mercredi 15 avril 2026
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    Cultures multiples

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    CULTURE / Par Raphaël Brun

    Jaquette du film

    Chasse à l’homme (Man Hunt)

    de Fritz Lang
    Propagande. Lorsque Thorndike, un Anglais fan de chasse en Afrique, tient Hitler dans le viseur de son fusil, il n’a pas l’intention de tirer. Fait prisonnier, Thorndike s’échappe. Pourchassé jusqu’en Angleterre, il contre-attaque. En 1941, l’auteur de Metropolis (1927) signe ce film de propagande pour pousser les Etats-Unis à entrer en guerre. Si le message de Fritz Lang (1890-1976) est simpliste, il joue sur l’idée que le bien et le mal peuvent s’interpénétrer. Adapté d’un roman de Geoffrey Household (The Rogue Male), Chasse à l’homme est aussi à revoir en blu-ray remasterisé pour l’humour et l’irrésistible accent cockney de Joan Benett.
    Chasse à l’homme (Man Hunt), de Fritz Lang, avec Walter Pidgeon Joan Benett, George Sanders (USA, 1941, 1h45), 25,99 euros (combo blu-ray + DVD + livre).

    Jaquette du film

    Blackbird

    de Jason Buxton
    Corbeau. Quand Sean, un lycéen introverti au look gothique tombe amoureux de Deanna, une jolie fille proche de l’équipe de hockey locale, les choses se compliquent. Une bagarre éclate. Elle est filmée. Résultat, la police récolte une série de preuves et accuse Sean d’avoir planifié une tuerie de masse dans son lycée. Jeté en prison pour des intentions supposées, Sean est est confronté à un univers à la Kafka. Connor Jessup et Alexia Fast sont excellents dans ce teen movie pas didactique ni moralisateur. Jason Buxton est un jeune réalisateur canadien prometteur.
    BlackBird de Jason Buxton, avec Connor Jessup, Michael Buie, Alexia Fast (CAN, 2013, 1h43), 19,99 euros (DVD). Sortie le 22 octobre.

    Jaquette du film

    The Bay

    de Barry Levinson
    Bactérie. Chesapeake Bay, est une petite ville côtière tranquille. Jusqu’au jour où se développe dans l’eau une bactérie qui transforme les habitants en parasites mutants capables de contrôler les gens infectés. Raconté sous la forme d’un documentaire télé, ce film est aussi un plaidoyer écolo à travers lequel Levinson s’attaque aux industriels prêts à tout pour gagner plus d’argent. Mais aussi aux politiques inquiets en premier lieu de gérer leur communication, plutôt que les blessés. Parfois gore, The Bay multiplie intelligemment les points de vue. Une réussite pour Levinson qu’on n’attendait pas dans ce registre.
    The Bay de Barry Levinson, avec Kristen Connolly, Christopher Denham, Nansi Aluka (USA, 2013, 1h28), 19,99 euros (DVD), 24,99 euros (blu-ray). Sortie le 22 octobre.

    Jaquette du film

    Shokuzai : Celles qui Voulaient se Souvenir, Celles qui Voulaient Oublier

    de Kiyoshi Kurosawa
    Fantôme. Qui a violé et assassiné la petite Emili ? A travers les portraits de quatre femmes distillés en 4h30 et deux films, Kiyoshi Kurosawa adapte un best seller japonais plein de fantômes. Celui d’Emili, mais aussi de l’assassin, dont personne ne se souvient du visage. A la fois polar et thriller psychologique, cette histoire flirte avec le conte fantastique. Hantées par le meurtre de leur amie, ces quatre femmes traumatisées craignent aussi la malédiction lancée par la mère d’Emili. Brillant.
    Shokuzai : Celles qui Voulaient se Souvenir, Celles qui Voulaient Oublier de Kiyoshi Kurosawa, avec Kyôko Koizumi, Hazuki Kimura, Yû Aoi, Sakura Ando, Chizuru Ikewaki (JAP, 2013, 1h59 et 2h28), 24,99 euros (2 DVD), 29,99 euros (2 blu-rays). Sortie le 6 novembre.

    Couverture du livre

    La violence des riches

    de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
    Domination. Sociologue et directrice de recherche au CNRS, Monique Pinçon-Charlot travaille depuis des années avec son mari, Michel Pinçon, également sociologue et directeur de recherche au CNRS. Leur sujet de prédilection : l’étude et l’analyse de la bourgeoisie et des élites sociales. Dans La Violence des Riches, ces sociologues décryptent « la mécanique de domination » des plus riches dopée par la crise. « Violence économique », « financiarisation de l’économie », « violence politique », « spéculation plutôt que production »… Un essai très critique mais indispensable, à l’heure où plus de 9 millions de Français vivent en dessous du seuil de pauvreté.
    La Violence des Riches de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, (éditions Zone), 252 pages, 17 euros.

    Couverture du livre

    Le voyage de G. Mastorna

    de Federico Fellini
    Inachevé. Né à Rimini, Federico Fellini (1920-1993) n’a pas pu achever Le Voyage de G. Mastorna. Ce scénario écrit en 1968 ne deviendra jamais un film, même si Fellini l’aura en tête jusqu’à sa mort. Certains évoquent Marcelo Mastroianni pour le rôle de Giuseppe Mastorna, un célèbre violoncelliste victime d’un accident d’avion qui déambule dans l’au-delà, un peu comme Dante. Ecrit en collaboration avec Dino Buzzati et Brunello Rondi, ce synopsis est un texte rare, d’une étonnante beauté. Les éditions Sonatine publient aujourd’hui ce scénario inédit sous la forme d’un roman qu’il faut donc lire absolument.
    Le Voyage de G. Mastorna de Federico Fellini, préface d’Aldo Tassone, (éditions Sonatine), 205 pages, 18 euros.

