FW 300 était un placement qui devait rendre riche. « On proposait 2 % par mois, donc 25 % par an. C’était largement faisable de faire ce type de rendement avec l’appui de fonds derrière », observe A.V., l’un des prévenus de cette affaire de pyramide de Ponzi. A ses côtés et par vidéoconférence en direct de la maison de Bois-d’Arcy, près de Versailles, J-P.N abonde dans le même sens. « Le capital était garanti par des fonds d’Exelyum Trust. On pouvait faire jusqu’à 8 % par mois, et viser les 100 % par an… Avec 20 salles de marchés dans le monde, ce n’est absolument pas déraisonnable, c’est même la règle. » Sauf que le rendement magique est en fait une belle arnaque qui a fait des victimes à Monaco et en France. Aucune des quatre victimes répertoriées en principauté, pour un préjudice de 470 000 euros, ne s’est portée partie civile au procès qui se déroulait en plein cœur de l’été. « En réalité, ce sont les investissements postérieurs qui vont payer les intérêts des premiers », décrypte le substitut Cyrielle Colle. Pour avoir aidé la justice à démêler le vrai du faux et à rembourser les victimes monégasques, les réquisitions à l’encontre d’A.V., jeune trader déchu, sont clémentes. Les 3 mois avec sursis requis seront suivis par le tribunal. Contre J.-P.N, qui voulait « échapper à ses responsabilités et continuer son système extrêmement lucratif », le substitut demandait 2 ans de prison ferme. Finalement, il écopera d’un an ferme. Le temps pour lui de préparer une nouvelle fois sa défense avant son procès en région lyonnaise où son système pyramidal aurait détroussé 35 millions d’euros à près de 600 victimes…
