En raison de la crise sanitaire, les chantiers publics à Monaco ont dû être arrêtés le 17 mars. Ils ont repris depuis le 4 mai en mode dégradé. Selon Jean-Luc Nguyen, directeur des travaux publics, la crise sanitaire va engendrer un retard dans la livraison des projets d’au moins trois mois. Des dérogations supplémentaires vont-elles être accordées pour rattraper ce retard ? Ses explications.
La quasi totalité des chantiers publics à Monaco ont dû être stoppés en raison de la crise sanitaire. Un arrêt qui a duré environ 50 jours, du 17 mars au 4 mai précisément. Depuis cette date, les chantiers ont repris mais en mode dégradé. Quel sera alors le retard sur la livraison des projets, et quelle est concrètement la perte de productivité sur le terrain ? « De façon certaine, il y a 7 à 8 semaines de retard, puisque cette période n’a pas été travaillée. Ensuite, il y a eu une reprise en mode dégradé, donc avec moins d’efficacité. Cette partie est difficile à quantifier, mais on peut l’estimer à un mois de délai supplémentaire. Je dirais donc que cette crise sanitaire va engendrer environ 3 mois d’impact sur le calendrier des chantiers », estime Jean-Luc Nguyen, directeur des travaux publics
Perte de rendement sur les chantiers intérieurs
En raison des règles sanitaire en vigueur, combien, en moyenne y a-t-il d’ouvriers en moins sur chaque projet ? Selon le directeur des travaux publics, cela dépend du type de chantier. Concernant les travaux qui se déroulent en plein air, comme le quai des Etats-Unis ou l’ilot Pasteur, ce professionnel estime que cela n’a pas d’impact sur le nombre d’ouvriers présents. « En revanche, indépendamment du nombre, on peut imaginer qu’ils ne travaillent pas aussi efficacement qu’en temps normal et qu’il y aura un impact sur la productivité. Mais la perte de rendement est difficile à quantifier à ce stade. » La perte de rendement est toutefois plus forte sur les chantiers intérieurs car il y a plus de contraintes. « Dans des corps d’état secondaires, ou bien pour des travaux souterrains, le nombre d’ouvriers, de fait, diminue. » Les maîtres d’œuvre de leur côté ont plus précisément quantifié cette perte de productivité pour leurs chantiers . Selon eux, la perte de rendement est de 10 % sur les chantiers extérieurs, et 20 % sur les chantiers intérieurs.
Des dérogations pour rattraper le retard ?
Pour rattraper le temps perdu en raison du confinement et d’une reprise des chantiers en mode dégradé, est-ce que des dérogations vont être davantage accordées pour que les entreprises puissent travailler le week-end ou le soir plus tardivement ? « La direction des travaux publics ne prend pas seule ce type de décision. Nos ingénieurs analysent tout d’abord l’incidence calendaire. Est-ce qu’un retard de deux à trois mois aura des conséquences supportables ou pas ? Notre travail est aussi d’évaluer dans quelle mesure un élargissement des plages journalières de travail pourrait atténuer une partie du retard. Il y a également des natures de travaux plus ou moins acceptables en dérogation, explique Jean-Luc Nguyen. On peut envisager que les travaux moins bruyants fassent plus facilement l’objet de dérogations. C’était déjà le cas avant le Covid-19. Mais il est difficile d’envisager une dérogation pour tous types de travaux. Concernant le week-end, nous savons que le samedi est une période sensible, puisque la réglementation a justement évolué fin 2018 à ce sujet. »
