CULTURE / La 30ème édition du Printemps des arts se déroule du 14 mars au 13 avril. Un festival décliné sur 5 week-ends qui mettra à l’honneur les cultures hongroise, marocaine et japonaise. Mais aussi deux compositeurs, Haydn et Scriabine.
Chaque année, c’est la même marque de fabrique. Proposer une traversée musicale « qui s’étend du Xème au XXIème siècle. » « Etre inventif, surprendre, faire découvrir tout ce qui peut se produire dans le monde de différent et parfois d’un peu décalé. Mais aussi de très classique. » Marc Monnet, directeur artistique du Printemps des arts depuis 2003, applique la même recette à chaque nouvelle édition. Et ça marche.
Liège
Selon les organisateurs, en moyenne 10 000 spectateurs assistent chaque année à ce festival. Il faut dire que la programmation, classique et parfois très insolite, est très dense, avec au total 5 week-ends musicaux. Pour le concert d’ouverture le 14 mars, le Printemps des arts a décidé de consacrer un portrait musical au pianiste et compositeur russe Alexandre Scriabine (1872-1915) qui est avec Stravinsky (1882-1971) l’un des compositeurs les plus originaux de la musique russe. Sa célèbre Symphonie n° 2 sera interprétée par l’orchestre philharmonique royal de Liège à l’Auditorium Rainier III.

Hongrie
Direction ensuite la Hongrie. Qu’elles soient tsiganes, magyares ou transylvaines, Monnet a choisi de dévoiler les musiques traditionnelles hongroises avec l’ensemble Zengö et ses 6 musiciens. Quelques œuvres du compositeur György Ligeti (1923-2006) seront aussi présentées. Pour la petite anecdote, Ligeti a composé de nombreux thèmes pour le réalisateur américain Stanley Kubrick (1928-1999). Notamment Atmosphères, Requiem, et Lux Æterna qu’on a pu entendre dans 2001, l’Odyssée de l’Espace (1968) et Musica Ricercata dans Eyes Wide Shut (1998).

Luthiste
Après Scriabine, le festival monégasque consacrera le 21 mars un portrait au compositeur autrichien Joseph Haydn (1732–1809) avec le lendemain une nuit baroque à la salle Empire. Les spectateurs découvriront un musicien étonnant : Rolf Lislevand, un luthiste guitariste né à Oslo qui a aussi bien travaillé avec des orchestres baroques en tant que directeur musical, qu’avec des musiciens de jazz ou encore de flamenco. Autre jolie découverte : l’Ensemble l’Amoroso, du nom d’un célèbre concerto de Vivaldi. Ce groupe est composé de 6 musiciens jouant notamment de la viole de gambe, du violoncelle et du théorbe, un instrument à cordes pincées qui ressemble à un grand luth.

Japon
Changement radical d’univers pour le troisième week-end, du 27 au 30 mars, avec plusieurs jours consacrés au Japon. Au programme : de la musique traditionnelle japonaise avec l’artiste Tadashi Tajima qui jouera du shakuhachi, une flûte japonaise. Les curieux pourront aussi profiter à la salle Empire d’une démonstration de la pensée zen et assister à la cérémonie de l’encens et à la cérémonie du thé. Le 28 mars, l’orchestre national de Lyon fera aussi le déplacement à l’auditorium Rainier III pour jouer deux œuvres connues du compositeur japonais Tōru Takemitsu (1930-1990) : Toward the Sea et November Step.

30 ans
Mais s’il y a une soirée à ne pas manquer, c’est le 6 avril puisque le Printemps des arts fêtera ce soir-là ses 30 ans en présence de quelques invités insolites. Entre autres, le poète Charles Pennequin, le clown Housch-ma-Housch ou encore The Vegetable Orchestra. Ce groupe autrichien de onze musiciens a une particularité : ils jouent avec des instruments qu’ils fabriquent eux-mêmes à partir de légumes achetés un peu plus tôt au marché. Exemple : le « paprikatröte » est un instrument à vent fait avec une carotte évidée et trouée et un demi-poivron.
Atlas
Toujours le 6 avril, il ne faudra pas rater non plus sur la place du Casino à 20h30 les trompes de chasse du groupe Le Débuché de Paris. Il s’agit d’instruments à vent utilisés par la vénerie, un mode de chasse ancestral. Enfin, pour le dernier week-end du 10 au 13 avril, le festival mettra à l’honneur le Maroc, avec des artistes venus des montagnes de l’Atlas. Ils se produiront au parking des Pêcheurs. A découvrir notamment : la musique traditionnelle arabe du compositeur Ahmed Essyad ou encore l’ensemble d’Aglagal et l’ensemble des M’almates.
_Sabrina Bonarrigo
