jeudi 16 avril 2026
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    Municipales 2014
    Les enjeux pour Monaco, ville par ville

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    POLITIQUE / Les élections municipales vont occuper les débats politiques français jusqu’aux 23 et 30 mars prochains. Mais quels sont les enjeux pour Monaco ? L’Obs’ fait le point, à Nice, Menton, Beausoleil, Roquebrune-Cap-Martin et Cap d’Ail.

    Estrosi indéboulonnable ?

    MUNICIPALES 2014 / Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, affrontera à gauche le socialiste Patrick Allemand. A l’extrême droite, c’est l’éclatement. Quatre listes sont en course.

    Il présentera l’intégralité de son programme électoral le 20 février. A 58 ans, le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, se lance pour la deuxième fois dans la course aux municipales. Elu en 2008 au second tour avec 35,80 des voix, l’ex-champion de France de moto qui domine actuellement les sondages, devrait s’imposer assez facilement dans cette ville acquise à la droite.

    « Laxisme »
    Sans surprise, Estrosi compte mettre le paquet sur la politique sécuritaire : « Il faut faire face au laxisme du gouvernement socialiste. » Sa solution ? Accroître le nombre de caméras de vidéo-protection en fonction. « Il y en a aujourd’hui 1 pour 380 habitants. Dans six ans, il y en aura une pour 230 habitants, c’est-à-dire 500 de plus, prioritairement installées sur nos collines. » Sauf que, gros bémol : bien que Nice compte le plus grand nombre de caméras de surveillance de France et les plus gros effectifs de policiers municipaux (380, un pour 902 habitants), les chiffres de la délinquance niçoise sont très mauvais. Selon un classement publié par L’Express fin novembre 2013, Nice arrive en 401ème position sur 408 en matière d’atteintes aux biens et en 389ème pour les violences aux personnes.

    « Echec »
    D’ailleurs, pour son opposant PS Patrick Allemand, pas de doute : « La sécurité est un échec cuisant. La délinquance baisse partout dans les Alpes-Maritimes, sauf à Nice qui devait être un laboratoire modèle de la sécurité grâce à la vidéosurveillance. Les atteintes aux personnes et les braquages ont explosé. » Estrosi affirme aussi qu’il s’opposera à la suppression des peines planchers, à la baisse des expulsions des clandestins et à l’intégration de la Roumanie et de la Bulgarie dans l’espace Schengen. Côté social, le président de la Métropole Nice Côte d’Azur annonce trois mesures phares : ouvrir un nouveau foyer pour les femmes victimes de violence, créer un foyer pour les femmes seules avec enfants en situation de précarité ou encore développer un restaurant solidaire en faveur des familles avec enfants.

    « Endettement »
    A 54 ans, le candidat socialiste Patrick Allemand se présente donc à nouveau face à Estrosi, cette fois avec la liste « Un autre avenir pour Nice. » Le premier vice-président du conseil régional de PACA dénonce « l’endettement colossal » de la métropole niçoise : « 1 milliard, soit trois fois plus qu’en 2008 ! Alors même qu’il n’y a pas eu d’investissement massif : 400 mètres de tram en 6 ans. Et que les impôts locaux ont augmenté de près de 20 %…» Autre reproche : les promesses sur le logement : « Le déficit en ce qui concerne les logements sociaux pèse non seulement sur les 10 000 personnes sur liste d’attente, mais aussi sur les classes moyennes. Car ce manque tire le marché privé à la hausse. Les loyers sont prohibitifs et l’accès à la propriété pour les actifs devient de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes actifs. Et une ville qui n’attire plus les actifs est une ville en déclin. »

    Gratuité
    Côté programme électoral, Allemand souhaite réaliser « en surface » la ligne 2 du tramway est-ouest : « Ce qui permettrait de réaliser des économies substantielles par rapport au projet de souterrain du maire et d’envisager une liaison de la ligne 1 jusqu’à La Trinité et la desserte du grand stade. » Cet élu PS souhaite par ailleurs une reconversion du stade du Ray. Son idée : bâtir une plaine familiale, « un mini-Vaugrenier », avec le relogement sur place des clubs sportifs, la préservation de la Rotonde et de la tribune sud utilisée pour créer un cinéma de plein air. Sur le volet social, Allemand propose la gratuité des transports publics pour les moins de 18 ans, 150 places publiques en maison de retraite, un réseau de voisins solidaires en faveur des personnes âgées isolées et un plan d’équipement en informatique des écoles. Et aussi la construction de logements sociaux.

