FONDAMENTAUX/ Pour Bernard Pasquier, élu Union monégasque, le discours du 12 juillet a jeté les bases du Monaco de demain.
Le discours du 12 juillet parlait d’éthique et de transparence. Trouvez-vous qu’on a gagné sur ces deux plans depuis 10 ans ? Comment ?
Nous avançons clairement dans la bonne direction. Trois exemples. La motivation des actes administratifs, une conséquence de l’adhésion de Monaco au Conseil de l’Europe, a changé les relations entre les Monégasques et les pouvoirs publics et a fait reculer l’arbitraire. C’est une très bonne nouvelle comme l’est la création du Haut Commissariat à la protection des droits, des libertés et à la médiation, qui offre un recours pour les citoyens qui pensent avoir été victimes d’une décision injuste. Enfin, l’adhésion au processus d’échange automatique d’information de l’OCDE en matière bancaire pour les non-résidents, ainsi que les très nombreux accords bilatéraux déjà signés, contribuent à rendre notre place financière plus transparente. A terme, cela la rendra aussi plus compétitive. Ceci étant dit, il est légitime de se poser la question : avançons-nous assez vite dans cette direction ?
Vous appelez de vos vœux une modification constitutionnelle, le droit d’amendement budgétaire. C’est dans la même logique ?
Bien sûr. Monaco vit dans un monde qui change de plus en plus rapidement, et notre tissu économique, notre mode de gouvernance et nos institutions doivent constamment s’adapter. Dans ce cadre, en quoi modifier notre constitution d’une manière réfléchie pour introduire un droit d’amendement budgétaire est-il si scandaleux, comme voudraient le faire croire certains ? Au contraire, le risque consiste à ne rien faire, à rester figer sur des modèles du passé qui répondent de moins en moins bien à notre besoin de rester compétitif et aux aspirations des monégasques. Car il est important que ceux-ci soient plus impliqués dans la vie du pays au travers de leurs élus, et l’amendement budgétaire est un bon moyen d’y parvenir. Nous ferons des propositions dans ce sens bientôt.
Quels sont les moments de cette décennie qui vous ont le plus marqué ?
Il y a eu pour moi deux moments décisifs. Le premier est le discours du 12 juillet, qui a jeté les bases du Monaco de demain. Un discours ambitieux et modeste à la fois, sans langue de bois, qui a posé les principes d’un Monaco vertueux, ouvert sur le monde, dans lequel chacun a ses droits et ses devoirs. Le deuxième est bien entendu les naissances du prince héréditaire Jacques et de la princesse Gabriella, qui ont rempli le pays de bonheur. Tous les monégasques, les enfants du pays, les résidents ou tout simplement les personnes qui ont un attachement pour la Principauté ont ressenti une immense fierté ce jour-là.
Les accords de 2005 ont permis de gagner en indépendance vis à vis de la France. La prochaine étape c’est un ministre d’état monégasque ?
C’est dans l’ordre des choses, mais pourquoi se presser ? Le nouveau conseiller pour l’Intérieur est monégasque, c’est déjà une évolution importante. Chaque chose en son temps. La prochaine étape est de négocier un accord avec l’Union européenne, qui permettra à la fois à nos entreprises d’exporter librement dans un marché de 600 millions de personnes et de préserver nos spécificités. On verra après.
_Propos recueillis par Milena Radoman
