mercredi 15 avril 2026
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    Commerces de rue
    Une reprise très timide

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    Après 7 semaines de fermeture, les commerces de rue ont rouvert leurs portes le 4 mai à Monaco. Mais la reprise est pour l’heure très timide. Les raisons ? L’absence de touristes, le nombre encore très restreint de travailleurs pendulaires qui sont revenus en Principauté, et une envie de consommer plus ou moins vive en raison des restrictions sanitaires imposées…

    C’est un constat unanime… La fermeture des commerces à Monaco durant 7 semaines a été un énorme coup dur pour les professionnels concernés. « On sait qu’il y a un bout du tunnel, mais on ne sait pas où et quand la lumière va s’allumer. Et pour certains, la lumière est très lointaine… », témoigne l’un d’eux. Que ce soit dans les boutiques d’habillement, de bijoux ou encore de chaussures, le redémarrage dans les commerces de rue depuis le 4 mai est très timide. « Les commerçants n’ont pas retrouvé leur activité d’avant-confinement », reconnaît le conseiller -ministre de l’économie et des finances, Jean Castellini. Rien d’étonnant à cela. Plusieurs causes expliquent que la clientèle dans les magasins est encore rare. Tout d’abord, l’absence de touristes en Principauté. Or, Monaco, on le sait, est dépendant du tourisme international à bien des égards. Et cette crise en est une démonstration claire. Boutiques de luxe, de souvenirs, grands palaces ou grands restaurants vivent en grande partie grâce à cette clientèle venue de loin, voire de très loin. Et souvent hors de l’espace Schengen.

    « Ce n’est pas la clientèle locale qui va acheter ce type de produits »

    Selon un professionnel du secteur, si le territoire monégasque pourra peut-être s’appuyer sur le tourisme européen dans les prochains mois, cela ne suffira pas à compenser l’absence de la clientèle moyen-orientale, russe, américaine et asiatique. « Je connais par exemple des boutiques de luxe indépendantes dans le Carré d’Or qui ont constaté durant la première semaine de déconfinement une baisse de 90 % de leurs chiffres par rapport à l’année dernière. Certaines de ces boutiques vendent des marques qui plaisent surtout aux Russes ou à la clientèle moyen-orientale. Ce n’est pas la clientèle locale qui va acheter ce type de produits. De même, dans les centres commerciaux comme le Métropole ou le One Monte-Carlo, 60 à 80 % de la clientèle vient de l’extérieur », note le président de l’Union des commerçants et artisans de Monaco, Nicolas Matile-Narmino.

    Peu de pendulaires et pas de croisiéristes

    L’absence de croisiéristes faisant une escale à Monaco — et dont certains ont un très fort pouvoir d’achat — va également peser lourd sur les comptes de certaines boutiques durant cette période estivale. De même, dans des quartiers comme Fontvieille ou la Condamine qui brassent de nombreux travailleurs pendulaires vivant en France ou en Italie, pour l’heure, il n’y a pas les foules habituelles, la plupart des salariés étant encore en télétravail. Sur la restauration monégasque et la vente à emporter, cette clientèle en moins va se faire, à coup sûr, sentir. Autre question qui se pose, plus sanitaire cette fois : est-ce que la clientèle va vouloir s’entasser dans des magasins et des grands centres commerciaux sachant qu’une deuxième vague est parfois évoquée, et en tout cas, redoutée. Pas sûr qu’une frénésie de consommation revienne tout de suite… D’autant que « l’expérience client » est bien moins agréable qu’auparavant, puisqu’il faut faire des courses avec un masque et parfois faire la queue pour payer ou rentrer dans un magasin.

    © Photo L’Obs’

    « L’activité de restauration est une convivialité supplémentaire et c’est aussi un peu une courroie d’entraînement, une espèce d’effet boule de neige positif avec l’activité commerciale »

    Réouverture des bars et restaurants : un effet boule de neige sur les commerces ?

    L’autre gros coup de frein a été la fermeture des bars et des restaurants durant 80 jours à Monaco (1). Ces établissements restent tout de même une locomotive de l’animation commerciale. Sur ce point, leur réouverture le 2 juin pourrait redonner un peu de vie aux commerces. C’est en tout cas ce qu’espère le gouvernement : « L’activité de restauration est une convivialité supplémentaire et c’est aussi un peu une courroie d’entraînement, une espèce d’effet boule de neige positif avec l’activité commerciale », estime Jean Castellini. De son côté, le ministre de la santé entend miser sur un « Monaco Safe » pour attirer la clientèle. En clair, faire de Monaco « un lieu de destination sûre ». « La clientèle est à la recherche de mesures de respect de la santé. Et mettre en œuvre les mesures du gouvernement devient un élément positif pour les exploitants, qui peuvent en faire un argument de vente. C’est une façon de retourner une contrainte en avantage », a expliqué Didier Gamerdinger, conseiller-ministre aux affaires sociales et la santé.

    (1) Les bars et restaurants à Monaco ont fermé leurs portes le samedi 14 mars à minuit.

    Mesures sanitaires incontrôlables ?

    Faire du shopping sous Covid-19 n’est plus aussi agréable qu’auparavant… Et pour cause. Le masque est obligatoire, les accès sont limités et régulés, et une distanciation d’au moins 1,50 mètres doit être respectée entre les clients. Du moins, c’est dans la théorie. Car dans les faits, et en particulier dans les magasins où il y a beaucoup de passages, ces mesures sanitaires sont très moyennement respectées et difficile à surveiller. « La distanciation n’est pas contrôlée. Les clients ne mettent pas forcément du gel hydroalcoolique avant de rentrer dans le magasin ou de toucher des vêtements. Les gens font ce qu’ils veulent, témoigne une vendeuse. C’est incontrôlable car nous ne sommes pas assez nombreux pour surveiller. De même, la désinfection des cabines est censée être obligatoire après chaque passage. Mais est-ce fait systématiquement ? Sincèrement non. » Dans ce secteur, les commerçants ont également dû réfléchir à une question essentielle : comment éviter la transmission du virus par les vêtements essayés ? En général, les vêtements essayés et non achetés, sont passés à la vapeur et mis en quarantaine durant 24 heures, avant d’être remis en rayon.

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