    « Indignés »
    A l’extrême droite, les candidats se bousculent. Quatre listes au total devraient s’affronter. Celle de Jacques Peyrat, 82 ans. L’ancien maire de Nice de 1995 à 2008, part à l’assaut de la mairie à la tête d’une liste « Nice Rassemblée », avec le soutien du parti de la France, un parti nationaliste créé par Carl Lang, un ancien FN. Autres listes officielles en lice : celle de Marie-Christine Arnautu du Rassemblement Bleu Marine (RBM) et celle de Philippe Vardon, le patron du mouvement identitaire Nissa Rebela, qui a finalement décidé de faire cavalier seul. Enfin, une candidature concurrente à celle du FN va aussi se présenter : « Les Indignés du Front National de Nice. »
    _Sabrina Bonarrigo

    L’enjeu pour Monaco/
    Infrastructures, dossiers économiques, aménagement

    Interrogé par L’Obs’, Christian Estrosi n’a pas souhaité parler des synergies qu’il souhaite mettre en place avec Monaco. En revanche, son concurrent socialiste, Patrick Allemand, rappelle qu’il a eu l’occasion de créer des synergies avec la principauté en tant que 1er vice-président de la Région, « notamment en développant de façon spectaculaire la qualité et l’offre de transports ferroviaires pour les salariés niçois travaillant à Monaco. » Le candidat PS souhaite « créer des synergies sur tous les projets d’infrastructures ou les dossiers économiques communs, afin de parler d’une même voix face à l’Etat ou éventuellement l’Union européenne (UE). » De son côté, Jacques Peyrat aime rappeler les liens qui le lient à à Monaco. Des liens familiaux, puisque la mère de son épouse était monégasque, (la famille Vatrican). Par ailleurs le directeur du musée océanographique, Robert Calcagno, a été son directeur général des services de la communauté d’agglomération Nice Côte d’Azur en 2002. Pour Peyrat, « il faudra envisager l’aménagement à l’est de notre ville de Nice et derrière la principauté, du plateau Tercier, nécessaire à l’implantation de nouvelles entreprises, à l’instar de ce que fût Sophia Antipolis, Saint-Isidore. Et ce que sera l’opération d’intérêt national de la plaine du Var. »_S.B.

    Guibal à la conquête d’un cinquième mandat

    MUNICIPALES 2014 / Le maire UMP Jean-Claude Guibal brigue un cinquième mandat consécutif à Menton. Face à lui, trois listes tenteront de faire basculer cette ville acquise à la droite.

    © Photo L’Obs’

    A 73 ans, Jean-Claude Guibal le jure. Son énergie est « intacte » pour assurer un cinquième mandat consécutif dans cette ville d’un peu moins de 30 000 habitants. Le député-maire UMP de Menton, élu depuis 1989, dit vouloir mener « une liste de la droite et du centre. Républicaine, patriote et humaniste. » Elu avec 58,78 % des voix aux municipales de 2008, ce baron de la politique locale ne souhaite pas, pour le moment, dévoiler dans le détail son programme électoral. Mais juste ses ambitions.

    Réalisations
    « En 25 ans, notre ville s’est transformée. Chacun peut en juger. Aussi bien dans les actions du quotidien que dans les grandes réalisations : la couverture du Careï, la construction de collèges, la station d’épuration, les plages publiques et privées, les requalifications de la voirie, le musée Cocteau ou encore Sciences-Po. En plus de doter Menton de toutes les infrastructures d’une ville-centre, ces réalisations nous ont permis d’en préserver son authenticité, son identité et celle de ses habitants. » Dans une ville acquise à la droite, l’actuel maire de Menton devra faire face à son éternelle opposante, Pascale Gérard, vice-présidente PS de la région PACA. Cette fois, la candidate se présentera sans étiquette à Menton « avec des personnalités politiques mentonnaises de tout bord. »

