SANTE – Les autorités sanitaires monégasques ont mis en place un protocole en cas de suspicion de coronavirus à Monaco.
Que faire si vous présentez des symptômes et que vous avez voyagé dans le nord de l’Italie, ou en Asie du sud-est ? Voici le mode opératoire à suivre.
Comment faut-il réagir si un résident monégasque pense avoir potentiellement contracté le coronavirus ? Depuis la fin du mois de janvier, les autorités sanitaires à Monaco ont mis en place un protocole qui, pour l’instant, reste inchangé. « Jusqu’à présent, ce mode opératoire a fonctionné convenablement, constate Didier Gamerdinger conseiller-ministre aux Affaires sociales et à la santé. S’il faut le faire évoluer nous le ferons évoluer, selon les besoins. L’une des difficultés à laquelle nous sommes confrontés actuellement , c’est qu’il y a aussi la grippe traditionnelle. Les symptômes avec le coronavirus sont sensiblement les mêmes. Il faut donc être prudents .»Ainsi, si une personne à Monaco présente des symptômes de type, température élevée (39 /40 degrés ), avec des tremblements, ou encore des difficultés respiratoires, et si elle a voyagé en Italie du Nord (Vénétie, Lombardie ,région de Milan), ou en Asie du sud-est , un impératif s’impose. Le malade ne doit ni se rendre aux urgences, ni chez le médecin mais doit téléphoner aux pompiers (18 ou 112)
Premier contact avec les pompiers
« Lorsque vous appelez les pompiers, vous allez être en contact avec un opérateur téléphonique qui va vous poser des questions . Il va vous demander si vous présentez des syndromes grippaux, si vous avez séjourné dans une zone exposée au virus, ou si vous avez été en contact avec des personnes exposées. Si c’est le cas, nous catégorisons cette personne comme un cas suspect », explique Norbert Fassiaux, chef de corps des sapeurs-pompiers de Monaco. Les pompiers contactent alors, par téléphone, un médecin référent du CHPG qui va déterminer, en discutant avec le patient, s’il est nécessaire de lever le doute en le transportant à l’hôpital. « Si un transfert au CHPG est décidé, les pompiers transportent le patient avec une tenue de précaution (masque, lunette), tout comme la victime, qui portera , elle aussi, un masque chirurgical ainsi qu’une paire de gants, rajoute Norbert Fassiaux. Sur les réseaux sociaux, on a pu voir des images qui peuvent choquer, mais c’est un principe de précaution pour limiter la diffusion éventuelle du virus. »
Le patient au CHPG : quelles précautions ?
Que se passe-t-il alors une fois que le patient suspect est arrivé au CHPG ? II est admis dans un secteur sécurisé. Ce qui permet de limiter le croisement avec les autres patients. Des « mesures barrières » sont également mises en place. « C’est une procédure habituelle qui existe dans tous les établissements de santé. Y compris en dehors du coronavirus. Ces mesures sont applicables tous les jours pour un certain nombre de patients qui sont à risque de contamination », explique le professeur Yann-Erick Claessens chef du service des urgences du CHPG. Par la suite, le personnel médical va procéder à l’examen clinique pour s’assurer que le patient n’a pas, notamment , une autre pathologie. « Il est en effet possible qu’une autre maladie évidente soit responsable de la fièvre. En revanche, si l’origine géographique, les symptômes, et le délai d’apparition de ces symptômes sont compatibles avec une infection par le coronavirus, on met en place une procédure de prélèvement rhino-pharyngée , comme on le ferait pour le test de la grippe. » Problème : le test diagnostic du coronavirus n’est pas disponible partout et ne l’est pas à Monaco. Seuls quelques établissements de référence existent : à Paris, Lyon, Marseille et dans les prochains jours, à Nice. « Jusqu’à une date récente , les prélèvements étaient adressés à Paris, puis aux hôpitaux publics de Marseille , mais très prochainement , Nice va devenir centre d’analyse. Pour nous, c’est beaucoup plus pratique, car nous allons gagner du temps par rapport au transport », se réjouit Didier Gamerdinger.
Un transfert à l’hôpital Pasteur pour les patients positifs
Si le test du coronavirus est négatif, le patient est rendu à la vie civile, avec, tout de même, des mesures usuelles de protection comme pour une infection virale traditionnelle. A savoir, un confinement relatif (éviter par exemple de rentrer en contact avec des personnes fragiles , malades ou des nourrissons) Si le test est positif , le patient doit resté hospitalisé jusqu’à la guérison. « La négativité absolue du virus doit être confirmée par deux tests négatifs successifs après la résolution des symptômes cliniques » , précise le professeur Yann-Erick Claessens. Si demain, un patient à Monaco s’avérait positif au coronoavirus, resterait-il alors au CHPG ? A priori non. « En accord avec les médecins de Nice, une prise en charge au service d’infectiologie de l’hôpital Pasteur (qui a dédié 40 à 60 lits pour les malades du coronavirus) serait proposée. La logique est d’avoir une cohorte de patients dans le même environnement, avec des professionnels en infectiologie qui pourraient suivre ces patients jusqu’à guérison », rajoute le professeur Yann-Erick Claessens. Une prise en charge au CHPG serait toutefois envisagée en cas d’épidémie dans la région et de saturation des lits à Nice.
