Directrice de l’association azuréenne Méditerranée 2000, Estelle Bellanger forme à de nouveaux comportements et informe enfants et adultes au respect de l’environnement.
A l’appel de la mission pour la transition énergétique, vous avez animé un atelier en ligne sur la démarche zéro déchet. Pourquoi ?
L’association développe la thématique du zéro déchet depuis trois ans. Avec la MTE, il s’agissait de notre première collaboration. Méditerranée 2000 a acquis un vrai savoir-faire grâce à l’opération Objectif zéro déchet que nous menons avec les communautés d’agglomération du pays de Lérins et du pays de Grasse. On accompagne 300 familles. Lors de cet atelier, le but était de s’adresser à des gens qui ont envie mais qui ne savent pas comment faire ou bien à ceux qui veulent aller plus loin.
Quel est l’intérêt de cette pratique ?
La plupart des gens ont acquis le geste de tri. Mais il semble évident que cela ne suffit plus. Il faut trier mais surtout prévenir le déchet à sa source. Le zéro déchet, c’est aussi une manière de préserver sa santé. Lors de mes formations, j’insiste beaucoup là-dessus. Dans le plastique par exemple, il y a beaucoup de molécules qui peuvent migrer dans le corps. Outre le défi environnemental, c’est aussi le moyen d’avoir une vie plus saine et plus intelligente.
A Monaco, quelle est votre implication ?
Depuis 2010, nous sommes liés par une convention avec la direction de l’Environnement. On soutient son plan d’action écoresponsable. On participe aussi chaque année à Monacology et nous serons présents lors de la semaine européenne de réduction des déchets en novembre.
Le but de votre association ?
Elle a été créée il y a 30 ans pour tester des méthodes de replantage d’herbiers de posidonie. A l’époque, son président s’était dit qu’il fallait sensibiliser les plus jeunes à notre Méditerranée, réceptacle des déchets. Depuis, nos missions ont évolué mais l’éducation des plus jeunes reste le socle de nos programmes d’action. Notre orientation reste très liée au développement durable au cœur d’un nouveau monde. Car notre but reste d’accompagner des politiques publiques ainsi que des partenaires privés qui souhaitent s’engager dans une démarche de développement durable.
Vos espoirs pour l’après-crise ?
On espère tous que cette crise a permis d’ouvrir les esprits sur de nouveaux modes de consommation. On a déjà pu observer un changement sur le mode alimentaire. Les sondages d’opinion montrent que les familles achètent de plus en plus de produits locaux. Ce sont des signes prometteurs. Ce que j’espère aussi, c’est que le télétravail se poursuive. On a vu que c’était assez facile de se réunir de manière dématérialisée. Il faut que ces actions persistent et perdurent.
Et au sein de votre association ?
Nous sommes huit salariés. On faisait déjà du télétravail. Je me rends compte qu’il faudrait le faire plus souvent. On travaille bien et mieux. Cette crise nous a permis de réinventer nos ateliers. A Monaco, il s’agissait de notre premier webinaire dématérialisé.
Quel sujet va occuper Méditerranée 2000 cet été ?
Nous lançons une grande campagne interrégionale intitulée Inf’Eau Mer de Marseille à Menton et en Corse à partir du 13 juillet jusqu’à fin août. 150 journées d’action sur le littoral pour sensibiliser directement les usagers des plages à la biodiversité marine. Même en vacances et sur la plage, on peut mettre en œuvre une autre manière de respecter l’environnement marin. Ce que l’on souhaite, c’est instaurer un dialogue. Pour cela, nous pilotons un collectif d’associations qui portent les mêmes valeurs que nous. Et puis en partenariat avec la radio Vinci Autoroutes, nous allons diffuser un spot sur la problématique des masques à ne pas jeter car ils arrivent directement dans notre Méditerranée.
Infos pratiques : www.mediterranee2000.org et www.infeaumer.org.
