La Société des Bains de Mer (SBM) a frappé un grand coup dans le paysage hôtelier alpin en s’offrant en octobre 2023 le Palace des Neiges situé au cœur du Jardin Alpin à Courchevel. Mais les plans initiaux ont explosé : le projet passe de 8 000 à 14 000 m², avec une surélévation de l’hôtel et la construction de trois chalets de luxe.
Un vent venu de la Méditerranée souffle désormais sur les cimes savoyardes. En octobre 2023, la Société des Bains de Mer (SBM), a acquis l’un des établissements les plus emblématiques de Courchevel 1850 : le Palace des Neiges. Niché au cœur du très exclusif Jardin Alpin, ce cinq étoiles va connaître une transformation complète, avec à la clé un nouveau nom : Monte-Carlo One Courchevel. « C’est notre grand projet, notre premier grand déploiement, notre premier grand investissement à l’international », assure Stéphane Valeri, président-délégué de la SBM. Après un long processus administratif, les permis de construire ont été obtenus et purgés de tout recours, ouvrant la voie à un chantier d’envergure.
6 000 m² supplémentaires
Chantier qui a d’ailleurs totalement changé d’échelle… « Les travaux seront en effet bien plus conséquents que prévu. Nous avons finalement obtenu une surface plus importante ainsi que des possibilités accrues de surélévation et d’extension », indique le patron du groupe. Concrètement, le projet passe de 8 000 m² à 14 000 m². Comment ? Tout d’abord, l’hôtel sera surélevé. « Ce qui n’était pas gagné d’avance, rajoute Stéphane Valeri. Le dernier étage comprenait trois appartements appartenant à des propriétaires privés. Il nous a semblé plus logique de négocier avec eux pour racheter ces lots. Cela nous a permis de récupérer l’intégralité du niveau et, par conséquent, de pouvoir engager les travaux de surélévation. Sans leur accord, cela aurait été impossible. »
Non pas un, mais trois chalets
Au-delà de cette surélévation, la SBM a également obtenu la construction de trois chalets. Là encore, c’est bien plus qu’espéré. « À l’origine, nous en espérions un seul. Finalement, nous avons obtenu l’autorisation d’en réaliser trois. La mairie nous a soutenus dans ce projet, et le permis de construire, désormais définitif, n’a fait l’objet d’aucun recours ni de la part des riverains ni de la préfecture, rajoute le président-délégué. Ce permis nous permettra d’édifier trois chalets de très haut standing, parfaitement intégrés à l’environnement du futur palace. L’un d’eux sera mis en vente, ce qui nous aidera à amortir une partie des coûts liés à la rénovation et à la surélévation de l’hôtel. » Les deux autres chalets seront quant à eux conservés et deviendront « les suites les plus prestigieuses de l’établissement », promet la direction de la SBM. Elles seront même communicantes, c’est-à-dire que les clients pourront profiter « de deux chalets privatisés en simultané. »
Le calendrier des travaux révisé
En passant de 8 000 à 14 000 m², le calendrier de livraison a forcément été revu. « Le conseil d’administration a décidé d’être raisonnable et de considérer que pour réaliser tous ces travaux complémentaires et pour faire de cet hôtel l’un des plus beaux palaces, si ce n’est le plus beau palace des Alpes, il nous fallait travailler dans la sérénité. Nous avons donc décidé de nous accorder une année supplémentaire pour ne pas être stressé, éviter des dysfonctionnements, des problèmes de chantier ou encore des surdépassements de crédits. » Résultat : ce sera en décembre 2027 que la SBM ouvrira ce nouveau complexe hôtelier. Une décision également liée au contexte alpin qui oblige à des travaux dans un temps serré. À Courchevel, les chantiers sont en effet interdits durant la saison hivernale. Autrement dit, une année de travaux ne correspond en réalité qu’à sept ou huit mois effectifs. « C’est en tenant compte de cette contrainte que nous avons établi un rétroplanning réaliste et ajusté notre calendrier. » Autre cause à ce décalage de livraison selon la SBM : le fait d’intégrer les dernières exigences environnementales. « Nous tenons à mettre en place les derniers systèmes les plus performants, notamment pour préserver la chaleur et ne pas avoir à surchauffer l’établissement. » Pour ce projet, la SBM a fait appel à de grands noms. Le cabinet suisse Herzog & de Meuron pilotera la transformation architecturale des façades, tandis que le décorateur Hugo Toro, signera une partie des intérieurs.
Budget : « Un excellent investissement patrimonial »
Combien tout ceci va coûter à la SBM ? A ce stade, c’est un grand mystère. Le montant du rachat du Palace des Neiges n’a jamais été communiqué. Un choix dicté, selon la SBM, par la volonté de discrétion du propriétaire vendeur. Concernant les travaux, même silence à ce stade. Aucune enveloppe budgétaire n’a été annoncée. La SBM se contente d’affirmer que cette acquisition sera, à coup sûr, un « excellent investissement patrimonial », dixit Stéphane Valeri. « Le Figaro vient de publier une étude sur la valeur immobilière dans les Alpes. Courchevel est la station la plus chère, la plus prisée avec des prix qui atteignent maintenant jusqu’à 60 000 euros le mètre carré », indique-t-il. Dans le secteur ultra sélectif du Jardin Alpin, les prix oscillent en moyenne entre 30 000 et 40 000 euros le mètre carré. Pour la SBM, ces chiffres valident la pertinence de cette opération, d’autant plus que le projet a récemment bénéficié d’un gain constructible de 6 000 mètres carrés supplémentaires.

