vendredi 1 mai 2026
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    Lutte anti-blanchiment dans les casinos monégasques : « Nous refusons des clients »

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    Le rapport Moneyval publié en janvier dernier a pointé du doigt le fait que le nombre de déclarations de soupçons (DOS) émanant des casinos monégasques « demeure limité ». La Société des Bains de Mer a-t-elle, depuis, renforcé ses moyens humains et techniques pour lutter contre le blanchiment d’argent ? Les réponses du président-délégué, Stéphane Valeri.

    Des sommes considérables y sont brassées chaque jour… Les casinos ont toujours été considérés comme une cible privilégiée pour les individus cherchant à blanchir de l’argent illégalement acquis… Ces dernières années, cette industrie a donc été obligée de renforcer la surveillance autour de ces activités suspectes. Qu’en est-il à Monaco, terre de prédilection du jeu ? Dans le rapport Moneyval publié en janvier dernier, l’organe du Conseil de l’Europe a donné son avis en la matière, et estimé que le nombre de déclarations de soupçons (DOS) émanant des casinos monégasques « demeure limité » , alors que « ces secteurs présentent une importance particulière dans la Principauté. » « Le casino est un “produit phare” de Monaco qui attire beaucoup de très riches joueurs. Or, les évaluateurs n’ont pas jugé proportionnel le nombre de déclarations de soupçons transmises », a notamment soulevé Irina Talianu, coordinatrice de l’équipe d’évaluation de Monaco (1). Que répond alors la Société des Bains de Mer ? Comment le groupe lutte-t-il contre le blanchiment d’argent ?

    Une activité « particulièrement surveillée »

    Interrogé à ce propos en conférence de presse, le président-délégué Stéphane Valeri a tout d’abord rappelé que le casino est, depuis toujours, « particulièrement surveillé ». Notamment par le service monégasque du SICCFIN. « Nous sommes à nouveau inspectés par trois membres de ce service depuis le 25 avril. Toutes les portes des casinos sont ouvertes », a-t-il indiqué en préambule tout en assurant que, dans ce domaine, la SBM est, à ses yeux, « exemplaire ». « Lorsque je regarde ce qu’il se passe dans la compliance, il n’y pas un autre casino en Europe qui ait autant de personnes dédiées à ces tâches, indique-t-il. Pour autant, on peut toujours progresser et j’ai demandé à notre secrétariat général d’étudier la possibilité, si nécessaire, de renforcer encore notre équipe de compliance. »

    Stéphane Valeri SBM Casino
    « Ce n’est pas parce qu’on n’a pas la nationalité d’un pays de l’Union européenne, qu’on est forcément un bandit ou un mafieux. Nous avons des clients qui viennent d’Asie, du Moyen-Orient, mais aussi des clients qui viennent des pays de l’est de l’Europe et qui pourtant, sont des hommes d’affaires et des propriétaires parfaitement honnêtes. » Stéphane Valeri, président-délégué de la Société des Bains de Mer. © Photo Monte-Carlo Société des Bains de Mer

    67 déclarations de soupçon

    Pour l’année 2022, le groupe affirme avoir adressé 67 déclarations de soupçon au SICCFIN. La SBM assure également avoir des systèmes « très performants » d’analyse de la provenance des fonds de leurs clients et de leur réputation. « Tout est fait pour donner les garanties que l’argent joué sur les tables de casino soit un argent qui vienne de revenus parfaitement légaux et validés par des banques de renommée mondiale. Toutes les sommes qui arrivent chez nous sont examinées avec soin par nos services de compliance », rajoute encore Stéphane Valeri.

    Le rapport aux espèces

    Pour mieux contrôler les pratiques par rapport aux espèces, le casino monégasque a également changé ses règles. Depuis janvier 2022, il n’est plus possible de changer du cash directement aux tables de jeux. Désormais, toutes les opérations de change sont centralisées en caisses. Et à compter de 2000 euros en espèces, le client est invité à remplir un bordereau déclaratif de remise d’espèces afin de fournir à la SBM toutes les informations utiles concernant l’origine des fonds amenés. « Ce bordereau est systématique, propre à nos casinos et, aujourd’hui, nous le déployons sous une forme dématérialisée afin de faciliter et fluidifier le parcours client », rajoute encore le président-délégué du groupe.

    Ne pas tomber « dans un excès de discrimination »

    Si la SBM assure vouloir « répondre aux plus hauts standards internationaux dans la lutte contre blanchiment et l’argent sale » — conformément au souhait du prince Albert II — le groupe, pour autant, ne s’interdira pas d’avoir des clients asiatiques, du Moyen-Orient ou des pays de l’est de l’Europe. « On tomberait dans un excès inverse de discrimination par la nationalité qui n’est pas acceptable, rajoute Stéphane Valeri. Ce n’est pas parce qu’on n’a pas la nationalité d’un pays de l’Union européenne, qu’on est forcément un bandit ou un mafieux. Nous avons des clients qui viennent d’Asie, du Moyen-Orient, mais aussi des clients qui viennent des pays de l’est de l’Europe et qui pourtant, sont des hommes d’affaires et des propriétaires parfaitement honnêtes. » La SBM assure enfin qu’elle « refuse des clients » quand elle n’obtient pas les garanties souhaitables sur la provenance des fonds. « Même si cela fait toujours mal à une entreprise commerciale… », reconnaît Stéphane Valeri. Récemment, le comité d’accréditation (créé par l’ancien président-délégué Jean-Luc Biamonti), a d’ailleurs refusé deux clients qui ne donnaient pas des garanties suffisantes.

    (1) Irina Talianu est cheffe d’unité « évaluations et typologies » Moneyval et coordinatrice de l’équipe d’évaluation de Monaco. Elle a été interviewée par Monaco Hebdo.

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