Le système de vidéosurveillance a été lancé il y a 40 ans à Monaco, au début des années 80. Seules 7 caméras étaient installées à cette époque. Aujourd’hui, elles sont au nombre de 984 sur un territoire de 2km2.
Monaco fait partie du grand club des territoires filmés sous tous les angles… C’est en 1982 que le système de vidéo-protection a été lancé en Principauté. « Le prince Rainier III a été visionnaire en installant les premières caméras. C’est la mère de toutes les sécurités », estime Richard Marangoni, directeur de la Sûreté publique. A cette époque, seules 7 caméras étaient installées sur le territoire. Aujourd’hui, le chiffre est nettement plus impressionnant. Selon les chiffres de la police monégasque, Monaco dispose précisément de 984 caméras actuellement . Des agents se relaient jour et nuit pour visionner ces écrans situés au commissariat de la rue Louis-Notari. Galeries et ascenseurs, tunnels routiers, ou espace public, elles sont partout… Un chiffre que les autorités monégasques invitent toutefois à nuancer : « Le nombre absolu de caméras peut paraître très conséquent, mais lorsqu’on le corrèle à la complexité topographique de Monaco, il n’est pas si extraordinaire que cela, nous expliquait il y a quelques mois Patrice Cellario, conseiller-ministre à l’intérieur. En Principauté, et peut-être plus que sur d’autres territoires, il y a énormément d’ouvrages souterrains, d’ascenseurs , etc. Tous ces cheminements sont télésurveillés. » Autre élément à prendre en compte : la géométrie des lieux fait que le champ de couverture d’une caméra est parfois très réduit. « Dans 4 m², il peut y avoir deux caméras parce que la présence d’une seule serait insuffisante pour disposer d’une vision complète des lieux », rajoute ce membre du gouvernement.
« Les résidents de la Principauté réclament ces caméras »
Comment la population ressent-elle d’être filmée dans tous les coins de Monaco ? Cette vidéoprotection massive n’a jamais véritablement créé de protestation, ni dans la population, ni parmi les politiques. « La téléprotection a été introduite à Monaco au tout début des années 80, à une époque où peu de personnes étaient favorables et sensibles à ce type d’installation. Depuis plusieurs années, on s’aperçoit que les résidents de la Principauté réclament ces caméras, précise Patrice Cellario. D’ailleurs, beaucoup de résidents nous signalent que telle portion de rue n’est pas télésurveillée. La population ressent donc une sécurité accrue grâce à ces caméras, sans avoir le sentiment d’être épié ou surveillé. »
Des « téléyeux » pour dissuader
Pour les autorités monégasques, la vidéosurveillance est un moyen efficace de prévenir les actes de malveillance et d’assurer la sécurité des personnes et des biens. « On ne peut pas avoir un policier derrière chaque arbre ou chaque candélabre. En revanche, le fait de pouvoir avoir des yeux partout, des “ télé-yeux “, c’est effectivement un moyen de dissuasion efficace », estime Patrice Cellario. Les images, largement utilisées par les inspecteurs, peuvent aussi constituer des preuves en cas d’infraction, lorsqu’une plainte est enregistrée. Autre atout non négligeable : en cas d’accident de la circulation, les policiers peuvent envoyer immédiatement les secours sur place.
