Les ETF (Exchange Traded Funds), ou fonds indiciels listés, connaissent un succès grandissant en Europe auprès des particuliers. Ces produits financiers permettent d’investir facilement et à moindre coût dans un panier d’actions ou d’obligations qui réplique la performance d’un indice boursier ou d’un secteur d’activité. Explications.
Apparus il y a plus de trente ans aux États-Unis, les ETF (Exchange Traded Funds), aussi appelés trackers ou fonds indiciels cotés, connaissent une expansion fulgurante en Europe depuis quelques années. D’abord privilégiés par les institutionnels en quête de produits de couverture de leurs portefeuilles, l’usage des ETF s’est largement démocratisé et séduit désormais de nombreux épargnants particuliers. L’apparition des plateformes en ligne et la démocratisation de la finance y sont pour beaucoup.
Derrière un terme qui peut sembler complexe, le principe de ce nouveau produit financier est simple. Au lieu d’investir dans des actions individuelles, vous achetez un panier d’actions et/ou d’obligations, un fonds composé de dizaines voire de centaines de titres. Ces fonds promettent de répliquer le plus fidèlement possible la performance d’un indice boursier, d’un secteur d’activité ou encore d’une zone géographique.
Des ETF indiciels, sectoriels, géographiques…
Les ETF globaux sont notamment très prisés à l’instar de l’indice MSCI World, qui suit la performance des grandes et moyennes capitalisations de 23 pays développés à travers le monde. Il comprend plus de 1 500 actions. Sur les trente dernières années, il a offert un rendement annuel moyen de 7,9 %. Citons aussi l’indice MSCI Europe qui suit quant à lui la performance des grandes et moyennes capitalisations de 15 pays développés européens. Il est composé d’environ 400 entreprises représentatives des principaux secteurs économiques du continent. Si vous souhaitez suivre les performances des 40 plus grandes entreprises françaises, vous pouvez opter pour un ETF répliquant le CAC 40. Si vous préférez miser sur les mastodontes américains vous pouvez vous tourner vers un ETF Nasdaq ou S&P 500. Ce dernier a enregistré un rendement annuel moyen de 10,8 % sur les 30 dernières années. Et puis il y a les ETF sectoriels. A titre d’exemple, l’ETF MSCI World Health Care suit la performance des grandes et moyennes capitalisations du secteur de la santé dans les pays développés. Il existe par ailleurs des ETF thématiques (vieillissement de la population, ESG ou encore matières premières).
En plus des rendements, les propriétaires d’ETF engrangent des dividendes et ils peuvent le faire de deux manières. Dans un ETF à distribution, les dividendes des titres détenus dans le fonds sont versés directement aux investisseurs, généralement sous forme de paiements trimestriels, semestriels ou annuels. Dans un ETF à capitalisation, ils sont réinvestis automatiquement dans le fonds, ce qui permet de compenser les frais et d’augmenter la valeur de la part de l’ETF.
Frais réduits et gestion simplifiée
L’avantage des ETF, c’est qu’ils sont plutôt sécurisants car intrinsèquement diversifiés, éliminant ainsi le risque spécifique des actions individuelles : le rendement ne dépend pas de la santé d’une seule entreprise. Il reste évidemment le risque systémique et les ETF ne comportent aucune garantie en capital. Il faut donc avant toute chose veiller à ce que la société qui vous vend l’ETF soit agrémentée. Il vaut mieux qu’elle soit également solide financièrement. Autre atout majeur : des frais de gestion très réduits pour l’investisseur, entre 0,2 % et 0,5 % par an contre 1,5 % à plus de 2 % pour leurs concurrents actifs. D’abord parce que les ETF ne nécessitent pas l’intervention d’un gestionnaire qui prend des décisions stratégiques, ensuite parce que les achats et vente d’actions sont moins fréquentes ce qui permet d’économiser des frais de transaction. Et surtout, cette forme de gestion passive séduit de plus en plus d’investisseurs pour sa simplicité d’accès et de suivi. Notons qu’une nouvelle génération d’ETF dits « actifs » émerge. Le principe est le même mais une gestion partielle est intégrée pour tenter de surperformer les indices classiques.
Un engouement record en 2024
L’année 2024 a été marquée par une affluence de capitaux sans précédent vers les ETF. Elle représente même, depuis 2023, la majorité des montants détenus en Bourse dans le monde, d’après une étude de la société de services financiers Morningstar. En Europe, les flux ont atteint 247 milliards d’euros, un record historique. Selon l’Autorité des marchés financiers (AMF), le nombre d’investisseurs ayant réalisé au moins une transaction sur un ETF a été multiplié par quatre entre 2019 et 2024.
Concentration des flux vers les géants américains
L’engouement pour cette nouvelle offre d’investissement comprend un biais : sa composante américaine très forte de par la présence massive des « Magnificent Seven » (Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Nvidia, Tesla, Meta) dans nombre d’ETF. Ceci entraîne une concentration des flux de capitaux sur les plus grandes entreprises technologiques américaines, ce qui gonfle artificiellement leur valeur. Par ailleurs, plus ces géants attirent de capitaux, plus ils deviennent dominants au détriment des entreprises qui ne font pas partie des indices. A terme, cette homogénéité, pourrait déstabiliser les marchés et dans le pire des scénarios, créer des cracks boursiers. Rappelons que la diversité des stratégies employées par les investisseurs est essentielle à la résilience des marchés.
