Implanter un casino estampillé Société des Bains de mer à Londres… Le projet était sur les rails, mais a finalement avorté. Pourquoi ?
Les envies d’expansion internationales de Monaco se jouent sur plusieurs terrains, notamment celui des jeux où la Principauté a acquis une certaine réputation et un savoir-faire reconnu dans le monde. En coulisses, s’est donc jouée une tentative de rachat d’établissements de jeux situés au Royaume-Uni, notamment à Londres, et en Égypte par la Société des Bains de Mer (SBM). Achat qui s’est soldé par un échec face à un autre investisseur et qu’a déploré le rapporteur du projet de loi et président de la commission de l’économie et des finances du Conseil national, Balthazar Seydoux. « Cela aurait constitué une excellente opération financière pour la société », a expliqué l’homme qui y voyait « une opportunité stratégique exceptionnelle, à un prix très inférieur à sa valeur réelle de marché ». La réponse du ministre d’État, Pierre Dartout, ne s’est pas fait attendre.
Un État « qui n’a pas su prendre des risques »
Alors que le premier, comme d’autres élus, parle carrément de « dysfonctionnements », le second évoque plutôt un « examen attentif » qui n’a pas permis d’issue positive pour plusieurs raisons. « Leur reprise impliquait un investissement important de modernisation, ainsi que des discussions avec les syndicats. De plus, le contexte n’était plus le même qu’en août 2019, puisque la SBM venait à peine de boucler un plan de sauvegarde de l’emploi. » Franck Julien, élu Priorité Monaco, a lui aussi déploré « une occasion manquée » pour un État qu’il qualifie de « pas entrepreneur » et qui « n’a pas su prendre des risques ».
La notoriété de la SBM « n’est pas suffisamment exploitée dans le monde »
Car aux yeux du conseiller national de la majorité, l’enjeu demeure « la capacité de cette entreprise à se développer en dehors de nos frontières ». Constat partagé par le président de l’hémicycle, Stéphane Valeri : « L’avenir de la SBM passe par l’international. Le groupe a une notoriété extraordinaire qui n’est pas suffisamment exploitée dans le monde. L’image de marque de la Principauté est bien réelle. Monaco, c’est quand même porteur grâce à son gisement extraordinaire de savoir-faire et d’image. L’État doit encourager l’entreprise à se développer à l’international. Et puis, c’était l’occasion de mettre un pied à Londres. Il faudra que cet échec nous serve, que l’on soit plus rapide et actif dans les bonnes affaires », a-t-il insisté. Ce à quoi le ministre a assuré que « la SBM [demeurait] attentive à toute nouvelle opportunité de développement à l’international ».
