Le directeur des Ballets de Monte-Carlo, Jean-Christophe Maillot, lève le voile sur ses préférences artistiques et les plus beaux moments de sa carrière, en tant que danseur et chorégraphe.
Le plus grand chorégraphe de tous les temps à vos yeux ?
Je suis obligé de vous donner deux noms, complètement à l’extrême. D’abord, Merce Cunningham. C’est un chorégraphe qui a libéré du carcan académique la vision que l’on pouvait avoir de la danse. L’équivalent des Demoiselles d’Avignon pour Picasso. C’est un type phénoménal. Intellectuellement, il me satisfait beaucoup. En revanche, voir ses spectacles m’ennuie copieusement (rires) ! Le deuxième est selon moi Maurice Béjart. Ce n’est pas un très grand chorégraphe mais il a eu cette capacité à rendre populaire un art totalement élitiste. Il a également réussi à faire passer l’idée que la danse, par les garçons, pouvait aussi exister.
La création dont vous êtes le plus fier ?
Je dirais Roméo et Juliette. Car c’est un spectacle charnière. Un point central dans ma carrière qui synthétise ce que j’ai fait à Tours pendant 10 ans, et ce que je fais ici à Monaco depuis 25 ans.
Le talent actuel, danseur ou chorégraphe, qui vous impressionne le plus ?
Je dirais Cherkaoui. Je n’aime pas tout ce qu’il fait mais il m’impressionne dans son engagement et sa force de travail. Il a compris le monde tel qu’il est.

LIEUX — « Il est évident que danser, comme on l’a fait au Bolchoï, est assez exceptionnel. »
Le moment le plus marquant de votre carrière de danseur ?
Quand je jouais le rôle d’Armand dans La Dame aux camélias de John Neumeier. Cela a été un aboutissement très important. A ce moment-là, j’ai eu le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’assez rare pour un danseur.
La plus belle salle de spectacle pour se produire ?
Je dirais la salle du Grimaldi Forum car il est très rare d’avoir une scène aussi grande avec un rapport de scène aussi bon. Tout le public peut bien voir. Mais il est évident que danser, comme on l’a fait au Bolchoï, est assez exceptionnel.
Le style musical que vous préférez ?
J’adore la variété ! La musique pour moi est quelque chose qui vous ramène dans une atmosphère. Et la variété me met de bonne humeur. Je travaille sans cesse sur de la musique contemporaine et de la musique classique. J’en écoute tout le temps pour le travail, mais la variété me donne un plaisir plus immédiat.