    100 actions
    « Après une longue période d’hibernation, il est nécessaire que Menton se réveille ! » juge Pascale Gérard. Voilà pourquoi elle souhaiterait lancer « plus de cent actions concrètes d’ici 2020. » Son premier souhait : créer un grand projet d’aménagement à Garavan « avec la création d’un espace de loisirs familial, entre terre et mer, avec piscine, espace aquatique pour tout âge, bowling et complexe sportif. » Son second projet : assainir les finances de la ville en baissant notamment la taxe d’habitation. Objectif : « Favoriser l’implantation d’actifs. » Pascale Gérard l’assure. Elle sera « le maire de la décrue fiscale. » Côté sécurité, elle souhaite une augmentation de 25 % des patrouilles d’interventions nocturnes. Et pour dynamiser l’ensemble du secteur économique, Pascale Gérard souhaite la gratuité des bus le samedi et le dimanche, la création d’un festival de musique pop, rock et de variétés ou encore l’ouverture d’une pépinière d’entreprises. Enfin, elle milite pour la création « d’un établissement municipal pour personnes âgées dépendantes, avec une unité spécifique pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. »

    « Humiliation »
    Pour cette opposante, l’ère Guibal a connu de nombreux échecs. D’abord, le logement. La vice-présidente PS de la région PACA dénonce « une politique favorisant la résidence secondaire (40 % de résidences secondaires) au lieu de favoriser la population active et la résidence principale. » Mais aussi « la fuite en avant des deniers publics. Monsieur Guibal favorise des projets pharaoniques, tout en endettant durablement la ville. Menton est la 5ème ville la plus endettée du département. » Mais pour elle, la plus grande « humiliation » c’est « d’avoir intégré la métropole niçoise en 2010. Menton possède une communauté de destin avec la principauté, pas avec Nice ! »

    « Autoritaire »
    Autre adversaire pour Guibal : l’extrême-droite, avec Lydia Schénardi, investie par le parti Rassemblement Bleu Marine. Cette secrétaire départementale du FN dans les Alpes-Maritimes avait fait un bon score lors des législatives 2012. Dans la 4ème circonscription, la candidate avait obtenu 42 % des voix au second tour à Menton. Une rivale également très critique sur le bilan du maire en place : « Il y a une tendance très nette à avoir privilégié une politique d’aménagement urbain qui flatte l’apparence par des réalisations coûteuses et sûrement pas nécessaires, comme le musée Cocteau, au détriment d’une action en profondeur moins « bling bling ». » Si Lydia Schénardi considère la longévité de Guibal à Menton comme « un gage de continuité dans l’action municipale », elle dénonce toutefois « l’usure manifeste d’un pouvoir qui pourrait au fil des années l’avoir conduit à une gestion de plus en plus exclusive, autoritaire et patriarcale des affaires communales. » Selon la candidate FN, côté sécurité, la situation se dégrade à Menton : « Agressions, incendies de voitures, tags sur les façades, bris de glace des abribus… Autant de phénomènes récurrents nouveaux ici. »

    « Inabordables »
    Autre candidat en lice, Jean-Michel Cucinelli pour le Front de Gauche. Sa principale préoccupation : le logement : « Les jeunes ne peuvent plus se loger sur Menton. C’est une question qui intéresse aussi les salariés vivant à Menton et travaillant en principauté. Les prix des loyers sont inabordables. Il faut donc un programme sérieux de construction de logements sociaux pour répondre aux besoins et se mettre en conformité avec la loi SRU (1) qui préconise un taux de 25 %. Or, à Menton, le taux est de 10 %… La spéculation immobilière a fait des ravages et la priorité a été donnée aux projets de grand standing. » Voilà pourquoi Jean-Michel Cucinelli veut rénover « dans l’ancien », sous la forme de petites unités de logements sociaux, « répartis harmonieusement. » Ce partisan de la démocratie participative se dit aussi favorable à la création d’un lieu multi-culturel « où la jeunesse pourrait se rencontrer. »
    _Sabrina Bonarrigo

    (1) La loi sur la solidarité et le renouvellement urbain (SRU) a été adoptée sous le gouvernement de Lionel Jospin, en décembre 2000.

