Unique médiatrice familiale diplômée d’état en Principauté, Sarah Palmaro accompagne couples, parents et enfants dans le règlement de leurs conflits familiaux. Gratuit et confidentiel, ce service public encore trop méconnu offre depuis 25 ans un mode amiable de règlement des conflits. Détails.
Titulaire d’un Master 2 en droit obtenu à la Sorbonne et du diplôme d’État de médiation familiale réalisé durant deux ans en alternance aux côtés de sa prédécesseuse, Sarah Palmaro exerce aujourd’hui en tant que seule médiatrice familiale de la Principauté. Facilement accessible, son bureau est un lieu discret où les familles peuvent tenter de renouer le dialogue en cas de conflit. Créé en 2000, à l’initiative du Département des Affaires Sociales et de la Santé, ce service de médiation familiale est gratuit et s’adresse aux Monégasques et résidents monégasques.
80 % de médiations spontanées
« Toute personne qui rencontre des difficultés de communication ou un conflit dans la sphère familiale peut faire appel à moi, explique Sarah Palmaro. Souvent, les gens se présentent d’eux-mêmes. D’autres fois, c’est le juge qui les invite à entamer une médiation. Parfois, ce sont les avocats qui me recommandent. Mais rien n’est obligatoire : même sur injonction judiciaire, si l’une des deux personnes refuse, il n’y a pas de médiation possible », précise-t-elle. En pratique à Monaco, 80 % des médiations sont spontanées et 20 % sont d’origine judiciaire.
Des médiations de couple
Longtemps perçue comme réservée aux séparations, la médiation dépasse aujourd’hui largement ce cadre. Les couples peuvent se lancer dans cette démarche alors qu’ils sont encore ensemble, qu’ils soient mariés ou non, pour tenter de surmonter des difficultés. Elles peuvent être liées à la communication, à la répartition des tâches quotidiennes, à la fidélité, aux projets parentaux ou encore au deuil d’un enfant. Ces médiations de couple représentent 20 % des médiations effectuées à Monaco. « La médiation peut être complémentaire avec une thérapie de couple. Tandis que le psychologue va travailler sur le « pourquoi », le médiateur va accompagner les personnes sur le « comment faire » », précise Sarah Palmaro.
Des accords oraux ou écrits, parfois homologués par le juge
Dans le contexte plus classique et récurrent de la séparation, les couples peuvent faire une médiation familiale pour parler du partage du patrimoine, de la garde des enfants, de leur éducation, ou de choses très concrètes comme l’organisation des vacances scolaires ou le paiement de l’activité sportive… Ce type de situation représente 60 % des médiations familiales à Monaco. Dans ce cas, le rôle du médiateur est de permettre aux parties de s’exprimer, de clarifier leurs besoins et de trouver ensemble des accords, qui peuvent être oraux et/ou écrits. Ces derniers peuvent même être homologués par un juge.
Conflits intergénérationnels
Peut-être encore moins connu, les habitants de la Principauté peuvent aussi faire appel à la médiatrice familiale en cas de conflits intergénérationnels. Cela peut concerner le devenir d’un parent âgé, la décision d’un placement en Ehpad ou la gestion d’une perte d’autonomie par exemple. 10 % des médiations effectuées à Monaco concernent ces sujets. Enfin, la médiatrice peut intervenir dans le cas de tensions entre parents et adolescents (c’est 10 % de son activité). Dans tous les cas, son objectif est le même : restaurer le dialogue, clarifier les désaccords, apaiser les tensions et permettre aux participants de mieux gérer leurs émotions, notamment grâce à des techniques de communication non-violente apprises lors de son cursus.
« Tout ce qui se dit ici reste ici »
Le parcours en médiation commence toujours par un entretien individuel avec chaque membre de la famille. « Cela permet à chacun d’exprimer ses besoins et ses difficultés dans un espace sécurisé », explique Sarah Palmaro. Si la médiation est jugée adaptée et utile, le processus se poursuit avec des entretiens communs de 1h30 à 2h. Une à quatre séances sont généralement nécessaires, avec deux semaines de réflexion entre chaque rencontre, mais certaines médiations peuvent durer jusqu’à dix séances. La confidentialité est totale. « Tout ce qui se dit ici reste ici », assure Sarah Palmaro. Elle précise que la médiation est particulièrement efficace lorsque les participants ont la volonté de faire un pas l’un vers l’autre. « Si chacun reste campé sur ses positions ou que le conflit est trop intense pour les personnes, elles peuvent décider de consulter un psychologue ou de laisser le juge trancher », explique-t-elle.
Un signalement à la protection de l’enfance en dix ans
La médiatrice doit donner l’alerte en cas de suspicion de danger pour un enfant mais les signalements restent rares : l’ancienne médiatrice n’en avait effectué qu’un en dix ans. « La médiation familiale n’est pas là pour protéger l’enfant, c’est le rôle de la protection de l’enfance. En tant que médiateur, il faut juste accueillir les deux parents sans aucun jugement, c’est un exercice difficile », raconte-t-elle. La médiation familiale, alternative ou complémentaire aux procédures judiciaires, mérite, pour sûr, d’être mieux connu du grand public !
En chiffres : profil des médiés à Monaco
• Adultes âgés entre 18 et 82 ans, en particulier entre 30 et 50 ans
• 55 % de femmes et de 45 % d’hommes
• 35 % de médiés de nationalité monégasque, 30 % de nationalité française, 20 % de nationalité italienne et 15 % de nationalités variées


