jeudi 30 avril 2026
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    Enfants du pays
    Le changement… d’ici 3 ans

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    Chez les enfants du pays, le contenu du plan national pour le logement a suscité des réactions mitigées. Car pour cette communauté, la situation ne bougera pas d’un iota avant (au moins) l’année 2022. Explications.

    C’est LE problème numéro 1 des enfants du pays à Monaco… Depuis plusieurs années, la plupart d’entre eux ne parviennent plus du tout à trouver un logement sur le territoire monégasque. Ou alors, au compte-gouttes… La cause ? Le secteur protégé est quasi entièrement occupé par des nationaux qui, eux-mêmes, confrontés à une pénurie d’appartements n’ont pas de possibilité de se loger dans les Domaines… Les chiffres livrés durant la conférence de presse le 11 mars témoignent de cette situation : « En 2017, 83 % des logements loués dans le secteur protégé l’ont été à des Monégasques. En 2018, un peu moins. Mais il s’agissait tout de même de plus des deux tiers des logements », a rappelé le président du conseil national, Stéphane Valeri. Le constat est donc clair : « Pour les catégories 3 et 4, il y a une impossibilité de trouver des appartements dans le secteur protégé », déplore Géraldine Motillon, présidente de l’association des enfants du pays. Et ce constat, cette représentante le fait déjà depuis plusieurs années…

    Le gouvernement optimiste

    A la conférence de presse du 11 mars, le ton était pourtant résolument plus optimiste. Le prince Albert, le gouvernement et le conseil national en sont convaincus : le plan qu’ils ont présenté va clairement changer la donne pour cette communauté. Pourquoi ? « Nous allons augmenter le parc domanial de 43 % en 15 ans. C’est considérable. Les besoins en logement des Monégasques seront donc satisfaits. Mécaniquement, des appartements du secteur protégé seront forcément libérés pour les enfants du pays », a indiqué le ministre d’Etat Serge Telle. Même analyse pour le président du conseil national, Stéphane Valeri : « Il est évident que plusieurs centaines de logements du secteur protégé actuellement occupés par des Monégasques vont progressivement pouvoir être attribués aux enfants du pays. Ce sont des logements situés dans des immeubles anciens, construits avant 1947, sans parking, parfois sans ascenseur, avec un confort évidemment inférieur à celui aujourd’hui fourni par les domaines. De plus, les loyers sont au moins deux fois supérieurs à ceux pratiqués dans les domaniaux. Ainsi, lorsqu’on va offrir à ces Monégasques la possibilité d’habiter dans les domaines, ils vont évidemment le faire », estime Stéphane Valeri.

    « Révélateur d’une prise de conscience »

    Sauf que… avant de pouvoir intégrer les appartements du secteur protégé (laissés par les Monégasques), les enfants du pays vont devoir s’armer de (beaucoup) de patience. En effet, pour eux, la situation ne va pas bouger avant au moins trois ou quatre ans. « Compte tenu de la situation de pénurie que nous avons trouvée après notre élection, l’année de grand changement perceptible pour les enfants du pays sera 2022, estime Stéphane Valeri. C’est à cette date qu’il y aura des livraisons massives d’appartements domaniaux neufs, puisqu’il faut trois ou quatre ans pour construire un immeuble. Après cette date, les enfants du pays vont vraiment sentir la différence. » Toutefois, dans cette communauté, cette échéance parait bien lointaine. Alors, pour l’heure, c’est un peu la soupe à la grimace… « Le fait que le prince Albert, Serge Telle et Stéphane Valeri aient parlé dans leurs discours des enfants du pays, est révélateur d’une prise de conscience, d’un désir de les conserver en Principauté, indique Géraldine Motillon, avant de nuancer son enthousiasme. 2022, c’est à la fois proche et lointain. Il faut bien sûr que les nouveaux immeubles domaniaux voient le jour pour que les Monégasques libèrent le secteur protégé, et cela prend du temps. Il faut être réaliste. Les choses bougent mais les améliorations ne seront perceptibles que dans 4 ans au mieux. »

    Ida : les enfants du pays, out

    Un autre point fait grincer des dents cette communauté : a priori aucun appartement ne sera réservé aux enfants du pays dans le projet Grand Ida, alors même, qu’à l’origine, ce projet leur était destiné : « Je déplore vraiment que le gouvernement n’ait pas saisi l’opportunité d’enfin matérialiser les promesses faites en allouant certains appartements du projet Ida aux enfants du pays, regrette Géraldine Motillon. Ce geste, même pour quelques appartements, aurait été un signe fort de cette volonté de nous conserver. D’autant, plus que le projet initial nous concernait. Il s’agit pour moi d’un pas en arrière et d’un manque de courage politique. » Géraldine Motillon regrette également que la piste de quelques appartements “d’urgence” ne soit jamais envisagée. « Elle permettrait de stopper le départ des familles qui doivent quitter leur logement sous 6 mois lorsque ce dernier est repris par les propriétaires ou vendu. Pour ces familles-là, 2022 c’est la fin du monde, alerte-t-elle. Le gouvernement monégasque a su se montrer très réactif pour trouver des appartements en très grand nombre pour les chantiers Apolline, Hector Otto… Lorsque la volonté est réelle de trouver une solution, Monaco sait se donner des moyens rapides d’être réactif. »

    Secteur protégé : un projet de loi avant décembre

    Cette communauté regarde également de près la proposition de loi n° 239 déposée par la majorité Primo ! (voir interview par ailleurs). Celle-ci a pour but de sauvegarder le secteur protégé, et devrait donc profiter aux enfants du pays. Côte calendrier, le gouvernement devrait déposer sa version du texte en décembre prochain (au plus tard). Les éventuels amendements apportés par l’exécutif seront donc scrutés de près. « Il était prévu de construire une trentaine d’appartements pour les enfants du pays dans le projet Ida, mais si notre proposition de loi n’est pas modifiée, c’est au moins une soixantaine de logements chaque année qui seront préservés dans le secteur protégé. C’est-à-dire, deux Villas Ida chaque année. En 10 ans, cela représente 20 Villas Ida ! Et de toute façon le projet Ida ne pourra pas être livré avant fin 2022 », a récemment rappelé Stéphane Valeri.

    Sabrina Bonarrigo

     

     

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