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    ECONOMIE/Monaco compte aujourd’hui plus de 5 000 entreprises sur 2 km2. Un dynamisme économique qui mise dorénavant sur l’innovation. Et qui fait fi des obstacles que peuvent représenter le manque ou la cherté des locaux.

    Que ce soit à Astana, Tunis ou Tel Aviv, les dernières missions économiques du Monaco Economic Board, Michel Dotta égrène à chaque fois les arguments massues de la Principauté pour draguer les investisseurs. Un Etat souverain, indépendant et sans dette, une stabilité politique inégalée, dans un monde de plus en plus complexe et changeant, une fiscalité qui privilégie les impôts indirects — l’impôt sur les bénéfices est en fait le seul impôt direct prélevé, qui concerne uniquement les entreprises dont le chiffre d’affaires est réalisé à plus de 25 % en dehors du territoire monégasque… « Monaco est une plate-forme économique dynamique et enregistre une croissance de plus de 5 % depuis 5 ans », assène le président du MEB. Rappelant que la position stratégique de la Principauté, tremplin vers l’Union européenne et ses 495 millions de consommateurs, fait le jeu des 5 283 entreprises de la place.

    Regain d’activité

    Après un ralentissement qui a suivi la crise économique et financière de 2008, Monaco enregistre en effet un regain d’activité. En 2016, la direction de l’Expansion économique a ainsi enregistré 788 créations d’activités — contre 436 radiations. Et le Monaco Welcome Office, point d’entrée obligatoire pour tout nouvel entrepreneur, véritable interface avec les services clés de l’administration, recense 1 300 rendez-vous “qualifiés” par an, pour de vrais projets de créations d’entreprise. Le profil de ces nouveaux entrepreneurs ? « Principalement des personnes qui veulent s’installer à Monaco et gérer de la Principauté leurs affaires au plan international, voire reproduire un succès qu’elles ont obtenu dans d’autres capitales. Mais aussi des Azuréens qui veulent s’impliquer sur le marché monégasque », explique Laurence Garino, directrice du Welcome Office, qui dit « faire du sur-mesure pour orienter les porteurs de projets ». Selon la haute fonctionnaire, ces nouveaux arrivants seraient motivés par « le dynamisme du tissu économique mais aussi par la force du networking, la proximité et la facilité d’accès aux décideurs mais aussi la sécurité des biens, des personnes et des données, celle-ci ayant été renforcée par la création de la l’Agence nationale pour la sécurité numérique. » Structurées le plus souvent en SARL (37 %) ou en nom personnel (36 %), ces entrepreneurs — pour la plupart monégasques, français, italiens et britanniques — visent essentiellement des activités de conseil et services aux entreprises, de commerce de gros dans l’habillement, l’alimentaire, et les cosmétiques. « Ces secteurs représentent 50 % du nombre de créations en 2016. Ils ne sont pas grands consommateurs en m2. »

    Travail-bureau-Entreprise-locaux

    Manque de bureaux

    Car pour Laurence Garino, il existe aujourd’hui un frein à l’implantation d’entreprises : le prix et la disponibilité du m2. Ce n’est pas un mystère à Monaco : la rareté engendre une flambée des prix. « Le loyer reste le poste de dépenses le plus important. Il est souvent difficile de trouver un local ou un bureau au bon endroit et au bon prix ! Surtout certaines surfaces, de 200 à 300 m2… », reconnaît la directrice du Welcome Office, qui présente aux prétendants un panorama des locaux disponibles — qu’il s’agisse de bureaux ou de locaux avec vitrine — tissé auprès des 126 agences de la place. Dans le privé, les bureaux à usage administratif seraient loués entre 500 et 800 euros le m2 par an selon l’emplacement (contre 400 euros dans le public) et les commerces, que ce soit en étage ou en vitrine 400 à 700 euros le m2 annuel. A l’exception du Carré d’or où les surfaces peuvent atteindre 3 000 euros…

    Cette inadéquation entre l’offre et la demande a même amené Michel Dotta à militer, et ce depuis plusieurs années, pour la création d’un “Business Center” à Fontvieille, avec la construction d’une tour de bureaux à des prix corrects. Pas étonnant, d’ailleurs, dans ce contexte que Monaco connaisse une multiplication du nombre de centre d’affaires proposant des bureaux partagés ou exclusifs. « Aujourd’hui, il y a 11 business center. Quand le service a ouvert en 2011, il n’y en avait que 3 ! » constate Laurence Garino. L’Etat compte d’ailleurs aujourd’hui sur la création de surfaces de bureaux sur l’îlot Charles III. L’îlot pourrait accueillir à terme 27 000 m2 de surface tertiaire, 17 000 m2 de surface industrielle, et un ensemble logistique de 8 100 m2. « Cela apportera une bouffée d’air », souffle un entrepreneur de la place.

     

    En bref/

    L’investissement de départ

    Pour tout entrepreneur, il y a des frais fixes à prendre en considération dans son business plan avant de se lancer. Avec une mise de fonds de départ pour le capital de la société de 15 000 ou 150 000 euros si on choisit comme structure juridique une société à responsabilité limité (SARL) ou une société anonyme monégasque (SAM). Ce n’est en revanche pas le cas si l’on opte pour une activité en nom personnel. Au niveau des caisses sociales, il faut compter 1 200 euros par trimestre pour les cotisations de prestations médicales et de retraite d’un travailleur indépendant (CAMTI et CARTI). Enfin, le poste de dépense le plus important reste le loyer. A savoir 800 euros le m2/an dans le privé, pour des bureaux à usage administratif et de 400 à 700 euros le m2 annuel pour un commerce. Les business center de la place proposent différentes formules allant de 250 à 1 200 euros par mois hors taxe.

     

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