    Couverture du livre

    Jack Holmes et son ami

    de Edmund White
    Gay. A 73 ans, l’écrivain américain Edmund White s’est imposé dès ses premiers romans Oublier Helena (1973) ou Nocturnes Pour le Roi de Naples (1978). La qualité de ses écrits autour de la littérature homosexuelle (mais pas seulement) ont durablement marqué les esprits. Dans Jack Holmes et Son Ami, White décortique les liens entre Jack, un jeune gay, et Will, son ami hétéro. Pas simple quand le premier aime le second. Mais leur amitié va durer des dizaines d’années. L’occasion de comprendre la libération des gays à New York dans les années 1960, puis le libertinage dans les années 1970 et le choc du Sida en 1980.
    Jack Holmes et Son Ami de Edmund White (Plon/Feux Croisés), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy, 440 pages, 23 euros.

    Couverture de la BD

    Vie de Mizuki, tome II, Le Survivant

    de Shigeru Mizuki
    Autobiographie. Ce mois-ci, impossible de rater le deuxième tome de l’énorme autobiographie de Shigero Mizuki. On retrouve Mizuki en 1943 à bord d’un bateau, à destination de Rabaul, une île du Pacifique Sud. Enrôlé dans l’armée impériale, il va plonger dans l’horreur de la guerre. Ce qui frappe, c’est la qualité avec laquelle ce conflit est décrit. Brimades, humiliations, châtiments corporels, décisions absurdes… Le mangaka Mizuki traite avec précision chaque événement, en s’appuyant sur des faits historiques réels. On suit avec intérêt son personnage rêveur et étranger à toute forme de patriotisme.
    Vie de Mizuki, tome II, Le Survivant de Shigeru Mizuki (éditions Cornélius, collection Pierre), 504 pages, 34,50 euros.

    Couverture de la BD

    Les Incidents de la Nuit, tome II

    de David B.
    Mystérieux. Il a fallu attendre la publication d’un recueil l’an dernier, pour relire le premier tome des Incidents de la Nuit, sorti entre 1999 et 2002. L’Association publie le tome II de cette passionnante BD. Qui est Emile Travers, ce mystérieux éditeur des Incidents de la Nuit, un journal spécialisé depuis 1829 dans les faits divers ésotériques ? Pour avoir essayé de le savoir, David, le héros du premier tome, l’a payé de sa vie. Aujourd’hui, c’est son frère Jean-Christophe qui prend la suite. Cette enquête qui se déroule dans un Paris où les libraires ne sont pas forcément ce que l’on croit, est une vraie réussite.
    Les Incidents de la Nuit, tome II, de David B. (L’Association), 96 pages, 14 euros.

    Jaquette du CD

    Move in Spectrums

    Au Revoir Simone
    Daho. Ne cherchez pas. Le nom de ce groupe a été inspiré par Simone, un personne de Pee Wee’s Big Adventure (1985), un film de Tim Burton. Depuis 2005 et le mini-album Verses of Comfort, Assurance & Salvation, le groupe électro composé d’Erika Forster, Annie Hart et Heather D’Angelo (Sung Bin Park a quitté le groupe en 2005), démontre l’étendue de son talent. Move in Spectrums s’impose comme un disque facile d’accès, construit autour d’une électro-pop lumineuse et accrocheuse. Ce trio de Brooklyn assure les cœurs sur un titre du nouvel album d’Etienne Daho, Les Chansons de l’Innocence Retrouvée, prévu pour novembre. Tout sauf un hasard, tant la filiation semble évidente.
    Move in Spectrums, Au Revoir Simone (Moshi Moshi Records), 13,99 euros.

    Jaquette du CD

    Reflektor

    Arcade Fire
    Montréal. La grosse sortie du mois nous vient du Canada. Le groupe de rock indépendant Arcade Fire est de retour après le très bon The Suburbs sorti en 2010. Quatrième album studio depuis Funeral (2004) pour le groupe composé du chanteur Win Butler, accompagné de Régine Chassagne, Jeremy Gara, Sarah Neufeld, William Butler, Richard Parry et Tim Kingsbury. Après les 7’34 minutes du très convaincant single Reflektor, produit par l’ex-LCD Soundsystem James Murphy avec David Bowie en guise de choriste, voici enfin ce double album, qui affiche 13 titres. On parie sur un joli succès pour le titre Afterlife ou pour Here Comes The Night. Vivement l’été 2014 pour admirer Reflektor dans les festivals.
    Reflektor, Arcade Fire (Barclay/Universal), 16,99 euros. Sortie le 28 octobre.

    Jaquette du CD

    Aleph

    Gesaffelstein
    Bombe. Le Lyonnais Gesaffelstein est un proche du DJ grenoblois The Hacker. On comprend donc mieux pourquoi son premier album Aleph est une véritable bombe de noirceur et de radicalité électro. Une seule écoute de Pursuit et on succombe au charme sombre, presque martial, de ce premier single hypnotique qui tourne depuis quelques semaines déjà. Construits avec intelligence, les 14 titres d’Aleph démontrent que la musique de Gesaffelstein sait aussi se faire subtile pour créer des atmosphères planantes. Après avoir signé cette année des remix pour Justice, Laurent Garnier et Depeche Mode, Gesaffelstein confirme qu’il est l’un des musiciens les plus excitants du moment.
    Aleph, Gesaffelstein (Bromance Records), 15,99 euros. Sortie le 28 octobre.

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