Elle a été tour à tour chanteuse, danseuse et courtisane… Personnage féminin incontournable de la Belle Époque, Caroline Otero, a une histoire très étroite avec la Principauté. Née en Espagne en 1868 dans une famille très pauvre, Agustina Otero Iglesias (de son vrai nom), vit une enfance et une adolescence marquées par la misère et la violence. Dès l’âge de 12 ans, elle danse dans les rues, les auberges et les cabarets pour subvenir à ses besoins. Une rencontre avec un banquier est alors décisive dans sa vie. Ensemble, ils débarquent dans le sud de la France et à Monte-Carlo. A peine âgée de 18 ans, la jeune fille galvanisée après avoir gagné trois fois de suite au casino, se prend de passion pour le jeu. Une passion qui ne la quittera jamais. A 21 ans, nouveau tournant. Elle débarque dans la capitale française et débute sa carrière au Cirque d’été et au Grand Véfour. C’est là que les journalistes surnomment cette femme fatale “La Belle Otero”. Une belle qui affole le Tout-Paris et qui fait bien des ravages auprès des hommes… En effet, certains de ses amants malheureux se suicident. D’autres rivaux se provoqueront en duel. Et lors de ses nombreuses tournées, elle séduit tous les messieurs les plus puissants de l’époque : des rois, des aristocrates, des écrivains ou encore des hommes politiques. « Cette grande joueuse se rend régulièrement au Casino de Monte-Carlo au bras de ses soupirants qui mettent généreusement la main à la poche pour éponger ses pertes parfois colossales, raconte la SBM. Elle n’a guère d’estime pour la gent masculine : “Quand un homme est riche, il n’est plus laid”, a-t-elle l’habitude d’affirmer ». En 1915, alors qu’elle est au sommet de sa gloire, la quadragénaire quitte les planches pour laisser d’elle le souvenir d’une femme encore jeune et désirable. Elle s’installe à Nice, et acquiert un manoir, qu’elle ne parviendra cependant pas à conserver. Le démon du jeu la gagne à nouveau et La belle Otéro dilapide des sommes faramineuses à Monaco. « Elle passe son temps au Casino, accumule les pertes et sombre dans la ruine. A partir de 1951 et jusqu’à sa mort, la Société des Bains de Mer verse à Caroline Otéro une allocation annuelle », poursuit la SBM. L’histoire raconte en effet que son avocat sollicite une aide au groupe. Une aide qui lui permet de payer le loyer de son appartement qu’elle occupe dans le quartier de la gare à Nice. L’ancienne maîtresse de nombreuses têtes couronnées décède à 86 ans d’une crise cardiaque, dans le plus complet dénuement, seule et sans un sou.
