Alors que la France commémore le cinquantenaire de la loi sur l’IVG, le Conseil national à Monaco – pays où le catholicisme est région d’État – a décidé d’amorcer un délicat processus législatif. Les élus déposeront prochainement une proposition de loi pour légaliser l’avortement.
Les Monégasques sont-ils ou non favorables à une légalisation de l’avortement en Principauté, pays où le catholicisme est religion d’État ? Pour le savoir, le Conseil national, via une concertation publiée lancée en septembre dernier, a posé clairement la question aux nationaux : « Êtes-vous favorable à une évolution législative rendant légal à Monaco le recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) ? ». 82 % des Monégasques ayant répondu à cette consultation ont dit “oui“. (1) L’acte II de cette potentielle révolution sociétale à Monaco va prochainement arriver.
Lors de ses vœux hier, le président du Conseil national, Thomas Brezzo, a en effet annoncé qu’une proposition de loi sera déposée « d’ici une quinzaine de jours » avec un vote potentiellement programmé lors des séances publiques législatives du mois d’avril prochain. « C’est un sujet sensible, mais on ne peut pas, aujourd’hui, continuer à l’éluder et ne pas faire évoluer notre législation. On connaît, bien évidemment, les difficultés de ce texte-là, notamment d’un point de vue juridique. Ce qui est certain, c’est que chaque élu sera libre de voter, ou pas, cette proposition de loi. Le gouvernement, ensuite, pourra ou non le transformer en projet de loi pour qu’il y ait par la suite un vote au sein de l’hémicycle, a rajouté Thomas Brezzo. Quand on voit les résultats qui ont été dévoilés au mois de novembre dernier lors de notre consultation publique, nous n’avons pas d’autre choix que d’évoluer avec notre temps et prendre nos responsabilités. »
(1) Cette consultation a été réalisée entre le 11 septembre et le 10 octobre 2024. Toutes les personnes de plus de 18 ans, de nationalité monégasque, (inscrites sur liste électorale) étaient invitées à répondre à un questionnaire mis à disposition en ligne ou en version papier. Au total, 2 768 questionnaires ont été réceptionnés et traités. A noter que la Principauté compte au total 9 179 Monégasques.