    L’enjeu pour Monaco/
    Cruella, logements, transports

    Pour l’UMP Jean-Claude Guibal, l’un des projets prioritaires, c’est la carrière de la Cruella : « Ce grand trou, situé à la Turbie en contrebas du péage de l’autoroute, pourrait être comblé par un « mille-feuille » de planchers et pas par des matériaux inertes. Ce qui permettrait de disposer d’environ 300 000 m2 pour accueillir des parkings, des bureaux, des locaux d’entreprises et des logements. Un tel projet n’est sans doute pas facile à mettre en place. Il est pourtant stratégique, tant pour la principauté que pour l’est des Alpes-Maritimes. » De son côté, la candidate Pascale Gérard réclame la création de logements pour actifs : « 40 % des salariés de Menton travaillent à l’étranger, c’est-à-dire à Monaco. Cependant malgré la croissance monégasque de 1 000 emplois/an, la population de Menton baisse. Et les actifs de Monaco se logent de plus en plus loin à l’est, c’est-à-dire à Nice et au-delà, sans utiliser le potentiel de Menton. C’est contraire au développement économique durable et à la « communauté de destin » entre Monaco et Menton. » Cette candidate souhaite aussi rencontrer dès le mois d’avril le ministre d’Etat et les conseillers concernés pour mettre en place « un plan de coopération 2015/2020 Monaco-Menton. » Alors que pour le FN, Lydia Schénardi plaide pour la création d’une commission tripartite avec « l’agglomération monégasque et l’agglomération Vintimille-SanRemo. » Objectif : discuter notamment des problèmes de transports. Enfin le Front de Gauche et Jean-Michel Cucinelli, souhaitent que soit étudiée la possibilité d’une liaison maritime entre Menton et Monaco._S.B.

    Cesari vers un 4ème mandat ?

    MUNICIPALES 2014 / Le maire UMP de Roquebrune-Cap-Martin, Patrick Cesari vise un 4ème mandat. Face à lui, deux opposants déclarés : la liste divers droite de Marie-Christine Franc de Ferrière et la liste gauche républicaine de Francis Leborgne.

    © Photo L’Obs’

    Il cumule au total 18 ans de mandat. A 61 ans, Patrick Cesari, se lance pour la 4ème fois consécutive dans la course aux municipales à Roquebrune-Cap-Martin. Le président de la communauté d’agglomération de la Riviera française (CARF) le jure. Depuis sa prise de pouvoir en 1995, il n’a rien perdu de sa « détermination » et de son « envie de servir » sa commune. Celui qui se qualifie comme « un élu de proximité constamment sur le terrain » aura le 23 mars prochain deux opposants déclarés. La liste divers droite « Ensemble pour Roquebrune-Cap-Martin » de Marie-Christine Franc de Ferrière et la liste gauche républicaine « Servir Roquebrune » de Francis Leborgne. A priori, pas de gros suspens dans cette commune de 12 500 habitants où la liste de Patrick Cesari, investi par l’UMP, l’a emporté en 2008 dès le premier tour, avec un peu plus de 63 % des voix.

    Eco-quartier
    Cesari profite aussi d’une actualité qui lui sera sans doute favorable : l’inauguration le 6 février de l’Eco-quartier Cap Azur dans le quartier de Carnolès. Les responsables de Bouygues Immobilier ont même fait le déplacement. Une jolie pub avant les échéances électorales. Ce projet comporte au total 7 bâtiments. 279 logements, dont 101 logements sociaux, et 70 résidence de tourisme, des bureaux et une crèche. Le tout, sur une surface de 7 hectares. Côté aménagements urbains, ce maire UMP a aussi deux autres gros projets en tête. Le premier concerne les terrains de la base aérienne 943 dans le quartier de Carnolès, fermée en juillet 2012. Sur cette superficie de 36 000 m2, Cesari souhaite installer des équipements publics de type « centre de secours, gare multimodale, parking souterrain, ou encore une salle polyvalente culturelle. » Mais aussi des « activités économiques locales » et des « logements pour actifs locaux, en location et en accession. » Sans oublier un espace « végétalisé. » Autre gros projet : la création de parkings souterrains au vallon de Saint-Roman. Un terrain où des logements pour les actifs locaux pourraient aussi être construits. Côté sécurité, le maire souhaite poursuivre le programme de vidéo protection. 15 caméras sont d’ores et déjà en fonction sur la commune.

