Des annulations et des reports en cascade… Toutes les institutions culturelles monégasques ont été lourdement touchées par cette crise sanitaire.
Durant des semaines, les entités vont ainsi batailler pour tenter de reporter certains évènements. Quant aux conséquences budgétaires pour le milieu culturel, pour l’heure, les autorités ne se prononcent pas. Les explications de Françoise Gamerdinger, directeur des affaires culturelles.
Le milieu culturel à Monaco a été très fortement impacté par la crise du coronavirus avec de très nombreux évènements annulés : que voulez-vous dire aux représentants des institutions culturelles pour les rassurer ?
Dès la reprise de l’activité dans les conditions habituelles, notre objectif sera de tout mettre en œuvre pour respecter, autant que faire se peut, la programmation prévue et de programmer à nouveau les événements qui peuvent l’être en fonction des calendriers et impératifs de chacun. Il faut en effet tenir compte que l’attente de notre public, qui aura été privé de sorties et de rencontres culturelles, sera très importante.
Quel est le rôle de la direction des affaires culturelles (DAC) dans cette crise ?
Dès le début de cette crise sanitaire, la direction des affaires culturelles est en lien avec les institutions et associations culturelles pour étudier toute situation, qu’elle soit collective ou individuelle. La première semaine a été consacrée à gérer les urgences, donner les suites qu’il convient aux dossiers en cours et réorganiser le quotidien avec le recours au télétravail. Vis-à-vis des institutions culturelles, il s’agira dès la semaine prochaine de traiter chaque question, en lien avec les services compétents du gouvernement princier, sur des sujets portant sur l’annulation ou le report de leur programmation, du paiement des artistes, du versement de subventions, etc.
Avez-vous pu mesurer la perte financière pour le milieu culturel en raison de cette crise ?
Il est un peu tôt pour se prononcer sur ce point. Ce sera l’étape suivante sur laquelle nous travaillerons en lien avec chaque institution et le gouvernement princier.
Peut-on raisonnablement espérer que les événements culturels du mois de mai soient maintenus ?
Il est difficile de répondre aujourd’hui à cette question tant l’activité de chacun — et donc la programmation culturelle — dépend de l’évolution de cette crise sanitaire.
Les artistes qui venaient de l’extérieur et qui ont été déprogrammés ont-ils été tout de même payés ?
Cette situation est actuellement à l’étude, au cas par cas, selon les modalités des contrats qui avaient déjà été signés.
Pensez-vous qu’à l’avenir, les subventions de l’État accordées aux institutions et aux associations culturelles resteront inchangées malgré cette crise ? Vont-elles voir leurs subventions diminuer ?
Je dirai qu’il est encore trop tôt pour envisager ces questions-là. A l’issue de cette crise, l’État fera un état des lieux des finances publiques, tout secteur confondu, et en tirera les conclusions qui s’imposent pour chacun des domaines, dont la culture.
(1) Interview réalisée le 25 mars.
