mercredi 15 avril 2026
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    Villa Sauber à Monaco : une métamorphose pour 2029

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    La Principauté se lance dans un vaste projet de rénovation de la Villa Sauber, avec un objectif ambitieux : transformer cet espace culturel en un véritable pôle artistique de 4 000 m². Piloté par l’architecte italien de renom Renzo Piano, ce chantier mobilisera un budget dépassant les 100 millions d’euros et s’étalera sur trois ans.

    C’est un projet dans les cartons de l’Etat depuis plus de 20 ans… Et il devrait enfin voir le jour en 2029. Située au 17 avenue Princesse Grace, la Villa Sauber va connaître une profonde transformation. Cet édifice verra tout simplement sa superficie être multipliée par six.  « L’objectif est de renforcer considérablement la capacité d’exposition. Grâce à cette restructuration, nous devrions passer de 650 m2 à 4 000 m2 ! », a annoncé Lionel Beffre, conseiller-ministre de l’Intérieur qui a dévoilé les grandes lignes de cette métamorphose. Selon ce membre du gouvernement, les travaux commenceront en avril 2026 pour s’achever en 2029. « Le chantier va durer trois ans. C’est dire l’ampleur de la transformation », poursuit ce membre du gouvernement.

    Cette restructuration prévoit en effet une extension des surfaces grâce à une excavation sous les jardins existants, la reconstitution de l’esplanade des jardins, ainsi qu’une rénovation et une extension de la villa en elle-même. Pour piloter ce projet d’envergure dont l’envelopper budgétaire se chiffre à la coquette somme de plus de 100 millions d’euros, l’Exécutif a décidé de faire appel à une pointure. « Le projet a été confié à l’architecte Renzo Piano, qui a signé bon nombre de musées dans le monde, comme c’est le cas à New York, Berne ou Istanbul », précise encore Lionel Beffre. Qui dit augmentation de surface, dit également personnels supplémentaires, mais aussi et surtout, expositions supplémentaires.

    Françoise Gamerdinger
    Françoise Gamerdinger © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

    Pas de musée dédié à l’art africain à Monaco

    Quelle sera justement la nouvelle feuille de route artistique pour cette Villa Sauber XXL ? Initialement, la direction culturelle avait envisagé d’y accueillir la collection personnelle de Jean Pigozzi. Il s’agit d’art contemporain africain. Le projet est toutefois tombé à l’eau. « Jean Pigozzi est venu nous présenter sa collection et souhaitait un musée exclusivement dédié à l’art africain. Il avait des volontés particulières qui n’étaient pas en adéquation avec les possibilités de surface mais aussi de dépôt dont on dispose à Monaco, précise Françoise Gamerdinger, directrice des affaires culturelles. En revanche, nous sommes toujours en discussion avec lui pour des expositions temporaires. » Ce musée d’art africain ayant capoté à Monaco, c’est à Cannes qu’il sera accueilli, dans le quartier historique et culturel du Suquet. La Ville a en effet annoncé que ce collectionneur a fait don de 1 688 œuvres. Celles-ci seront dévoilées en 2029.

    En ce qui concerne Monaco, la directrice des affaires culturelles assure de son côté que l’Etat dispose aussi de trésors cachés. « Chaque année, grâce à une subvention du gouvernement princier, le Nouveau musée fait des acquisitions régulières versées au patrimoine de l’État. Nous avons des collections permanentes qui, faute de surface, ne peuvent être exposées. L’augmentation de ces surfaces à la Villa Sauber permettra au public de montrer nos collections permanentes acquises au fil des années grâce à un comité national d’experts. Je peux vous assurer que ces oeuvres sont d’artistes de renom et permettront d’être fier du patrimoine artistique monégasque », conclut Françoise Gamerdinger.

    Un peu d’histoire : une Villa entourée de mystères

    Située au 17 avenue Princesse Grace, la Villa Sauber abrite aujourd’hui le musée national de la Principauté. Mais son histoire reste entourée de mystères. « Aucune date de construction n’est établie, pas plus que son architecte n’est connue, note Jean-Philippe Hugron, journaliste spécialisé en architecture. Cette spectaculaire construction attise donc fantasmes et spéculations. Certains la qualifient rapidement de style Belle Époque, tandis que d’autres l’attribuent volontiers à Charles Garnier. » Ce flou s’explique par ses similitudes frappantes avec l’Opéra Garnier, construit à la même époque. Ce qui est certain, c’est qu’au début des années 1900, la villa appartenait à la famille Blanc, qui a joué un rôle crucial dans le développement de la Société des Bains de Mer et du Casino de Monte-Carlo. « À cette époque, le quartier longeant le littoral est connu sous le nom de Quartier des Bas-Moulins, et la plage du Larvotto n’existe pas encore. La propriété nouvellement acquise descend jusqu’au chemin qui longe la mer », précise le musée national. En 1904, c’est le peintre londonien Robert Sauber qui acquiert la villa auprès d’Edmond Blanc. Il y installe son atelier dans l’aile ouest et, avec son épouse, occupe la maison pendant une décennie. Peu avant la Première Guerre mondiale, en 1914, le couple revend la propriété. Celle-ci passe entre plusieurs propriétaires avant que Robert Sauber et son épouse ne la rachètent en 1925. « Au début des années 1930, les époux Sauber, alors âgés, lèguent la villa aux Fonds de secours des Tribunaux de simple police de Londres », explique encore le musée national. Ces tribunaux en restent propriétaires pendant environ 15 ans. En 1952, la villa est achetée par Mademoiselle Nora Mac Caw, qui la revend en 1957 à la Société Immobilière de l’avenue Princesse Grace. Finalement, en 1969, la Société Immobilière Domaniale de Monaco rachète la propriété. Depuis lors, la maison et son jardin appartiennent à l’État monégasque. En 1972, la Villa Sauber devient le Musée National de Monaco.

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