Né le 31 mai 1923, le prince Rainier a passé une enfance plutôt austère entre le palais princier et le château de Marchais. Retour sur ses jeunes années, rigoureusement encadrées par une nurse anglaise.
Que sait-on de l’enfance de Rainier-Louis-Henri-Maxence-Bertrand, fils de la princesse Charlotte et du prince Pierre (1) ? Qu’elle ne fut pas toujours marquée par l’insouciance… C’est entre le palais princier et le château de Marchais dans l’Aisne — un petit bijou de la Renaissance, propriété des Grimaldi depuis le 19ème siècle — que Rainier, très proche de sa sœur aînée, la princesse Antoinette, passe une partie de ses jeunes années. Les deux enfants, très soudés, sont essentiellement élevés par une gouvernante anglaise, réputée plutôt autoritaire. Son nom : Kathleen Wanstall. Elle n’est autre que la cousine de Winston Churchill… « Ma sœur Antoinette et moi avons été élevés par une nanny. Nous ne rencontrions nos parents que vers 5 heures de l’après-midi. Et pour une heure seulement ! Le reste du temps, nous étions confinés dans la nursery, avait déclaré le prince Rainier à son biographe, Jeffrey Robinson. À cette époque, on se préoccupait beaucoup moins de savoir si les enfants souffraient d’être laissés en arrière. »

La désunion des parents
Une enfance qui fut également marquée par le divorce de ses parents. Mariés en mars 1920, la princesse Charlotte et le prince Pierre divorcent en 1933. Un épisode manifestement douloureux pour la fratrie. « Mon père était un homme très délicat, très sensible. Mais ma mère a été malheureuse presque dès les débuts de son mariage. J’ai énormément souffert de leur mésentente. » Rainier, qui déjà très jeune aimait la compagnie des animaux, mais aussi la poésie, la musique et le sport, passa également une partie de sa vie loin de Monaco pour suivre sa scolarité. Maitrisant parfaitement la langue anglaise, il est envoyé à l’âge de dix ans en Angleterre où il fut élevé pendant un an au collège Summer-Fields de Saint-Leonard’s-On-Sea. « Pantalons courts, douches froides et corrections à coups de canne. Le seul bon moment, là-bas, c’était la boxe. J’ai même remporté le titre de l’école », avait témoigné Rainier. Direction ensuite le collège de Stowe dans le Buckinghamshire, avant d’être envoyé au Rosey en Suisse. Une prestigieuse « école des rois » fréquentée notamment par le duc de Kent ou le Shah d’Iran. Ses études, Rainier les poursuit ensuite à Montpellier où il obtient le diplôme de bachelier ès-lettres, avant de se rendre à Paris où il suit les cours de l’Ecole des sciences politiques.
Dès 1944 : Une carrière militaire
A 21 ans, en 1944, Rainier entame une carrière militaire. Il s’engage tout d’abord comme volontaire au titre étranger dans l’Armée française. « Il est affecté à l’Etat-major du 2ème corps d’armée, commandé par le général de Monsabert. Nommé sous-lieutenant, il prend part, dans les rangs de cette unité, aux opérations de la campagne d’Alsace. Cité à l’ordre de la Brigade, il reçoit la Croix de guerre avec Etoile de bronze », peut-on lire au Journal officiel. Le prince Rainier, qui continue à servir dans les rangs de l’Armée Française, est promu lieutenant, puis affecté à la mission militaire française, section économique, à Berlin. Le 16 janvier 1947, Léon Blum, président du gouvernement provisoire de la République Française, lui confère la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur à titre militaire. En avril 1949, le gouvernement français l’élève au rang de capitaine, et en décembre 1954, lui confère le grade de colonel dans l’Armée française.
(1) Rainier est le fils de la princesse Charlotte, duchesse de Valentinois, née le 30 septembre 1898, à Constantine, décédée le 16 novembre 1977, et du prince Pierre-Marie-Xavier- Antoine-Melchior, comte de Polignac, né le 24 octobre 1895 au château de Kerscamp (Morbihan), devenu Grimaldi par ordonnance souveraine du 18 mars 1920, décédé le 10 novembre 1964.