    Toxiques
    Face à lui, le vice-président du Conseil général des Alpes-Maritimes aura Marie-Christine Franc de Ferrière, à la tête d’une liste divers droite. Une opposante particulièrement critique sur la gestion du maire en place : « Il n’y a aucune maîtrise des finances publiques, aucune transparence du budget, pas d’investissements. Les dépenses de fonctionnement sont inconsidérées. Sans parler des emprunts toxiques (1) cachés au conseil municipal. La ville perçoit 40 % de ressources en plus que les villes de même taille et investit 40 % de moins que ces mêmes villes. Roquebrune est endettée de 55 % de plus que les villes de même taille (2). » Autre critique : la commune est selon elle, « en sous-développement touristique. Elle perd régulièrement des chambres d’hôtel. »

    4,98 euros/m3
    Le prix de l’eau est aussi dans le viseur de cette opposante. Un prix qu’elle qualifie « d’exorbitant » à 4,98 euros/m3 : « Plus cher que les villes les plus chères, comme Béziers ou Le Havre ! Et plus cher de 49 % que le prix de l’eau renégocié de Menton. » Concernant la gestion générale de la commune, la tête de liste estime que « le personnel est nombreux, très mal géré et mal considéré. » Mais aussi que « de nombreux permis de construire sont en procédure judiciaire. » Côté programme, Marie-Christine Franc de Ferrière souhaite revaloriser le tourisme sur Roquebrune : « La ville n’est pas assez soignée pour recevoir les touristes : escaliers cassés sur la promenade Le Corbusier, les plages face à Monaco ont été fermées pendant l’été 2013 pour pollution, le village ancien n’est pas mis en valeur… Il n’y a pas non plus de site de rencontre, de salle de spectacle ni de site d’amusement. » Autre souhait de Marie-Christine Franc de Ferrière : « Accueillir des entreprises de l’économie numérique. »

    « Autocratique »
    Déjà candidat en 2008, Francis Leborgne se représente à nouveau en 2014. Il mènera une liste gauche républicaine, qui rassemble « l’extrême gauche, les radicaux de gauche, le Parti Socialiste (PS), Europe Écologie Les Verts (EELV), mais aussi les associations féministes. » Cet adversaire de Cesari dénonce « le mode autocratique » de gestion de la commune. « Monsieur Cesari se pense habilité à décider personnellement de tout sur la commune, sans consulter la population sur les aménagements ou les services publics qui conditionnent leur vie. Une fois tous les 6 ans, il se soumet au scrutin, qu’il considère comme un blanc-seing permanent. Pas de consultation sur l’aménagement de la maison de retraite, sur celle de la station d’épuration, pas plus que lorsqu’il avait décidé d’envoyer tous nos services publics… A Nice ! »

    -50 %
    Côté programme électoral, Leborgne propose une baisse de 50 % de la taxe d’habitation pour les résidents permanents. Pour compenser cette baisse, il envisage une légère augmentation de la taxe foncière : « Cette mesure aidera surtout les ménages en location et dans une moindre mesure les propriétaires résidents permanents. Par son impact dissuasif sur l’établissement de résidences secondaires, cela poussera au développement de l’accession à la propriété des actifs. »
    _Sabrina Bonarrigo

    (1) Voir notre dossier complet sur les prêts toxiques dans la région publié dans L’Obs’ n° 104.
    (2) Dans un rapport, en avril dernier, la chambre régionale des comptes a critiqué la gestion de la ville. En effet, la dette de Roquebrune-Cap-Martin s’élève à 21 millions d’euros. Patrick Cesari a répondu que « les emprunts engagés ont une raison d’être, car ils correspondent à des investissements relatifs à la réalisation d’infrastructures durables ou à des acquisitions foncières. »

    L’enjeu pour Monaco/
    Télétravail et navettes maritimes

    «De nombreuses actions communes ont d’ores et déjà été réalisées sur le plan culturel (Manifestation ART BRE), sportif (course des Riviera, régate…), environnemental (convention de reboisement Mont-Gros) et des transports (ligne de bus CAM à Saint-Roman) », liste Patrick Cesari qui souhaite développer d’autres perspectives avec Monaco, notamment « en matière de télétravail. » Le candidat de gauche, Francis Leborgne voudrait lancer « un projet de navettes maritimes. » Côté circulation, la candidate divers droite, Marie-Christine Franc de Ferrière, souhaite de son côté « qu’un nouvel accès à Monaco » soit étudié entre la principauté et Roquebrune : « Notre ville est un véritable entonnoir pour le flux de circulation est-ouest et l’arrivée à Monaco. Le quartier de Saint Roman est totalement asphyxié par la circulation vers Monaco. »_S.B.

