3 décès, 6 personnes hospitalisées, 3 en réanimation, 64 cas positifs de résidents et 116 à domicile gérées par le centre de suivi.
Le bilan de santé actuel montre que l’épidémie circule assez peu en principauté. Masques, tests, traçage post-confinement : voici les nouvelles mesures en vigueur.
Même si le conseiller de gouvernement-ministre aux affaires sociales et à la santé rappelle que la pandémie n’est pas terminée, une lueur d’espoir naît à Monaco. Depuis le début de semaine, il n’y a pas eu de cas détectés positifs. Ce qui laisse penser à Didier Gamerdinger qu’en principauté « l’épidémie est contenue et écrasée ». Il indique que les autres activités médicales non Covid-19 au sein de l’IM2S, du centre cardio-thoracique et du CHPG vont ainsi pouvoir redémarrer. La suite de la gestion de l’épidémie engage des questions autour de la distribution et du port de masques, des tests de dépistage et d’un futur traçage pour empêcher une deuxième vague.
3,609 millions de masques chirurgicaux et 274 000 FFP2 dans les stocks
Dans le détail, la principauté dispose à ce jour de 3,609 millions de masques chirurgicaux et 274 000 masques FFP2. « On a engagé pour 9 millions d’euros de commandes à venir », atteste Didier Gamerdinger. Ces convois exceptionnels arrivent par avion au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Allemagne et prochainement à Milan. La sûreté publique monégasque est ensuite chargée de les rapatrier en toute sécurité jusqu’à Monaco. Ces masques seront distribués au personnel soignant ainsi qu’à toutes les branches de service qui en ont émis le besoin à Monaco.
Masque obligatoire ?
Pas encore mais « à ce stade, il est très fermement recommandé de le porter », considère Didier Gamerdinger. C’est même à ses yeux un prérequis pour une bonne levée du confinement. « La santé passera par le port du masque . Tant qu’il n’y a pas de vaccin et de tests fiables, on porte un masque. C’est un acte civique. »
Deux masques en tissus gratuit par habitant de Monaco
Deux masques en tissu par résident monégasque et par mois seront distribués gratuitement. Ce sont les personnes âgées de plus de 70 ans qui en seront, dès demain, les premiers bénéficiaires. Ils proviennent de productions locales des entreprises Banana Moon et de Bettina. 80 000 ont déjà été livrés, 80 000 autres ont été commandés. D’autre part, 120 000 masques en tissu ont été commandés à deux entreprises italiennes. Dans le paquet se trouvera un mot du ministre d’État. D’autre part, des tutoriels vidéos pour leur bon usage seront diffusés toute la journée sur Monaco Info.
Masque vendu aux entreprises pour leurs salariés
Pour les salariés, l’État vendra à prix coûtant aux opérateurs économiques des masques. A ce jour, 25 000 personnes continuent de travailler en principauté. La distribution devrait s’effectuer au sein du stade Louis II. « Il est assez peu vraisemblable que les employeurs décident de ne pas payer pour protéger leurs employés. Ça ne leur coûtera pas vraiment cher et s’ils ne jouent pas le jeu, cela impactera forcément leurs activités », espère le conseiller Gamerdinger.
Encadrement du prix de vente des masques
Par décision ministérielle en date du 15 avril 2020, l’État a choisi d’encadrer le prix de vente des masques dans les officines de Monaco. 2€50 pour un masque chirurgical, 7€50 pour un masque FFP2.
80 000 tests sérologiques commandés
En terme de dépistage, entre 10 à 50 tests PCR sont réalisés par jour au CHPG. Le centre scientifique de Monaco peut également réaliser environ 100 analyses par jour. Des tests sérologiques sont expérimentés à l’hôpital. « 1000 tests ont été reçus pour lesquels on vérifie les marquages et la conformité », prévient Didier Gamerdinger. 30 000 tests ont d’autre part été commandés à une société allemande à Hambourg. « Ils devraient être acheminés en milieu de semaine prochaine. » L’État s’est déjà positionné sur l’achat de 20 000 autres unités. Enfin, 30 000 tests sont commandés à la Chine mais la perspective d’acheminement n’est pas encore trop lisible à ce jour.
Un « système volontaire » pour le traçage post-confinement
Comme d’autres États, Monaco envisage sérieusement la piste du traçage via un téléchargement sur téléphone. « Un système volontaire, insiste Didier Gamerdinger. Si vous vous êtes déclaré positif, toutes les personnes que vous croiserez ou qui sont dans vos contacts seront alertées. Cela permet de les inviter à se faire tester. Cela ressemble aux enquêtes épidémiologiques que nous menions avec les premières personnes contaminées à Monaco. » Guy Magnan, de la commission de contrôle des informations nominatives (CCIN), ainsi que Frédéric Genta, délégué interministériel à la transition numérique, sont consultés. « Il nous faut une approche intelligente. » Singapour, l’Allemagne ou la France sont les pays que Monaco a décidé d’observer pour élaborer son propre système. Les géants américains du numérique Apple et Google seront aussi sollicités.
