Nous vous proposons de découvrir sous un angle nouveau les différents représentants des institutions culturelles monégasques. Voici les confidences de Kazuki Yamada, directeur de l’orchestre philharmonique de Monte-Carlo, qui se livre sur les grands moments de sa carrière, et ses coups de cœur musicaux.
Hormis le piano, quel est l’instrument que vous auriez aimé savoir maîtriser et pourquoi ?
La guitare, car l’harmonie est très présente chez elle, et je trouve que c’est une des plus belles choses au monde. Je choisirais également cet instrument car on peut l’emporter avec nous et en jouer n’importe où, que ce soit à l’intérieur comme à l’extérieur.
Quel est le style musical que vous aimez écouter, hormis la musique classique ?
J’adore le jazz, même si je ne suis pas spécialiste de la question. Tous les morceaux un peu jazzy m’attirent et me transportent. Dans cette veine, j’aime particulièrement Nikolai Kapustin. La musique japonaise fait également partie de mes coups de cœur.
Quel est le plus beau concert de votre vie en tant que spectateur ?
C’est le premier concert que je me suis offert avec mon propre argent. Maestro Gelmetti dirigeait l’Orchestre philharmonique du Japon à Yokohama (Japon), dans une splendide interprétation de la Symphonie n° 1 de Brahms. Je me rappelle encore avoir la chair de poule durant tout le concert.
Quel est selon vous, le talent le plus prometteur sur la scène classique actuelle ? Musicien ou chef d’orchestre…
Il est très difficile pour moi de nommer une seule personne, le nombre de musiciens et de chefs talentueux étant si élevé ! Néanmoins, je peux vous dire que la violoniste norvégienne, Vilde Frang, est pour moi une artiste vraiment spéciale. Quand elle joue, j’ai toujours l’impression que le son vient d’un autre monde !
Quelle est la plus grande fierté musicale de votre carrière ?
Lorsque j’ai remporté le grand prix de direction du Concours international de Besançon en 2009. Les portes de la scène internationale se sont ouvertes grâce à cette victoire, et j’ai eu l’honneur de pouvoir diriger de nombreux orchestres de renom à travers le monde. Un autre merveilleux souvenir est lorsque j’ai pu diriger Jeanne d’Arc au bûcher d’Honegger avec Marion Cotillard à Monaco, Toulouse et Paris en 2015.
Quelle est l’œuvre classique que vous auriez aimé composer et pourquoi ?
Il est extrêmement difficile d’être un bon compositeur… Mais si je devais choisir, j’aurais souhaité être Mozart.
Quel est l’artiste musical actuel avec lequel vous aimeriez collaborer et pourquoi ?
J’adorerais travailler avec des musiciens japonais qui excellent dans la maîtrise des instruments traditionnels. Un de mes plus grands souhaits est de faire connaître l’étendue de leur talent au monde entier.
Quelle est votre chanson française préférée ?
J’adore la chanson française, notamment les œuvres d’Edith Piaf, Maurice Chevalier et Charles Trenet. De plus, de nombreuses chansons ont été traduites en japonais, permettant ainsi d’atteindre un plus large public malgré les différentes nationalités, et je trouve cela merveilleux.
Quel est votre compositeur français préféré ? Pourquoi ?
C’est très difficile d’en choisir un seul, je pense sincèrement aimer tous les compositeurs français ! J’adore Berlioz, Debussy, Ravel, Fauré, Franck, Saint-Saëns, Poulenc, Honegger, Ibert… J’ai même récemment découvert la magnifique musique d’Ernest Chausson, et je suis sous le charme.
Quel est le moment le plus gênant de votre carrière ?
Peut-être lorsque la relation avec un orchestre ne se passe pas aussi bien que prévu, et que j’ai l’impression que nous ne nous comprenons pas.