    Spinelli face à trois candidats

    MUNICIPALES 2014 / Le maire sans étiquette Gérard Spinelli vise un quatrième mandat à Beausoleil. Il aura face à lui deux listes, également sans étiquettes, menées par Robert Vial et Alain Garelli. Une liste Rassemblement Bleu Marine pourrait aussi entrer dans la course.

    © Photo L’Obs’

    «La responsabilité d’être maire est un travail à plein temps. Je suis dans l’action, par nature et tempérament. Pour Beausoleil, je n’hésite pas à « mouiller » ma chemise. » Dans son tract de campagne, Gérard Spinelli, 59 ans, promet une détermination sans faille. Elu pour la première fois en 1989, puis en 1995, battu en 2001 par Robert Vial et enfin réélu en 2008 avec 55,24 % des suffrages, le maire de Beausoleil, ex-centriste aujourd’hui sans étiquette, se présente pour la 5ème fois aux suffrages des Beausoleillois.

    « Avancées »
    « Fier » d’avoir contribué au « développement de la commune », Spinelli insiste sur plusieurs « avancées » de ses précédents mandats : « Nous avons réalisé tous les parkings de Beausoleil, soit 1 300 places, tous nos ascenseurs publics, aménagé le coeur de la ville, c’est-à-dire la place de la Libération, le boulevard de la République et la zone semi piétonne. On a aussi créé les services à l’enfance, deux crèches, des équipements socio-culturels… » Pour cette commune de près de 15 000 habitants, Spinelli dit aussi avoir négocié de grands dossiers. Notamment une baisse « record » du prix de l’eau de 39 % « pour la grande majorité des Beausoleillois. » Autre victoire que Gérard Spinelli rappelle : s’être battu « avec succès » contre l’intégration « non concertée » de Beausoleil dans la métropole niçoise.

    Braquage
    Après l’agression d’un policier municipal à Beausoleil le 30 février 2013, le braquage d’un Carrefour City aux Moneghetti le 22 février 2013 et des incivilités à répétition sur la commune, le maire sortant promet de « gagner la bataille pour la sécurité. Nous serons aussi mobilisés autour de plusieurs grands projets : la réalisation du parc naturel de Grima, mais aussi d’une maison de retraite médicalisée. On veut permettre aux familles de garder leurs ainés sur la commune. Nous équiperons aussi le quartier des Moneghetti d’une grande salle municipale d’animation et souhaitons créer avenue du général de Gaulle, un centre culturel, qui regroupera nos écoles de musique et de danse, un espace d’exposition, une salle polyvalente, le cyberespace… ».

    « Miroiter »
    Gérard Spinelli devra affronter la liste sans étiquette menée par Alain Garelli. Adjoint à l’urbanisme et aux écoles dans l’équipe de Spinelli de 1995 à 2001, Garelli se décrit comme « un homme de terrain » et « pas de communication. » Le principal reproche qu’il adresse au maire sortant ? Ne pas avoir respecté les engagements pris en 2008 : « Nous préférons les propositions concrètes et pragmatiques aux discours démagogiques qui font miroiter monts et merveilles et finissent au cimetière des promesses électorales. En reprenant le programme 2008 de Gérard Spinelli, nous avons constaté que 47 promesses non pas été tenues… » Notamment « la construction d’une maison de retraite médicalisée de 50 lits, la construction d’un gymnase au Devens ou encore la construction d’un parking en centre-ville. » Alain Garelli mise sur un programme construit autour de 4 domaines principaux : la sécurité, le social, le stationnement et les commerces. Ce « Beausoleillois convaincu » souhaite aussi « renouer le dialogue avec les administrés. » Avec par exemple « toutes les semaines des permanences avec les élus dans les gros quartiers de la ville. »

