samedi 14 mars 2026
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    Les voitures-radar privées sont arrivées dans les Alpes-Maritimes

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    Les redoutées voitures-radar privées, ces véhicules banalisés qui traquent les excès de vitesse en toute discrétion, ont été mises en service depuis le lundi 3 novembre sur les routes maralpines. Où circuleront-elles ? Combien rapporteront-elles au gouvernement et aux sociétés prestataires ? Comment les repérer ? On vous dit tout.

    Du nouveau pour les automobilistes azuréens : trois voitures-radar privatisées, aussi surnommées « sulfateuses à PV », ont débarqué dans les Alpes-Maritimes depuis le lundi 3 novembre 2025, complétant l’arsenal de lutte contre les excès de vitesse. Jusqu’ici, le département, et plus généralement le sud-est de la France était épargné par ce dispositif déjà bien installé sur le reste du territoire. Leur déploiement est assuré par la société OTC, qui a remporté le marché public en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Objectif de ce dispositif selon la préfecture des Alpes-Maritimes : réduire les risques d’accidents et lutter contre les comportements dangereux au volant. « Depuis début 2025, 579 accidents se sont produits sur les routes du département, causant le décès de 37 personnes et en blessant 738 autres. La vitesse excessive est la première cause de l’accidentalité routière », rajoute la préfecture.

    Libérer les forces de l’ordre de cette tâche

    Au départ, la conduite de ces véhicules banalisés équipés de radars, appartenant au ministère de l’Intérieur, était assurée par les forces de l’ordre. Mais depuis 2018, leur exploitation a été progressivement confiée à des sociétés privées. La décision remonte au Comité interministériel de la sécurité routière (CISR) d’octobre 2015. L’État justifie ce choix par la volonté de libérer les forces de l’ordre de cette tâche jugée fastidieuse, et met en avant les 400 emplois à temps plein ainsi créés en France.

    Plus rentable que pédagogique ?

    Les associations d’automobilistes, elles, grincent des dents car ces radars embarqués sont absolument redoutables. Très difficiles à repérer, ils contrôlent les excès de vitesse dans les deux sens de circulation avec néanmoins une marge d’erreur de 10 km/h contre 5 km/h pour les radars fixes. La ligue de défense des conducteurs dénonce un système plus rentable que pédagogique. Elle estime qu’il ne permet pas de faire de prévention puisque les automobilistes ne voient pas quand ils sont flashés. Sans flash visible, pas d’effet immédiat sur leur comportement.

    Elles rapportent 20 fois plus qu’un radar classique

    Par ailleurs, depuis qu’ils sont privatisés, ils sont de plus en plus actifs sur les routes. Une voiture-radar privée circule en moyenne 5 h 30 par jour, contre seulement 1 h 12 lorsqu’elle était conduite par les forces de l’ordre. Elle génère environ 2,09 amendes par heure, contre 0,46 auparavant. Selon les calculs de l’association, un véhicule rapporte ainsi 194 000 euros nets par an à l’État, soit vingt fois plus qu’un radar classique. Toujours selon la ligue de défense des conducteurs, en 2023, les 223 voitures-radar privatisées présentes sur les routes françaises ont relevé en moyenne 415 infractions par mois et par véhicule. Résultat : 68 millions d’euros de contraventions encaissés, auxquels il faut retirer les 21 millions versés aux entreprises exploitantes.

    Un temps de conduite défini par l’État

    Notons que la rémunération de ces sociétés privées se fait uniquement en fonction du nombre de kilomètres de contrôle effectif parcourus et en aucun cas en fonction du nombre de flashs effectués pendant le temps de la conduite, comme le prévoit expressément le contrat qui lie l’État français au prestataire. Ce dernier doit effectuer précisément le nombre de kilomètres qui lui a été fixé. S’il en effectue moins, sa rémunération sera diminuée d’autant, s’il en effectue plus, il ne verra pas sa rémunération augmenter et devra même payer une amende.

    Où circuleront-elles ?

    Impossible de savoir avec précision sur quels axes rouleront les voitures-radar dans les Alpes-Maritimes. Les trajets seront décidés par l’État, sous l’autorité des préfets, et cibleront prioritairement les zones accidentogènes et les réseaux secondaires où il y a peu de radars fixes. Selon la ligue de défense des automobilistes, elles seraient toutefois particulièrement présentes sur les départementales. Difficiles à repérer dans le flot de circulation, ces voitures-radar sont des modèles volontairement très répandus : Ford Mondeo, Citroën Berlingo, Peugeot 508 et 308, Volkswagen Passat, Seat Leon, Skoda Octavia et Volkswagen Golf.

    Signes distinctifs

    Néanmoins, quelques signes distinctifs peuvent les trahir. D’abord, la présence d’un dispositif rectangulaire avec huit leds infrarouges visible sur la lunette arrière (plus repérable la nuit). A l’avant du véhicule, un système de flash installé sous la plaque d’immatriculation et toujours orienté vers la gauche est lui aussi présent sur toutes les voitures radar. Un gros objectif à partir duquel sont prises les photos des infractions est par ailleurs installé au milieu du tableau de bord. Enfin, la typographie (police de caractère) utilisée sur les plaques d’immatriculation avant serait légèrement différente (plus fine et allongée) de celle utilisée généralement sur les plaques et également de celle utilisée sur la plaque arrière.

    Profil : qui peut devenir conducteur de voiture-radar ?

    Aucune qualification particulière n’est exigée pour exercer ce métier : il suffit d’avoir un permis de conduire avec au moins dix points restants et un casier judiciaire vierge. « Une expérience dans la conduite, comme transporteur, moniteur d’auto-école ou ambulancier, est toutefois appréciée », selon le site de recherche d’emploi Indeed. Mais il faut être prêt à faire des horaires contraignants, les missions pouvant avoir lieu le soir, la nuit, les week-ends et jours fériés. Côté salaire, le média L’Internaute affirme qu’en juillet 2025, l’une des sociétés prestataires ayant publié des annonces sur Internet proposait 1 870 euros bruts par mois, ainsi qu’une prime mensuelle de 250 euros bruts, soit 2 120 euros bruts par mois, donc 1 650 euros nets après impôts.

    Excès de vitesse : et pour les plaques monégasques ?

    Ces véhicules ne circulent évidemment pas en Principauté, mais les conducteurs monégasques ou résidents roulant en France sont pleinement concernés. On sait que les voitures immatriculées en Principauté ne reçoivent pas toujours les amendes résultant de leurs infractions en France. Pour cause, les Monégasques ne sont pas couverts par la directive européenne du 11 mars 2015, qui facilite l’échange transfrontalier d’informations relatives aux infractions routières, même si la convention d’entraide judiciaire en matière pénale signée en 2005 prévoit la possibilité de transmission spontanée d’informations. Toutefois, face aux abus, la France et Monaco avaient décidé de serrer la vis, en 2019, après avoir constaté plus de 100 000 infractions commises en France en 2018 par des véhicules monégasques. Un chiffre impressionnant pour un pays de 40 000 habitants. Les autorités françaises procèdent donc au signalement des contrevenants monégasques qui commettent les excès de vitesse les plus graves et le plus fréquemment.

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