Les élus Horizon Monaco Béatrice Fresko-Rolfo et Jacques Rit livrent leur analyse sur le plan logement annoncé par le prince, le débat sur la transmission de la nationalité par mariage ou encore la polémique sur les logements domaniaux vides.
Le plan dévoilé par le souverain qui prévoit de construire 1 831 appartements domaniaux neufs en 15 ans est-il suffisamment ambitieux selon vous au vu de l’évolution démographique monégasque ?
L’annonce d’un grand plan national pour le logement des Monégasques a, indubitablement, été l’évènement majeur qui, lors des séances publiques du budget primitif 2019, a été à l’origine du vote à l’unanimité de ce dernier. Cette observation est une réponse très claire à la question que vous posez quant à l’opinion des élus au sujet de ce plan. Ce plan est avant tout basé sur des projections de données démographiques que nous n’avons pas de raison de mettre en doute. Il est certain que ces projections, varient selon que l’on se situe au niveau de la borne haute ou bien de la borne basse des données statistiques. Le nombre d’appartements à construire annoncé par le gouvernement semble se situer au niveau d’une valeur moyenne de l’évolution démographique, ce qui représente le scénario le plus probable.
Craignez-vous toutefois que ces nombreux chantiers nuisent à nouveau à la qualité de vie ?
En ce qui concerne les nuisances que ne manqueront pas en effet de créer la mise en chantier des nombreuses constructions prévues par ce plan, nous souhaitons faire deux remarques : la première est que le diagramme fourni par le gouvernement représentant les différents projets ordonnés par date de livraison semble montrer un échelonnement assez judicieux des différentes constructions. La seconde concerne un point qui est du ressort de l’exécutif, et au sujet duquel nous ne manquerons pas d’être attentifs dans les prochaines années de cette législature. Il s’agit de la recherche d’un juste équilibre, au niveau de la simultanéité des chantiers entre la part concernant les promotions privées, indispensables à la bonne santé de notre économie, et celle concernant les constructions domaniales, fondamentales pour le maintien de notre cohésion sociale. Par ailleurs, nous espérons que la mise en application des récents textes règlementaires, qui visent à atténuer l’impact environnemental des chantiers, pourra démontrer son effet positif.
La question des logements domaniaux vides a été soulevée par Jean-Louis Grinda : quelle est votre position sur ce sujet ? Vous rapprochez-vous de la position de Stéphane Valeri qui considère ce phénomène comme « marginal » ? Ou considérez-vous comme Jean-Louis Grinda qu’il faut avoir les chiffres réels sur ce sujet ?
Nous souhaitons être très clairs sur ce point : pour les deux élus Horizon Monaco, le fait que chaque monégasque puisse habiter dans son propre pays représente véritablement une grande cause nationale et nous estimons que la finalité ultime de ce plan national pour le logement est de constituer le moyen d’y parvenir. C’est donc, quelque part, un faux problème, que de compter sur l’éventuelle possibilité, pour des familles monégasques, d’habiter un bien immobilier qu’elles possèderaient dans une des communes proches de la Principauté. Par ailleurs, cela reviendrait, en effet, à les inciter à se mettre en contravention avec les termes de la convention franco-monégasque concernant la résidence fiscale. Ainsi, pour nous, compter sur la ressource supplémentaire en logements que pourraient représenter les appartements domaniaux loués mais non occupés, ne changerait rien à l’ensemble du problème.
Un débat sur la transmission de la nationalité par mariage a été lancé. Que préconisez-vous sur ce sujet ?
Au sujet du débat sur la transmission de la nationalité par mariage, nous sommes résolument contre l’abrogation de la loi actuelle. Cette loi représente pour nous une avancée fondamentale au niveau des fondements de la cohésion familiale, et revenir sur le principe égalitaire qu’elle édicte serait tout simplement une régression. En revanche, nous sommes ouverts à une discussion sur l’allongement du délai minimum, suivant le mariage, nécessaire pour l’obtention de la nationalité monégasque par déclaration.
Concernant les demandes dites de “confort”, selon Stéphane Valeri, les candidatures ne représentaient (lors de la dernière commission d’attribution) qu’une quarantaine de dossiers sur environ 400, soit seulement environ 10 %. Ces demandes de confort sont-elles selon vous trop nombreuses ?
Tant que durera la situation de pénurie en matière de logement domanial, il est important que les demandes de confort restent très minoritaires au sein de l’ensemble des demandes. C’est une question de bon sens, et même une question de décence.
Pensez-vous que ce plan logement annoncé par le prince profitera réellement aux enfants du pays ?
De toute évidence la libération progressive d’appartements sous loi 1235 actuellement occupés par des familles monégasques devraient permettre à plus d’enfants du pays de se loger en Principauté. C’est là un autre point important du plan national pour le logement voulu par le souverain.
Propos recueillis par Sabrina Bonarrigo