    « Tapageuses »
    Autre candidat en lice : Robert Vial. A 72 ans, cet ancien maire élu en 2001 et ex-conseiller général UMP de Beausoleil se lance à nouveau dans la course aux municipales (1). Cette fois, il mènera une liste sans étiquette. Parmi ses priorités : la sécurité : « Je veux donner les moyens à la police municipale de se professionnaliser davantage. Nous souhaitons aussi la création d’un poste de police permanent aux Moneghetti. » Vial souhaite aussi lancer des travaux et reprendre en main le terrain Cursi situé aux Moneghetti. Objectif : construire des appartements, une crèche, une cuisine centrale mais aussi des places de stationnement. Côté environnement, ce candidat souhaite la mise en place d’une brigade dédiée « qui puisse intervenir à tout moment pour assurer la propreté ou encore contrôler les encombrants. » Mais c’est sur la gestion des finances municipales que Vial se montre le plus sévère : « La municipalité Spinelli n’a jamais hiérarchisé les dépenses prioritaires et s’est engagée ces dernières années dans des dépenses dispendieuses et tapageuses. Quel sera l’héritage financier de ces 6 ans de gestion ? »

    « Vigilants »
    Dernier candidat potentiel en lice : Jean-Jacques Guitard investi par le parti Rassemblement Bleu Marine (RBM). Alors que L’Obs’ était en bouclage le 13 février, ce candidat n’avait pas encore réussi à réunir suffisamment de colistiers. Il a jusqu’au 6 mars pour le faire. En revanche, son programme électoral est déjà bien rodé, avec les thèmes habituels du FN. Guitard déplore ainsi une « insécurité grandissante » dans la ville : « Trafic de drogue, agressions, cambriolages tous les deux trois jours, incivilités envers les commerçants et envers notre police… » Ses idées dans ce domaine : mettre en place un numéro vert 24h/24 pour joindre la police municipale, améliorer l’éclairage public et le système de vidéo protection ou encore mettre en place un dispositif organisé autour des « voisins vigilants », déjà en place à Nice (voir notre article sur Nice).
    A noter enfin que Brigitte Hourtic et François Tallarida, élus de gauche au conseil municipal, ont annoncé qu’ils renonçaient à conduire leur liste « Beausoleil-démocratie. La gauche et l’écologie » lors de ces municipales.
    _Sabrina Bonarrigo

    (1) Robert Vial a été privé de son siège de conseiller municipal par le tribunal administratif de Nice suite au rejet de ses comptes de campagne en septembre 2008.
    (2) Beausoleil a accueilli en octobre 2013 le festival Les héros de la télé, une manifestation consacrée aux séries et aux acteurs télé.

    L’enjeu pour Monaco/
    Stade des Moneghetti et circulation

    Pour Gérard Spinelli, il est primordial de « maintenir l’esprit de concertation » avec Monaco. Parmi les projets qui concernent Beausoleil et la principauté, il y a la réalisation d’un parking au stade des Moneghetti. Un projet « programmé par la municipalité qui est vital pour le quartier. Ce qui ne veut pas dire que la possibilité d’une opération commune avec Monaco soit abandonnée pour autant. La réalisation d’un parking sous le stade est à nouveau à l’étude avec Monaco. Si la principauté s’engageait à nos côtés dans la réalisation d’un parking de plus grande envergure, l’expropriation du tréfonds du stade ne serait plus nécessaire », souligne Spinelli. De leurs côtés, Jean-Jacques Guitard (RBM) et les candidats sans étiquette Garelli et Vial veulent que « des solutions de circulation et de stationnement » soient trouvées pour fluidifier la circulation. Le candidat FN souhaite même qu’un maire adjoint soit chargé de s’occuper principalement des relations avec la principauté._S.B.

    Xavier Beck : seul en lice ?

    MUNICIPALES 2014 / Le maire UMP Xavier Beck pourrait être seul en lice pour les élections municipales. L’opposant déclaré, Jean-Marie Amblard, rencontre de grosses difficultés pour réunir assez de colistiers.

