Les réseaux de banque de détail de Société Générale et du groupe Crédit du Nord, ne font désormais plus qu’un, depuis leur fusion juridique le 1er janvier 2023. En France et à Monaco, cette banque s’appelle désormais “SG”. Pourquoi et comment s’est déroulée cette opération qui a nécessité deux ans de travail ? Nicolas Feit, directeur général de Société Générale Private Banking Monaco et de SG Monaco, nous dévoile les coulisses de ce rapprochement.
A quand remontent les premiers échanges sur ce projet de fusion ?
Les travaux d’études ont démarré dans le courant du deuxième semestre 2020. Ces travaux préparatoires ont ensuite été présentés au conseil d’administration de Société Générale qui a validé l’idée d’aller vers un projet de fusion. Cela a été ensuite deux années de travail intense pour les équipes afin de tout mettre en place. Le 1er janvier 2023, la fusion juridique a été actée. Depuis cette date, nous ne faisons désormais plus qu’un, à la fois à Monaco et dans les autres régions de France.
Justement, comment doit-on vous identifier à présent à Monaco et en France ?
En ce qui concerne la Principauté, il s’agit de “SG Monaco”. Cette nouvelle entité regroupe donc, d’une part, l’ancienne filiale monégasque du Crédit du Nord, la SDBM (1), et d’autre part, la Société Générale. En ce qui concerne la France, une déclinaison régionale a été mise en place. Onze nouvelles marques ont été créées avec comme dénominateur commun “SG”, et ensuite une dénomination régionale. Par exemple : SG Crédit du Nord ou encore SG SMC (2).
Pourquoi le groupe Société Générale a-t-il voulu fusionner ses réseaux de banque de détail en France ?
La banque SG, issue du rapprochement des deux réseaux, a pour ambition de constituer un partenaire bancaire de premier plan sur le marché français au service de 10 millions de clients et d’être dans le top 3 de la satisfaction client. Cette fusion s’accompagne de la mise en place d’un nouveau modèle relationnel qui combine les forces d’une grande banque internationale et d’un groupe de banques régionales, particulièrement bien implantées et reconnues dans les territoires. Ce modèle nous permettra d’offrir à nos clients particuliers, professionnels et entreprises, plus de proximité, de réactivité, d’expertise et de responsabilité.
Et en ce qui concerne plus spécifiquement Monaco ?
Sur le territoire de Monaco, notre souhait est de renforcer notre leadership local, couvrant l’ensemble des marchés. Aussi bien le marché des particuliers, des professionnels, que celui des grands corporate. Nous souhaitions aussi pouvoir diffuser une offre plus large au niveau des produits structurés et des offres de gestion, et également proposer un service sur mesure à la clientèle de banque privée. La Principauté abrite énormément de banques sur son territoire, mais relativement peu de banques qui couvrent ainsi l’intégralité des clients et des marchés.
Ces deux entités qui ne font désormais plus qu’un représentent combien de collaborateurs au total en Principauté ?
A Monaco, nous sommes désormais un peu plus de 300 collaborateurs. Entre janvier et mars 2023, nous avons regroupé l’intégralité des collaborateurs des deux enseignes dans des locaux favorisant le flex office, le télétravail et l’échange entre les services. Il y a quelques semaines, la dernière grande étape a été la migration informatique pour que les collaborateurs et les clients des deux entités soient réunis sur un seul et même système. Cette migration a d’ailleurs été un véritable succès Il s’agissait d’une opération massive. On parle tout de même de plusieurs millions de clients au global.
Avez-vous été contraint de vous séparer de certains collaborateurs en Principauté suite à cette fusion, en raison notamment de doublons de poste ?
Il y avait effectivement quelques doublons de poste, mais conformément à notre engagement, il n’y a eu aucun départ contraint. Ils ont été gérés soit par des départs naturels, soit par des mobilités, soit par des collaborateurs qui ont choisi de prendre leur retraite. Au moment de la fusion juridique, au 1er janvier 2023, nous n’avions plus de doublon de poste au niveau de la Principauté.
Combien y a-t-il eu de suppression de postes en Principauté suite à cette fusion ?
Nous n’avons eu aucune suppression de postes en Principauté suite à la fusion.
Les projets de fusion de ce type créent toujours des perturbations pour les salariés. Il faut appréhender de nouveaux outils de travail, et un nouvel environnement professionnel. Comment les employés ont-ils vécu cette transition ? Y a-t-il eu des réticences et des craintes parmi le personnel des deux entités ?
Dans ce projet, le temps a été notre meilleur ami. Ces deux années nous ont permis de rapprocher nos cultures, et de se connaître en amont. Les collaborateurs ont pu se rencontrer régulièrement et confronter leurs difficultés, leurs satisfactions, ce qu’ils voulaient retrouver sous cette nouvelle entité, et ce qu’ils craignaient. Le fait que l’on soit sur un territoire plus petit, nous a également permis de rapprocher très rapidement les équipes et d’aménager les meilleurs locaux possibles pour le bien-être des collaborateurs et leur travail en commun. Ensuite, nous avons pu nous appuyer sur un dispositif important de formation, de développement des compétences et d’accompagnement du changement. Par exemple, nous avons mis en place du compagnonnage, notamment pour la migration informatique. Le but était que les salariés, plus particulièrement du groupe Crédit du Nord qui basculaient sur un nouveau système d’information, puissent être accompagnés par des collaborateurs volontaires. Deux ans de travail sur un projet commun, cela crée une vraie solidarité.
(1) La Société de banque de Monaco, la SDBM, était l’ancienne banque monégasque du groupe Crédit du Nord.
(2) SMC faisant référence à la Société Marseillaise de Crédit, une ancienne banque du groupe Crédit du Nord.
