Pour loger une partie de ses travailleurs et les rapprocher géographiquement de la Principauté, l’État monégasque a construit plusieurs immeubles situés dans les communes limitrophes françaises. Dans les prochaines années, de nouveaux logements vont sortir de terre. A Beausoleil tout d’abord, et peut-être à Roquebrune-Cap-Martin.
En raison de l’exiguïté du territoire monégasque et des prix stratosphériques pratiqués sur le marché de l’immobilier, des dizaines de milliers de salariés travaillant à Monaco sont dans l’impossibilité d’y vivre. Plusieurs organismes (FEDEM et USM notamment) alertent donc le gouvernement sur l’urgence de construire davantage d’appartements dans les communes limitrophes pour loger ces salariés. A ce stade, plus de 600 logements ont été construits par le biais de la société immobilière domaniale (société d’Etat) à Cap d’Ail, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin. A Beausoleil, une nouvelle opération s’est justement récemment concrétisée. Au programme de cette opération située au 11 chemin de l’usine électrique : 49 logements qui seront livrés en 2026, avec 61 places de parking.
Une piste à Roquebrune-Cap-Martin
Pour loger les salariés qui travaillent à Monaco, un autre projet – cette fois-ci sur la commune de Roquebrune-Cap-Martin – est également sur les rails. « Je ne peux pas en dire plus car nous allons rentrer dans une phase de négociations sur les conditions d’acquisition de ces appartements », a récemment indiqué le ministre d’Etat, Pierre Dartout, tout en rappelant les difficultés qu’il existe pour construire des logements sur le littoral azuréen. « Il est vrai qu’il est difficile de disposer de terrains suffisamment importants pour faciliter l’urbanisation. Des contraintes apparaissent au niveau du PLU (1). Les communes relèvent de la loi littorale, et parfois, de la loi montagne, pour certaines d’entre elles », a-t-il rajouté tout en précisant que les maires des villes voisines sont, en revanche, tout à fait favorables à ces opérations, car elles sont « créatives de richesse pour leur commune. »
Réhausser les seuils d’éligibilité
Au-delà des constructions de logements, le gouvernement monégasque espère également une évolution de la réglementation française en matière de logements sociaux. Pourquoi ? Car la majorité des salariés travaillant à Monaco ont des revenus supérieurs aux plafonds exigés pour pouvoir accéder à un logement social en France. « Nous avons donc tenté une solution du côté de l’application de la loi SRU (2). Il s’agirait d’élever, à titre exceptionnel, le seuil de revenu pour l’éligibilité au logement social. Ce qui permettrait à plus d’actifs travaillant à Monaco de bénéficier d’un appartement. Pour l’instant, le sujet n’est pas mûr côté français », a encore expliqué Pierre Dartout.
S’appuyer sur les députés et les sénateurs de la région
De son côté, l’élue Maryse Battaglia a rappelé l’importance de disposer de ces logements à proximité du territoire monégasque. « L’enjeu est aussi de taille pour les entités publiques monégasques, dont le nouveau CHPG, qui va générer des emplois supplémentaires. Il faudra bien penser à loger ce personnel…», a-t-elle alerté. Pour l’élu Franck Lobono, l’Etat ne doit pas hésiter à s’appuyer sur les députés et les sénateurs de la région, car ils peuvent incarner des relais auprès des autorités françaises, au plus haut niveau. « Je pense notamment à la députée Alexandra Masson (3) qui s’est engagée et qui a d’ailleurs écrit au préfet à ce sujet », a-t-il conclu.
(1) Plan Local d’Urbanisme (PLU)
(2) Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain (SRU)
(3) Alexandra Masson est députée Rassemblement national (RN) dans la 4ᵉ circonscription des Alpes-Maritimes.
Les catégories prioritaires au logement
A qui sont destinés les logements sociaux situés dans les communes limitrophes français ? Plusieurs catégories sont priorisées par les services de l’Etat : les agents de l’administration monégasque, les personnels relevant de sociétés concessionnaires et d’entités publiques, ou encore le personnel du Centre Hospitalier Princesse Grace (CHPG). S.B.