    © Photo L’Obs’

    S’il y a bien une commune où le suspens pourrait être totalement inexistant quant à l’issue du résultat, c’est bien à Cap d’Ail. Et pour cause. Jean-Marie Amblard, le seul opposant déclaré à Xavier Beck, maire de la commune depuis 1995, rencontre de grosses difficultés pour réunir suffisamment de colistiers nécessaires à monter une liste. Cet opposant aura jusqu’au 6 mars, date butoir de dépôt des listes. Pourtant, cet élu de l’opposition ne chôme pas pour s’entourer. Il a même passé une petite annonce sur le bulletin municipal officiel de janvier 2014. Sur la page dédiée à l’opposition, on pouvait y lire : « Nicolas Bruset et Monica Grasso ayant fait part de leur intention de ne pas mener la future liste, j’ai accepté de le faire. Je cherche donc hommes et femmes pour que perdure la démocratie. Participant à la vie politique depuis plus de 40 ans, je redoute la disparition de toute forme de contre-pouvoir. »

    Difficultés
    Une petite annonce qui, pour l’heure, n’a pas eu grand effet (1) : « Je rencontre toujours de grosses difficultés pour trouver des colistiers. Je souhaite monter une liste qui tienne la route. C’est-à-dire avec des personnes qui soient d’accord pour travailler. Et comme je ne veux pas faire preuve de népotisme, en nommant des personnes de ma famille pour compléter la liste, ce n’est pas franchement évidemment. » Celui qui se dit « sans étiquette » a entendu toutes sortes d’excuses : « Certains me disent soit que ça ne sert à rien de s’engager, soit qu’ils n’ont pas le temps. Certains craignent que cela nuise à leur carrière professionnelle… D’autres considèrent aussi que l’opposition, dès lors qu’elle n’est pas décisionnaire, est inutile. J’ai aussi noué des contacts avec des écologistes. Mais ils n’ont pas émis non plus le souhait de se lancer. »

    « Hostile »
    ll faut dire que l’opposition municipale de Cap d’Ail, commune d’un peu moins de 5 000 habitants (2), n’est pas des plus virulentes. « Nous n’avons jamais eu d’attitude hostile et systématiquement opposée aux décisions de la majorité. Depuis mars 2008, plus de 85 % des délibérations proposées par le maire l’ont été à l’unanimité, indique Amblard. Nous avons toutefois émis quelques réserves sur l’approche sociale qui n’est pas mauvaise, mais perfectible. Par exemple, plutôt que la construction d’un grand hôtel sur la plage Marquet, nous aurions préféré des logements sociaux à la place. » Amblard dit aussi être « gêné » par « la proximité trop étroite avec la métropole Nice Côte d’Azur et son président UMP, Christian Estrosi. Les maires sont voués à disparaître… »

    Vidéoprotection
    A 60 ans, Xavier Beck, pourrait donc bel et bien être seul en lice. « A ma connaissance, c’est la première fois que cela arriverait sur la commune de Cap d’ail », indique Amblard. Côté programme électoral, le maire élu en 2008 avec 69,54 % des suffrages, et dont la réélection ne fait a priori aucun doute, souhaite réaliser avec la Métropole Nice Côte d’Azur un parking souterrain à Beaverbrook (3) à l’emplacement du parking actuel, avec une place piétonne en surface. Autre projet : renforcer le réseau de vidéoprotection « dont les images seront dorénavant transmises dans les locaux de la gendarmerie et dans le nouveau poste de la police municipale prévu place de la Liberté. ». Tout aussi important à ses yeux : l’aménagement du terrain de 2 700 m2 que la commune vient d’acheter près de la pointe des douaniers. « Cet espace boisé classé, et qui le restera, sera ouvert à tous. Il s’agira d’un site multi-générationnel, à la fois conçu comme une aire de jeux pour les enfants et un lieu de rencontres pour les seniors qui pourront jouer aux cartes ou à la pétanque. J’aimerais que ce lieu connaisse le même engouement que le cercle des Salines », conclut le maire.
    _Sabrina Bonarrigo

    (1) L’obs’ était en bouclage le 13 février
    (2) 4 940 habitants au 1er janvier 2014.
    (3) Place où se trouve l’office du tourisme de Cap d’Ail.

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