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    Créer une société
    en 24h chrono ?

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    TIMING/Si en Nouvelle-Zélande, on peut lancer son activité en moins de 24 heures, à Monaco, c’est mission impossible.

    La Banque mondiale a rendu son verdict dans son Doing Business 2017. C’est la Nouvelle-Zélande qui est désormais considérée comme l’Etat le plus “business friendly”. Balayant les lourdeurs administratives agaçant les entrepreneurs, l’archipel détrône Singapour et arrive en pole position de ce classement qui décortique l’environnement réglementaire appliqué aux PME dans 190 pays. Pas étonnant. Dans le pays des All Blacks, il ne faut que 0,5 jour pour y démarrer son activité, un seul pour enregistrer un titre de propriété et 1,3 an pour boucler une procédure de faillite…

    Délai légal de 3 mois

    Moins de 24 heures pour créer une société à Monaco, ce n’est pas encore pour demain. Si le délai légal est aujourd’hui de trois mois, on peut y arriver — avec un peu de chance — au bout de 30 jours… Un délai incompressible lié au régime d’autorisation préalable. En clair, tout nouvel entrepreneur doit montrer patte blanche et aucune activité économique ne peut commencer sans obtention du sésame gouvernemental. « Ce n’est pas un frein au développement de l’activité économique. Le dispositif d’autorisation, bien qu’allégé, est un élément essentiel de la protection de la réputation de Monaco, et de la qualité de son tissu économique. D’ailleurs, les personnes qui veulent s’installer apprécient généralement cette position. De toutes les façons, un délai de un à trois mois est souvent nécessaire pour trouver un local adapté et des fonds », note Laurence Garino, la directrice du Welcome Office.

    Perception négative

    Reste que ce délai est pourtant souvent perçu comme une lourdeur administrative par des entrepreneurs de la place mais aussi des personnalités politiques. Au conseil national, Thierry Poyet a ainsi toujours pesté contre des délais administratifs trop longs et pour l’instauration d’un guichet unique. « Il faudrait que l’administration se mette à la place des chefs d’entreprises. Analyser tous les process des services concernés, les flux d’informations pour voir comment simplifier la circulation et comprendre pourquoi ça met autant de temps de mettre un coup de tampon », remarque l’élu, qui propose d’inverser la logique. « Pourquoi ne pas faire confiance par défaut ? Accorder une autorisation temporaire le temps pour l’administration de mener son enquête, quitte à prévoir des sanctions pénales en cas de fausses déclarations. La plupart des activités ne sont pas sensibles ou liées à des ventes d’armes… »

    Digitaliser

    Dans le même esprit, l’élu souhaiterait voir se concrétiser l’idée de guichet unique. Inscrit dans la feuille de route princière de 2010, il pourrait, selon Thierry Poyet, rentrer dans le cadre du nouveau “schéma directeur informatique”. A savoir la modernisation des outils de l’administration. Pour le conseiller national, ce serait l’occasion de refondre les procédures pour simplifier la vie des entreprises. « On ne peut pas attendre des semaines pour une augmentation de capital », indique ainsi un investisseur. « Même s’il y a un côté familial, le système est excessivement administratif avec beaucoup de paperasse. On a parfois l’impression d’être dans les années 80. Ce n’est pas paralysant pour la Principauté mais il faudrait digitaliser tout ça », évoque un autre entrepreneur, qui mise sur un effet Macron et ses actions pour la Start Up Nation, qui pourraient doper le coup d’accélérateur donné par MonacoTech, le nouvel accélérateur incubateur de la Principauté. Pour ce financier, le climat a déjà changé. « Je ne serai jamais venu m’implanter en principauté il y a 10 ou 15 ans. Mais aujourd’hui, je suis convaincu que Monaco va devenir une vraie terre d’entrepreneurs. C’est une place unique au monde… pour peu qu’on arrive à bousculer l’administration. »

     

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