme des disques pour couper l’acier, dont la fréquence est moins aiguë. Ce que nous avons également expérimenté sur la galerie des Salines et sur l’ilot Pasteur, et qui est plutôt efficace, ce sont des parois gonflables qui amortissent le bruit. On peut les déployer autour de la zone de travail d’un engin et cela atténue le bruit de percussion.
Au-delà des outils, il y a également des méthodes de travail moins bruyantes ?
On pense d’abord à des outils silencieux, mais effectivement, il y a aussi des méthodes qui permettent de diminuer les nuisances. Notamment, la méthode up and down, qui s’applique plutôt à des gros chantiers, et qui permet de réaliser une grande partie des travaux de terrassement à l’abri d’une dalle en béton.
Investir dans des matériaux moins bruyants représente-t-il un coût significatif pour les entreprises ?
Il y a des investissements dont l’impact est plus facile à supporter. Le fait de mettre des résilients acoustiques dans les bennes des camions par exemple n’est pas trop onéreux. Il est certain, en revanche, que le renouvellement d’un parc de matériels pèse plus lourd, même s’il est étalé sur plusieurs années. Cela représente un coût pour les entreprises mais dès lors qu’un pays comme la Principauté de Monaco édicte des règles en ce sens, il est cohérent de s’y conformer. Travailler ici impose désormais d’utiliser certaines méthodes et des engins moins bruyants. Les entreprises qui ne souhaitent pas respecter ces prescriptions et qui n’ont pas ces matériels ne pourront pas travailler à Monaco. Ainsi la notion de surcoût est relative si toutes les entreprises tiennent compte de cette exigence.
