Pendant deux jours, les 24 et 25 février, les scientifiques du monde entier seront réunis en Principauté. Ce symposium baptisé The cold is guetting Hot, cible le dérèglement climatique sur les pôles. Il est organisé par la Fondation Albert II de Monaco (FPA2), le Comité Scientifique pour la Recherche Antarctique (SCAR) et le Comité International des Sciences Arctiques (IASC).
C’est au sein du Musée océanographique que le congrès prend place. À l’intérieur de ce lieu emblématique dédié à la protection de l’environnement, les spécialistes abordent la question des pôles et du réchauffement climatique. Ce n’est plus un secret, même si ce sont des zones très éloignées de nous, l’activité humaine et la pollution ont un impact sur l’Arctique et l’Antarctique. La pollution plastique, la surpêche ou les gaz à effet de serre, sont autant de menaces. On a longtemps cru que par leur inaccessibilité, les pôles étaient protégés… Aujourd’hui, il y a urgence. Pour la toute première fois, les communautés scientifiques des deux pôles sont réunies au sein d’un même dialogue. Et c’est à Monaco qu’elles vont tenter de répondre aux défis communs.
Les enjeux du symposium
48°C, c’est la température au sol enregistrée dans le cercle arctique récemment. Avec ce chiffre donné par l’Organisation météorologique mondiale, le monde s’est rendu compte qu’il fallait agir pour lutter contre le problème du réchauffement climatique. La région de l’arctique se réchauffe deux fois plus rapidement que la moyenne mondiale. Conséquence : on assiste à la fonte des glaces, à de vastes incendies dans la toundra et au déclin très rapide des espèces. En Antarctique, la situation est tout aussi préoccupante. Les glaciers fondent. Et le phénomène affecte directement l’ensemble de la planète avec la montée des eaux.

Quatre sessions sur deux jours
Tout a très bien été pensé pour ce premier symposium. Quatre sessions permettront de débattre sur différentes thématiques. La première est centrée sur les changements polaires. Autrement dit, les constatations. Lors de la seconde session, le groupe d’experts se penchera sur la contribution de ces changements polaires au réchauffement climatique. Le lendemain, les scientifiques analyseront les effets des changements polaires sur les sociétés et les économies, pour en venir, en fin de journée, aux réponses possibles. Le but est de créer une matière scientifique qui servira à éclairer les entreprises privées et nos gouvernants, pour que, in fine, les bonnes décisions soient prises.

Les régions polaires, une priorité pour Monaco
Saviez-vous que le Prince Albert II était le seul chef d’État au monde à s’être rendu dans les deux pôles ? « C’est de là qu’il tient le surnom de “ Prince bipolaire“ », nous confie Olivier Wenden, Vice-président de la Fondation Prince Albert II. Depuis sa création il y a quinze ans, la fondation monégasque fait des pôles une priorité. Elle a soutenu de nombreux projets pour protéger les régions arctique et antarctique. À ce jour, un total de 6 millions d’euros a été accordé au profit des régions polaires. Et l’engagement de la Principauté n’est pas nouveau. Dès le début du XXème siècle, le Prince Albert Ier, navigateur passionné et visionnaire, a mené quatre campagnes d’exploration polaire. La plus marquante est sans doute celle de 1906 au Spitzberg. Cent ans après, le Prince Albert II s’y rendra à son tour. Sur place, il constatera les effets dramatiques du changement climatique en comparant les photos prises par son ancêtre et les siennes. « Notre planète est en grand danger et nous devons – plus que jamais – nous mobiliser pour sa sauvegarde », disait alors le souverain. C’est à ce moment précis, au retour de son expédition, qu’il va créer sa fondation, la Fondation Prince Albert II.

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Pour comprendre toute l’importance des pôles, le livre de Robert Calcagno Au coeur des mondes polaires – entre réchauffement et convoitises est paru mercredi 23 février aux éditions Gléna. Plusieurs expositions sont aussi prévues au Musée océanographique. Dès le 19 mars, Northbound connected by the sea regroupera 24 peintures et photos pour illustrer le rôle de la mer du nord et l’importance de la préservation de ces zones côtières et maritimes. À partir du 4 juin, le public pourra découvrir Mission polaire. Un parcours au cœur des pôles avec une salle « immersion » sera proposée aux visiteurs. Vous avez donc l’embarras du choix !

